‹ Histoire populaire de la peintureChapitre 65 sur 119 · RAPHAËL · texte numérisé non relu

RAPHAËL

V I EB G E A LA C II A 1 S i; .

paysage qui eu l'ont une des belles œuvres de sa manière raisonnée. Ces cartons sont conservés au South Kensington Muséum ; dans les parties qui oui été épargnées par le temps cl les retouches, on admire la main du maître. En 1520 Raphaël mourut. Il avait trente-sepl ans. En 151 i il avait été nommé architecte de Saint-Pierre à la mort de Bramante et l'année suivante il avait reçu la mission-de diriger les fouilles de la Rome antique; travail auquel il s'était adonné avec une dévorante passion, connue si ce païen admirable avait été chargé de déterrer son Ame.

Nous ne ferons qu'énumérer les œuvres qui, de 151 i à 1520 n'ont pas encore trouvé place dans notre revue : le Prophète ls<tï<' de l'église Saint-Augustin, les Sibylles de Santa Maria délia l'ace: toute la série des décorations en « grotesques encadrant «les scènes de l'ancien testament, sur les parois et le plafond de la Loggia du Vatican, dite série des Loges : alliance un peu

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bâtarde, malgré sa célébrité, malgré nie nie les très beaux détails i|ui \ abondent, entre l'imitation libre mais singulièrement alourdie des caprices décoratifs antiques, et l'imitation involontaire, niais notablement moins puissante, des grands tableaux de la Genèse que Michel-Ange venait de découvrir, à la Chapelle Sixtine ; enfin notre majestueux Saint Michel, du Louvre, au paysage si saisissant, et ce tableau si théâtral, sifatigant, malgré sa dépense de force, la Transfiguration, cette dernière peinture, où rien n'est naturel, d'un homme qui triomphait surtout dans l'interprétation exacte de la nature.

C'est cela même qui rend particulièrement surprenant, difficile à expliquer autrement que par une effusion de joie, par un entraînement de rate, par une satisfaction presque sensuelle de tempérament, ce phénomène dont nous avons déjà vu un si bel exemple dans le Parnasse, mais dont voici l'expression la [dus radieuse et la plus parfaite : les fresques de la Farnésine, toutes composées de convention, et toutes exubérantes de vie, toutes resplendissantes de beauté voluptueuse, un rêve entraînant de paganisme, comme seul le paganisme avait été capable d'en produire. Quelle merveille que de voir à travers les temps soudain supprimés, Raphaël revivre au moment même, au moment précis où ces spectacles se vivaient. Raphaël se montrer frère jumeau de Virgile, et se promener avec lui, la main passée sur l'épaule, dans les jardins de la plus pure poésie antique. Dans ces fresques peintes de la villa d'Agostino Cbigi, le Triomphe de Galatée, l'Histoire de Psyché, les diverses figures et attributs des dieux <lc l'Olymphe, Raphaël se montre sous un jour nouveau, unique dans son œuvre (annoncé toutefois dans le Parnasse) et rien n'est à opposer comme plénitude et souplesse de forme, comme simplicité et joie d'exécution. Ici, peu importe la part prise par les élèves : le souffle, la main même de Raphaël sont partout. Botticelli, Mantegna, dans leurs efforts vers l'antiquité, n'avaient réussi a produire que de personnels caprices; ici c'était l'antiquité même où Raphaël, admirable païen qui s'ignora et qu'on ignora, se plongea avec un enivrement qui nous grise encore à travers les ruines. Les fresques de la Farnésine, c'était le •cri de toute son œuvre, toujours contenu! Si l'homme n'était pas mort, peut-être même de la fatigue causée par ces touilles de Moine, peu de temps après avoir jeté ce cri de tout son être, et s'il eût vécu autant que les autres grands maîtres qui semblent, eux, avoir été conservés par leur art, qui -ait -i ce n'eût pas été là son véritable domaine, sa joie enfin découverte, la source de toute une -œuvre nouvelle, effaçant tout le reste, quelque matière que son monument interrompu à mi-chemin préseule, maigre'' les réserves attestani notre sincérité, .à noire admira lion !...

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