LE COR E. — LE SUS1M EIL D A M
facture qui est un peu plus retenue, moins caressante que dans les œuvres a suivre: mais l'ensemble du tableau est ravissant et d'une charmante harmonie
en gris diamanté. De 1517 à 1518, le Corrège aurait peint le Mariage de sainte Catherine, notre inestimable tableau du Louvre, et la décoration du couvent de
LE CORREGE. — LA VERTU IIERUHJlT.
San Paolo à Parme. Tout commentaire du Mariage de subite Catherine esl impossible ici : c'est un de ces sujets à longues méditations, sur lesquels on peut, pendant des pages, confesser tout ce que l'on ressent et tout ce à quoi
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l'on aspire. Mais pour avoir le droit de le l'aire, il faut être Michelet, el savoir
i CORRÈGE. — LA VIERGE AU SAIN! n ROME.
décrire « ce sourire étrange entre la souffrance el la grâce >. Ces! une merveille de modelé el de couleur, mai- ce qui donne encore plus de prix a cette peinture
c'esl qu'elle es! parée d'un inexprimable charme de jeunesse, et qu'elle va au cœur par on ne sait quel accent de timidité passionnée'; toujours notre délicieux paysan illuminé, épris de beauté à la fois chaste et sensuelle.
Pour la décoration du couvent de San Paolo, elle est sans doute exquise et neuve, avec ces médaillons mythologiques et ces groupes d'enfants apparaissant en pleine lumière et azur dans les jours ovales au milieu d'une décoration de treillages sur fond noir. Il y a un enjouement, une gaieté tendre dans tous ces jeux, un amour de la mythologie pour le nu, qui rendent très attrayante cette décoration de couvent singulièrement profane. Mais il faut dire que le dessin de toutes ces figures est dans l'ensemble, lâché et rond, et il est assez surprenant devoir un artiste montrer avec tant de franchise, dans une œuvre de jeunesse, des défauts qu'on n'avoue que dans un âge avancé, et involontairement.
D'ailleurs le Corrège décorateur, malgré sa belle audace, malgré l'influence énorme qu'il a exercée par la suite sur toute la peinture de décadence italienne, et aussi sur une grande partie de l'école française, est vraiment inférieur au Corrège peintre de tableaux, et plus précisément encore au Corrège peintre de morceaux. Il ne fait point bon, pour les grandes décorations qu'il exécuta en 1520 a l'arme en l'église de Saint-Jean l'Évangéliste et de 1526 à 1530 en la cathédrale, d'avoir d'abord fait la connaissance de l'artiste avec les quatre admirables toiles du musée de Dresde, ou avec notre Antiope encore beaucoup plus admirable. Sans doute ces grandes coupoles toutes garnies de mouvementées ei majestueuses figures sont la gloire de Parme: V Assomption île la Vierge à la cathédrale, le Couronnement de la Vieri/e et la Gloire du Christ à San Giovanni Evangeliste sont les pages les plus capables de lutter, toutes proportions gardées, avec les formidables leles tournoyantes et volantes de l'école vénitienne. Mais V Antiope est un des plus beaux tableaux du monde, et peut-être le plus parfait morceau de peinture; aussi ce sont choses qui rendent difficiles, et à l'arme même le plus beau et le plus célèbre tableau n'efface pas les impressions premières du Louvre et de Dresde. A Dresde, ce sont outre la Madone au saint François, trois tableaux d'une harmonie différente, et d'un tel prestige de couleur, d'une telle séduction de morceaux, que l'on oublie, que l'on oubliera toujours et 1res exprès, de protester contre ce qu'il peul \ avoir d'affecté dans les attitudes, de peu religieux dans la religion de notre paysan passionné: la Nativité ou la Sainte Nuit, tableau des plus célèbres, en harmonie d'argent; la Vierge au saint Sébastien, en or; la Vierge au saint Georges, en matière île Heurs.
Dans «-elle troisième, la dernière en date 1530 à 1532), on voit bien toul ce ipi il \ a de maniéré; il n'est pas un seul personnage qui ne soit tourné et contourné, la prière \ est un roucoulement; la Vierge avec ses cheveux dénoues, son sourire vers saint Bernard, son pied nu coquettement posé sur le
.E CÛRRÈI3K. — LA NUIT.
degré de son Irône, a un mérite infini à ne suggérer que des pensées respectueuses et chastes; le saint Georges, le saint Jean-Baptiste surtout, sont d'une beauté qu'on ne saurait qualifier de virile, ou tout au moins qui ne paraît point telle aux yeux des hommes du Nord ; les chérubins sont beaucoup plutôt frères
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