C0LE ITALIENNE
et plus étendue (car ce que Mantegaa pouvait enseigner, c'était surtout une manière de disposer, taudis qUe Léonard, c'était à la fois une manière d'exprimer
LE COIUlliGK. — LII'lMMK SENSI EL.
el de ressentir] ne s'est pas transmise d'une manière étroite et littérale. .Nature plus candide, infiniment moins subtile que celle de Léonard, le Corrège ne
pouvait — d'ailleurs qui l'a pu ? — suivre le grand novateur dans sa voie essentiellemenl scientifique et dans ses recherches tout en profondeur. .Mais il pouvait être et fut très frappé par ce que le simple côté extérieur du modelé nouveau apportait de charme et de grâce à une œuvre. Et comme le Corrège, en véritable cl parfait Italien, était à la fois infiniment simple et infiniment sensible à la grâce el à la volupté, ce fut son moindre effort à faire que de conquérir un moyen d'expression si parfaitement conforme à ce qu'il ressentait lui-même. Ainsi la perspective de Mantegna et le modelé de Léonard sont assimilés par le Corrège, mais dans la mesure de ses moyens; ils sont comme mis à travers l'esprit d'un paysan parfait.
Lutin, Une troisième influence dont on ne parle guère, faute d'indications quelles qu'elles soient, mais qui pourtant nous semble au moins vraisemblable, a pu achever, et de la façon la plus harmonieuse, la formation de son talent : celle de l'école vénitienne (1). Elle parait aussi visible que celle de Léonard elle-même, et la couleur du Corrège ressemble trop à celle de Giorgione et à celle des premières œuvres de Titien, pour qu'il y ait là une simple rencontre à distance, et que le Corrège ait, de son côté, inventé instinctivement, sans avoir jamais rien vu de tel, ce qu'avaient si brillamment, et avec un si grand retentissement, pratiqué des maîtres nés près de vingt ans avant lui. On dira à cela que rien ne vient appuyer ces hypothèses, que pas un document n'existe montrant les moindres relations entre le peintre de Correggio et ces illustres parrains (pie nous lui donnons. Mais non moins que les documents précis, l'analyse de la peinture elle-même est concluante. Puis, en ce qui concerne l'influence de Léonard, nous avons au moins une date précise : celle du voyage de Léonard à l'arme entre 1513 et 1515. Enfin, il n'est pas nécessaire, encore une fois, qu'il y ait des rapports directs et le Corrège a pu d'autant mieux profiter des œuvres de tous ces maîtres qu'il était obscur, dans la foule, et que personne ne le gênait dans ses méditations.
Tout cela ne diminue eu aucune façon le mérite du peintre, ne lui retire lien de sou originalité, ni de l'importance de son rôle; mais, nous l'avons dit, il u\ a pas en art de génération spontanée, el les plus grands artistes -ont ceux qui ont su le mieux mettre leurs éludes au service de leur nature. La nature du Corrège, dès ses premières œuvres connue-, apparaît séduisante et radieuse. Sa vie, à partir de 1514, allait se passer à peu près exclusivement entre Correggio et Parme, el dès 1515, une œuvre sinon le mettait en lumière, du moins nous le montre déjà complètement lui-même. C'est la Madone au
i Quant a l'impression produite, d'après la légende, sur le C •-•■ par la Madone (h- saint Sixte,
qu'il aurail vue à Plaisance, et au l'a ux cri : AnchHoson pittore, nousn'j insisterons pas. C'esl une
chose insignifiante. Raphaël n'a été de rien à Corrège, ri d'ailleurs anck'io pourrail aussi bien être pris daii~ li' sens d'une affirmation d'indépendance.
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mint Fiançois du musée de Dresde. Il \ a quelque timidité encore dans la