‹ Histoire populaire de la Pologne Carte de PologneChapitre 29 sur 41 · CHAPITRE XXIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIII

Nouvelle alliance entre Auguste II el Pierre I'»*. — CiinrliN Ijat les Saxons à Riga; entre en SarTU)dtip, en LitvnîH" et en Poînane. — Manifeste de Charles Xll du 10 mai 1702 sur ses intentions en faveur de la Polosfnc. — Auguste Tt se mun' à Krakov?'», et Charlûs Xll oQlre à Warsovie; sou admira lioo pour Jean Sobieâki.

Depuis la mort de Sobieski, l'armée polonaise avait été dés* organisée; ce malheur venait des mauvais sentiments d'Auguste,

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qui, se déliant toujours d une nalîon qn'il gomrrnait H qu'il traliissait, voulait rem[)lacer par se?* troupes saxon ik^s les troupes polonaises. Dans cet état do choses, Auguste prévoyait une attaque de la part de Charles XII, «loi venait de vaincre les Danois et les Moskovites. Et qii'avait-il à opposer aux forces des Suédois? Il n'avait trouvé en Litvanie que de rtrapuiasance dans son parti, de la haine chex les autres cit(n t ns. Pour remédier à celte position difficile, il vint encore une fois se jeter dans les bras de Pierre I«''en lui livrant la Pologne,

A la lin de fév rier 1701, les deux souverains se réunirent à Birzo en Litvanie sur les frontières do la Séinigalle. lIspassèronL quinze jours rlnns l'oririo ol (\m< la débauche. Tous deux se piquaient de bien porter le vin et d étre infaliirahlo^ datis los plaisirs physiques. Pierre acheva l'œuvre qu'il avait commencoo a Rawa-^Ruska, et fit d'Auguste un instrumcFit docile à ses volonlés. Le 9 mars, ils conclurent un nouveau traité contre la Suède. Pierre promit de l'argent, et offrit vingt mille Moskovites sous les ordres de Repnine pour garder la Pologne! Le 41 mars, le tzar prit la route de Pskow et le roi celle de Warsovie.

Tandis que le tzar gouvernait la Pologne par l'influence de son roi corrompu, l'électeur de Braodobourg, duc de Pruîise, se Inisait couronner roi à Krolo^vie(; Knmigsherg^ le 18 janvier lîOI . et créait ainsi unv iînu\o!le menace pour i indépendance et l existence même de la Pologne !

Auguste II aux abois fut obligé de convoquoi- la diète, qui s'ouvrit le 30 mai. Après des débats animé>, ou linit par s'acconmioder sur quatre points : 1<> le renvoi des troupes allemandes; %> le renvoi des conseillers saxons du roi ; 3o la conclusion immédiate de la paix avec le roi de Suède; 4o l'opposition à la royauté de l'électeur de Brandebourg. Mais comme ces proposl- Vions étaient nationales et justes, le roi refusa de les sanctionner et convoqua une nou\elle diète pour le 22 décembre.

Pendant ([u'Auguste leurrait laPologno, qu'il agissait avec ruse et ppifidie, Charles XII, poussé par une volonlé que rien ne doinj)to, concentrait toiis ses moyens pour frapper au cœur la diplomatie saxonne-russe d Auguste.

Le 1S juillet 1701, Cfiarles vaimpiait les troupes savonm^s ot russesàiliga. Le5 août il arriva à Bowsk, ou la question polonaise devint pour lui la question principale. Bientôt la victoire de Riga se répand à Warsovie, et Auguste en est terrifié et honteux. Le parti national polonais plaçait donc son espoir en Charles XIL Le primat écrit au roi de Suède pour lui exprimer

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Ié^s seiiliiiieiUs (lont ie pa\s est animé. Charles répond de Bowsk le 9 aoùl en déclarant « qu'il sépare les intérêts réels et nationaux de la république polonaise de la cause du roi parjure el étranger au i>ays; ([u'il s engage à pmt^ger et à défendre une nation qu'il aime et qu'il estime ; qu'il veut détruire le mal à sa racine, c'est-à-dire qu il veut frapper au cœur Pierre 1^** et Au* guste II, et tous ceux ([ui attenteraient à l'indépendance et à l'intégrité territoriale de la Suède et de la Pologne, i»

Les victoires et les dëlarations de (Charles XI 1 ranimèrent les espérances des bons Polonais, mais remplirent d etlroi les partisans d'Auiîiiste. Or, ces derniers clioisuent une députalion, et demandèreni audience au roi do Suède, ('e dernier les reçut le 25 août, mais ne tarda pas à }»eiietn^r les intentions équivoques de cette députation ; il sut s en débarrasser promptement, mais ne put s'empêcher de faire ressortir Tinconvenance de la conduite d'Auguste relatiN cment à la Livonie. Il fit sentir à la députation « que si le roi de Pologne s'engageait par les pacîa conventa à reprendre les possessions polonaises, il aurait dû commencer d'àbord par les provinces transboristanes, Kiiow, * Gzernrâchow et Smolensk envahies par les tzars, et qui étaient plus imfyortantes que la Livonie et détachées de la république bien pl us tar i! » Cette observation si judicieuse et si péremptoire ne .supportait pas de réplique.

La fermeté de Charles et la pnmiesse qu il avait faite de défendre les intérêts de la Poloi;ne i;rossis.saient son cortéîîe, et le parti national avec ses troupes se déclara ouvertement en faveur du roi de Suède. Ce dernier quitta donc la Kourland», entra en Samogitio, et battit les partisans d'Auguste. Auguste effirayé tenta de faire un traité secret avec Charles XII ; et n'osant pas lui envoyer une ambassade avouée officielle, il chargea de cette mission une de ses maîtresses, la comtesse Marie-Aurore de Kœnigsmark. Le célèbre Maurice de Saxe qui commandait en France les armées avec tant de succès, était le fils d'Auguste et de la belle Aurore.

Les lettres qu'AuLïuste écrivit à cette occasiuu a Charles étaient flatteuses |)()ur le roi de Suède, mais si contraires aux intérêts de la Poloi:ne et si outrageantes pour les Polonais même partisaus d'Auuusti», que Charles en fut saisi d'horreur, et refusa tout entretien avec la courtisane d'Auguste.

Le 2 avril 1702, Charles Xli arriva à Billevvicze en Samogitie, et adressa aux Lilvaniens un manifeste, dans lequel il les engageait à s'unir à lui pour le bien réel et général de la patrie. Puis,

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en passant pnr Kowno, Merecz, Bialystok, ii s'arrAta à Oslrow- Mazowieçki, près Poremby- à quinze lieues de Warsovie. Là, voulant être encoro [)lns explicite à Tendroit de la questioa po* lonaise^ il publia un nouveau manifeste. Cet acte est d'autant i»los remarquable, qw rion de semblable n'a été produit depuis cette époque jus(|u ici [)ar les cabinets européens favorables à la Puloune. Voici cet acie tout enlier:

« Cliai ie>, par la grâce de Diey, roi de Suède, etc., à tous ceux qui ces présentes lettres verront, salut :

» Sur la nouvelle qui est venue à nos oreilles qu un j^'raiid nombre de sénateurs, de nobles, de bourgeois et autres hahilanls de la Pologne, ont ëtë extrêmement consternés à l'approche de notre armée, sous prétexte de faux bruits que la cour de Warsovie et ses partisans ont répandus pour rendre notre conduite odieuse, comme si nos soldats pillaient et ravageaient indifféremment les terres des nobles et des ecclésiastiques, exigeaient partout d'énormes contributions et commet laioat toutes sortes li hostilités.

» Nous avons cru qu'il était do notre honiieiir de faire connaître que ces bruits ont elé malicieusement répandu^ pour faire diversion dans les esprits, pour les empêcher de rëlléchir sur les véritables auteurs de cette guerre, entreprise à Tinsu de la république, et de les détourner de faire attention aux maux que le roi de Pologne a attirés sur ses sujets, en conspirant la ruine de leur liberté. Afin donc que ces noires calomnies ne puissent trouver aucun crédit, et que nos bonnes intentions pour la république n'en reçoivent aucune atteinte, iious avons cru devoir ré(>éter ici ce que nous avons déjà déclar('' tant de lois, et mettre au jour les dan^jereuscs pratiques du roi d(» Polosne, que lui et ses partisans s'clVorcent avec tant de soin de cacher.

i> Chacun sait par quelle invasion Frédéric-Aui:;iiste, (•lecteur de Saxe, s'est élevé sur le trône de Pologne à la faveur des (îivisioDS de l'État, en y introduisant des troupes étrangères, par le moyen desquelles il a opprimé la liberté des suffrages et violé la principale loi d'une nation libre, chez qui un seul opposant a droit d'arrêter les délibérations. On sait que depuis ce temps-là ee prince, par la continuation de ses violences, s'est uniquement appliqué à détniire la constitution de la république en s'arro- ^oant lui-même un empire absolu. C'est pour cela qu'ayant fait \<Miir ses troupes saxon mps sans le consentement de la n»pul)linoM-^cijlciiHMit il s'est obsliiu» à liv^ i^arder, mais (pn» pour les enlrelenir, à la ruine de la république, il a accablé d impôts

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et <r('\iU lioiis lmil('< l»K pnwiiuvs du royauiue. Minuile. voyant que la ï!ol)lesse, mécontente de ses énormes t x torsions, avait ordonné, dans une diète, que ces troupes fussent renvoyées dans Tespace do six semaines, il a fait semblant dV consentir jusqu'à ce quMI Hki inventé de nouveaux moyens d'éluder l'effet de ces délibérations. Cependant, bien loin d'observer les pacto contenta et les i>ruine$8es solennellement jurées à la république, il a tout fait selon son bon plaisir, et a commencé d*agir comme s'il eût été revêtu d'une autorité absolue et despotique.

» Mais il a envoyé des (l(Y»iit!itions en dehors de la république, quoique san>; ordre (»t à son in^ii. Il a tail une alliance se<»rète et contracté une ainili(' Irès-intime avec le tziir i\v MoskoMr, le pins danizereux voisin (pi'ait la Poloijne. afin de mellre par âon prétendu secours la république sous le joug.

j» D'autre part, pour attaiblir de plus en plus la république, il n'y a point d'artifices qu'il n'ait employés pour se rendre maître de ses fonds, contre la lot solennelle rendue dans la diète de 1634. Ensuite, voyant que le sénat était un obstacle à ses desseins, il lui a peu à peu ôté la connaissance des principales affaires de la république, ayant rempli son conseil de Saxons et autres, la [)Iupart j^ens notés d inlamie et chassés des royaumes voisins [juur Icms crimes. Par les avis de tels conseillers, il n'y a rien qu'il n'ail fait f)our abaisser la noblesse polonaise et la faire tomber dans lt> mé[fris, jt]S((u'à la mettre au-dessous des douiestiques mêmes de la noblesse saxonne. ^>n a vu ces derniers prérér(''s en toutes occasions aux naturels du pays, comblés de tous les honneurs, établis pour la garde même du prince, pour mortifier d'autant plus les Polonais et les tenir dans une basse servitude.

» Toutes les âmes vénales qu'il a trouvées prêtes à s'attacher à son service et à contribuer à la ruine de la république, il les a élevées autant qu'il a opprimé les autre?, et qu'il leur a donné

des marques de sa liai no. Pour exciter entro les Polonais mêmes des jalousies et des rli\ isions.il a souvent conféré à plusieui*s uno niéiiio diL'iiilé, taisant d un seul emploi vacant plusieurs cliai-;ies diilérontes : par là, toute la ré| hiIm: jne s'est vue en proie à la discord(% outre que 1 impunité des crimes et le déni de toute justice ont fait régner la licence ouvertement.

» Chacun sait, et tous les bons sujets en gémissent encore aujourd'hui, qu'il est lui seul la cause des troubles de laLitvanie: que c'est lui qui a allumé le flambeau de la dissension dans ce grand-Hiuclié en mettant aux mains les i>lus illustres familles les

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une» contre les auurs. pom- ()(n»miHM\ m faillit .semblant ti en firotéger une en parlictilier. Et il y a si bien réussi, que, soit par le séjour de ses troupes en Litvanie, soit par rencontres meurtrières des deux parli< opposés, ce beau et vaste dudié se trouve réduit à un état dépiorable.

1» De tout cela il s*ensuit manifestement que ce prince n*avait que des intentions sinistres, qui auraient tôt ou tard produit les effets les plus dangereux, s'ils n'eiisî^ent été détournés par une main favorable à la république. 11 n est pas moins évident que la Poloirne sera toujours en danger tant qu elle atii a pour roi un princ e déjà trop fior de sa propre puissance, et (pie le xoisiiîHj^e do ses pays héréditaires met en état d exécuter les plus vastes dcîvseins.

> La preuve la plus sensible qu'on puisse donner de ses per- Aicieudes entreprises, c'est la guerre qu'il a commencée, sans en consulter la république, en levant de sa propre autorité l'étendard, en quoi consiste la souveraine domination. On Ta vu tourner à l'improviste ses armes pei^des contre nous, qui avons one paix étemelle avec la république de Pologne, confirmée par le traité d*01iwa, et scellée par les serments les plus solennels, sans que nous y ayons, de notre part, donné lieu par aucune cause léiritinie. On l'a vu en [)!tMno jwux, pendant que nous nous refMjsions tranquillement sur nos alliances a\(n' la r('pul)li(pie, et qu'il offrait d'ori renouNoler encore a\ or nous une intnius faire une irruplion subite de la Litvanie dans nos provinces, les ravager et y commettre toute sorte d'iiostilités^ s'emparer de quelques-unes de nos places par surprise, ruiner le commerce par terre et par mer, qui était si avantageux aux deux nattons^ exciter des soulèvements parmi nos sujets^ et s*unir furtivement avec le Moskovite pour l'engager à nous prendre au dépourvu, à se jeter sur nous comme un torrent débordé, et à nous acca* hier dans le temps que nous pensions le moins à nous défier d'une conduite si perlide.

X Ou sait assez quel était 1(» but d'un si pernicieux conseil : il ne tendait à rien moins (\u'd >v roudre maîlro (h? la Liv iiiir, à y établir le siéj^^e de sa douiinalion, alin que la républuiue polonaise, resserrée de l'autre côté par la Saxe, se vît tout à coup comme mise aux fers, surtout ses forces étant occupées aiiieurs dans la guerre qu'elle avait contre le Turk. Mais la providence divine, qui déteste la perfidie et l'injustice, par un effet de sa . faveur envers nous et envers la république, a détruit ces noires

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iiicK iimation^. et a permi- quo nous ayons tellement abaiiu 1 ors^ueilleuso pinssanco saxiuine, (juo armées aient été non->piilement (•fia>>( eà de dessus nus terres, nmis de toutes celles de la répuî)]i(iu('.

» Four aciieverdonc notre ouvrage et aiïranchir la république, déjà délivrée des troupes étrangères, de toute crainte de la part d'un roi si dangereux; pour la mettre à couvert des embûches de ceux qui ne songent qu'à l'accabler, soit par le motif de leur propre intérêt, soit par un efiét de leur haine contre la libre nation polonaise ; pour la rétablir dans tous ses droits, tant de fois violés et foulés aux pieds ; pour prévenir les prévarications de ses perfides citoyens, et, coiuunuément à cette loi solennelle ipii dégage du serment de fidélité les sujets dont les rois sont los premiers à \ ioler leurs capilulalioiis, et (jui met les |)euples cii droit (Tenlrer en jugenieut avec leur s injustes souverains, nous sommes entré en armes dans la Pologne, fondé, d'un coté, sur ie droit dos gens, qui permet de re[)0usser la force par la force, et de poursuivre i^n ennemi partout où on le peut trouver ; et, de Tautre, plein de confiance que la république, en vertu de nos dispositions favorables à son égard, et nos alliances réciproques, que nous avons toujours cultivées avec un extrême soin, entrera dans nos vues pour tirer raison des injustices atroces que nous avons souffertes de la part de son roi, et pour éloigner cet auteur de tous les maux qui aliligent notre royaume et celui de Poloirne. Nous l'espérons d autant plus, que tant que ce |)rine(î serait à la t«*'te du i^ouvernement, nous ne pourrions nous promettre aucune sûreté, ayant tant de fois éprouvé combien il lait peu de cas de la religion du serment, et qu'il ne quitte l'envie de nuire que quand les moyens lui en sont otés.

» La république doit se ressouvenir que c'est le sang de nos prédécesseurs, de glorieuse mémoire, qui a passé dans la maison des Jagellons, et qui est monté sur le trône de Pologne, qui a donné lieu, en partie^ à l'établissement des principaux droits de la république, et qu'ainsi nous sommes intéressé à les soutenir de toute l'étendue de notre pouvoir.

» Nous avons donné, il n'v a f\as lonirlemps. une preuve de cette (li.sj)osition uu nous somiiies (Mivers la république, lorsque le roi Auguste nous lit ollrir par la comtesse de Kœnigsmark, et ensuite par M. Witzthum, son conseiller aulique, de traiter avec lui d'une paix secrète sans la consulter. Non-seulement nous n'avons pomt voulu prêter l'oreille à ses propositions, mais

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nous avons même refusé d'en tondre ces ministres (»tranp:ers vers nous, au préjudice des plus illustres membres de Tfclat, (|uelque considérables que fussent les promesses dont ils étaient chargés, et quelque avantage que nous en pussions tirer aux dé|>ens des fonds de la république.

» C'est pourquoi nous nous trouvons dans la nécessité inrlis^ pensable et dans la ferme résolution de poursuivre jusiiu a la dernière extrôniitc» cet injuste roi, ([ui, au mépris des plus saintes alliances, nous a alUup'é frauduleusement; en premier iîeu par le moyen fl(^ ses troupes saxonnes, et eiwuite par celle d'iVinski pt de WisniovN iorlvi : proh'stant solennellement, coiiuik' nous le faisons par ces pi ('montes, (pie nous ne vouIuiih ctumiKiiip aucune hostilité contre la république ni contre la nol)lesse di^ Pologne, moins encore donner atteinte aux droits, privilèges et biens de la nation, affecter en aucune manière le royaume, ni proposer aucune personne pour roi, mais uniquement aider la république à se délivi-er d*un joug injurieux à sa liberté, à renoncer à Tobéissance d'un souverain qui a, le premier, violé sa foi et SoS promesses, à en (H ire un autre tel qu'elle \oudra par les sullrai;es libres et unanimes de tous les étals assemblés, selon son bon plaisir, à ven.^er rhonneur de ses lois louchant la liltt*rlé dtN élections, si indii^uciiuMit uu'^prisct» dans celle (|ui a mis ce juince sur li^ trône, et à rcnuMlix' en vigueur la juslicc, leiie qu elle était aucieuuemenl, alin (jne le bon droit des citoyens ne soit plus opprimé ])ar la force et [>ar la violence.

» Si nous remari pntns que la république soit disposée à donner les mains à ces salutaires conseils, nous déclarons que, dès que nous aurons accompli le dessein pour lequel nous sommes venu, nous sortirons incessamment, nous et notre armée, des terres de la république, sans en rien exiger pour le remboursement des frais que nous aurons faits; et (pie nous nous retirerons, si elle jttj^e à proj)os d'en convenir avec nous par un traité, en quelque pays ou province où nous [>^li^sions (*'tre ('LralenuMit utile aux deux royaumes : à condition tout(»roi- (|mv dans le pas-^ni^e ou durant le séjour, il soit apporté ou loui ni lun t -saires

à notre camp, alin (jue le soldat ne soit juis obligé de si'cai liM* pour en chercher, et (pie l'on prévienne par ce moyen tout sujet de plainte de part et d'autre. Cet ordre ainsi établi, nous ne craignons point de répondre pour nos soldats, qu'ils se contiendront dans les bornes de la modération, étant accoutumés à une discipline très-sévère, que nous faisons observer avec toute Texactitude possible.

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» Dulàué dans aotre quartier général, à Ostrovv-Mazowieçkiy le 4(i mai MOL

» Charles.

» Par le roi : le comte Piper. »

Cv nKinilcsfo. reproduil en langues latine, polonaise, allemande et i'ran(;;ii«\ s(M*v'pan(lit dans toute laPoloirne; il eut les meilleurs résultats, et ceux <[u une rau«(» politique avait ée^arés trop longtemps revinrent au parti national. Auguste H se voyant abandonné, quitta Warsovie, le iO mai, en prenant la route de Rrakovie.

Charles XII arriva à Warsovie le 26 mai; il y eut plusieurs conférences avec le primat et les hauts dignitaires de l'Ëtat, dans le but de 'convoquer la diète d'élection à Peffet d'élire un nouveau roi.

En visitant l'ésïlise des Capucins, oiî t tut disposé le cercueil d(> Joan Sobie>ki, il sYnTia : «Un si graiwl roi n(* devrait jamais mourir! Je voudrais que etM'orps f lU à Kralvo\ie : à mon at rivée dans cette dernière \\\h\ ](» l'y ferai transporter a\ec toutes les solennités dues à un monarque! »

La reine Marie Kasimire, qui vivait alors retirée à Rome, saisit cette occasion pour écrire au roi Charles une lettre de remerciments, en recommandant elle et ses fils à l'amitié et aux bonnes grâces du roi. En effet, on verra plus tard que Charleiï fit tout ce qui dépendait de lui pourélex'er au trône, l'un des fils de Sobieski, mais Auguste II traversera ce projet.

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