DIFFERENDS EN D'AUTRES ENDROITS
Vers le même temps, dans la Nouvelle-Ecosse et le Nouveau- Brunswick, des différends constitutionnels avaient surgi, mais ils étaient d’une nature plus calme que ceux du Haut-Canada, bien que leur origine fut à peu près semblable. La division entre les classes n'y était pas aussi nettement accentuée, l'immigration des Américains n'avait pas été aussi considérable que dans la province supérieure, et j! n'y avait pas d’antipathie de races comme dans le Bas-Canada. Entre 1816 et 1828, lord Dalhousie et sir James Kent gouvernèrent dans la Nouvelle-Ecosse avec assez de succès et de modération. Ils se consacrèrent à des questions d'éducation, de développements matériels et s’appliquèrent à favoriser les intérêts et l'influence de l'Eglise d'Angleterre. De fait, ce dernier point était un principe primordial chez tous les gouverneurs de cette période et dans l'administration de presque ‘outes les colonies britanniques. Leurs conseillers constituaient une oligarchie, mais non une oligarchie offensive, ce n° fut qu’en 1830 qu’un différend réellement sérieux commensa entre l’Assemblée et le Conseil sur une question d'impôts. Enfin, après une élection générale, ce dernier corps céda.
Puis des difficultés survinrent à propos de l'administration des affaires locales à Halifax, une discussion avec le Conseil qui affectait la liberté de la presse, et le passage, en 1835, de l'obscurité à une célébrité soudaine du plus grand Néo-Ecossais de l'histoire primitive—Joseph Howe. Journaliste de profession, il se défendit contre l'accusation de libelle criminel avec un éloquence et une force qui
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submergea ses adversaires, convainquit les jurés, gagna les masses du peuple à sa cause et devint une idole populaire. Howe entra immédiatement à l’Assemblée, en même temps que des réformistes tels que William Young, Huntington et O'Connor Doyle, et introduisit ses fameuses ‘ Douze Résolutions” condamnant la Constitution et la procédure du Conseil Législatif et inaugurant une campagne active contre le système d'administration existant. Elles furent adoptées, mais subséquemment retirées. Puis vint l'accession au trône de la reine Victoria, et la rebellion dans d’autres provinces—cette dernière fut aussi fortement dénoncée par Howe qu'elle aurait pu l'être par un Beverley Robinson ou un Jonathan Sewell.
Dans le Nouveau-Brunswick, la lutte entre les deux Chambres commença avec le siècle, et les détails sont trop insignifiants pour être donnés dans la revue générale d’une situation ressemblant beaucoup à celle qui a déjà été décrite. En 1824, sir Howard Douglas arriva en qualité de lieutenant-gouverneur, et durant les sept années de son administration, la province fut relativement calme. Les industries forestière et de la construction des navires avaient rejeté l'agriculture dans l'ombre, et le nouveau gouverneur s’efforça de favoriser cette dernière et d'améliorer la condition très arrièrée de l'éducation. Dans ce dernier but il fonda l’Université actuelle du Nouveau-Brunswick. Il eut aussi à lutter contre la sécheresse de 1825, et contre les terribles incendies des forêts qui entrainèrent la destruction de la ville de Miramichi et causèrent une perte de #4,000,000 en marchandises, propriétés et bois marchand. Puis vint la querelle relative à la frontière du Maine. Entretemps, Lemuel Allen Wilmot s'était distingué comme réformiste, et s'était fait remarqué dans sa province comme Howe, Mackenzie et Papineau dans leurs propres provinces. Sir Archibald Campbell, le gouverneur suivant eut à lutter contre les difficultés ordinaires du contrôle des recettes et de la ligue du Conseil. Diverses réformes furent inaugurées, les Conseils Législatif
et Exécutif furent séparés et, après une vigoureuse opposition de la part du gouverneur, le Bureau Colonial, en 1836, ordonna le transfert à l'Assemblée du contrôle de toutes les recettes et ordonna que les membres de ce dernier corps fussent appelés à l'Exécutif. Sir Archibald résigna plutôt que d'accéder à cet ordre, mais son successeur — le judicieux, sage et libéral sir John Harvey —fut heureux d'appuyer ce changement. Ainsi, le Nouveau-Brunswick fut la première province qui établit le contrôle populaire sur les deniers publics bien que la responsabilité de l'Exécutif y fut encore retardé par la rebellion dans les deux Canadas. En 1820, le Cap Breton était enfin devenu partie intégrante de la Nouvelle-Ecosse et fournissait à sa vie publique un représentant actif et capable dans la personne de Richard J. Uniacke. Dans la petite île du Prince Edouard, il n'y avait pas alors de gouvernement populaire et on y faisait peu d'efforts pour en avoir un. Le propriétés de l’île étaient entre les mains de propriétaires anglais et ses affaires étaient en grande partie contrôlées par les gouverneurs, pour eux, tandis que le gros de la population se composait des fermiers des propriétaires absents.
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