‹ Histoire populaire du Canada [microforme]Chapitre 111 sur 289 · DES NUE MEN TES · texte numérisé non relu

DES NUE MEN TES

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les cinq ans où la chambre de Québec avait refusé de voter les subsides. On faisait savoir en même temps que la demande d'un conseil électif formulée par les Canadiens-français était inadmissible, attendu que pareil système mettrait au pouvoir d’une seule race la partie du gouvernement qui repose sur le peuple. Pour la même raison, il fut dit que l'établissement d’un conseil exécutif responsable ne convenait pas. Ni les conservateurs ni les libéraux G’Angleterre n'osaient placer tant de pouvoir dans une race qui formait la majorité et qui parlait et agissait comme le firent les partisans de Papineau. L'EXCITATION AUGMENTE

Toutefois, le résultat de ce qui précède fut déplorable. Le Vindicator, feuille révolutionnaire publiée à Montréal, s’écriait : ‘“ Pas de paix dans la province ! Pas de merci pour les pillards! Agitonsnous! Agitez partout, agitez toujours! Détruisez les sources du revenu public! Dénoncez les oppresseurs ! . Tout est juste et dans le droit légal lorsque nos libertés fondamentales sont en péril.” Il y eut des assemblées turbulentes dans la région de la rivière Richelieu aussi bien que sur le Saint-Laurent. Papineau se montra partout et son éloquence enflammée chauffa au rouge blanc le patriotisme ou fierté nationale, tellement qu'on pensa qu'il allait tenir la province entière dans sa main. Lord Gosford, s'apercevant enfin de ce qui pouvait arriver, lança une proclamation pour mettre le peuple en garde contre la révolte et lui faire voir qu’il s'engageait dans une voie dangereuse. Pour toute réponse, on cria : Vive Papineau, notre libérateur ! I se forma des clubs ou associations appelés Æ%s de la Liberté parmi les jeunes Canadiens de Montréal et ailleurs. Quant à l’Assemblée elle formula des demandes qui impliquaient virtuellement la suppression de l'autorité britannique dans le Bas-Canada. De suite le gouverneur la fit dissoudre. Le clergé catholique publia de pressants appels à la concorde; la minorité anglaise organisa une défense à la hâte: la rebellion éclata.

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