‹ Histoire populaire du Canada [microforme]Chapitre 112 sur 289 · LED · texte numérisé non relu

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Si l'insurrection qui s'ensuivit ne fut pas générale, cela est dû, en grande partie, à l'influence des évêques et du clergé catholique romain. L'évêque Lartigue, de Montréal, adressa un mandement mémorable à ses ouailles, le 24 octobre, et il fut fortement appuyé dans l’expression de ses opinions par l'évêque Sinaï de Québec. Ce document dénonçait les chefs rebelles comme étant des hommes animés d'un ‘esprit mauvais ;” declarait que “ les lois divines et humaines s’accordent pour condamner ceux qui, par des complots de révolte et de sédition, s'efforcent d'ébranleï l’alléceance envers les princes ;” il peignait les horreurs de la guerre civile et les dangers des germes semés aux jours de la révolution française ; il condamnait la liberté sans frein et proclamait les droits de l'autorité. Il n'y a aucun doute quant à la grande influence exercée par ces opinions et par le commandement d'éviter toute participation ouverte au soulèvement. Bien que le clergé n'eut pas prisune attitude prononcée pour empêcher les gens d’être influencés par l’éloquence entraînante de Papineau et par les tentations de son programme—peut-être eut-il été impossible de le faire—il fit alors tout en son pouvoir pour les empêcher d'avoir recours au moyen extrême de l'insurrection et suggéra même au Couseil Exécutif la discussion d'un compromis. Mais il était alors trop tard pour éviter l’effusion du sang et une année, ou même davantage, de désordres factieux.

Dans le Haut-Canada, les événements s'étaient précipités avec la mêrre rapidité quoique à un degré moins sérieux. Là, la minorité en faveur des actes de violence était très faible mais très bruyante. Mackenzie n'était pas de la taille de Papineau, ni intellectuellement ni physiquement, et la classe à laquelle il adressait ses appels séditieux était infiniment moins nombreuse que dans le Bas-Canada. Son journal, cependant, était habile dans ses dénonciations constantes ; tandis que les abus réels offraient une excuse à une forte opposition contre les pouvoirs établis bien que, dans le Haut-Canada, comme dans le

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Bas-Canada ils n'offrissent pas une raison suffisante pour la rebellion.

Le 31 juillet, 1837, Mackenzie publia dans son journal, 7%e Constitution, un document qu'il appela la Déclaration des Droits des Réformistes, et ce document offre un exposé assez clair de sa position. D'abord, il était conçu dans le style de la Déclaration de l’Indépendance Américaine et le but qu'il se proposait était en grande partie identique, bien qu'il fut beaucoup plus violent et infiniment moins digne que la source apparente de son inspiration. Il fourmillait d'allusionsti la ‘sinistre influence” de la Grande-Bretagne et au ‘ dérisoire simulacre de gouvernement humain” sous lequel ‘“ nous avons été insultés, bafoués et amenés à deux doigts de la ruine.” Un grand nombre de libéraux modérés en rirent. Ryerson, Baldwin, Bidwell et autres chefs libéraux le dénoncèrent vertement. Sir Francis Bond Head le considéra comme l’écumante manifestation d'une agitation qui devait aboutir—et le plus tôt le mieux. Mackenzie continua son œuvre farouche, exerçant de petits groupes d'hommes et organisant des ‘comités de vigilance” pour porter au loin les doctrines de sa “ Declaration avec sa liste de griefs, sa répudiation de l’allégeance britannique, son adhésion à la cause des rebelles du Bas-Canada et sa fervente sympathie en faveur des institutions américaines.

Le lieutenant-gouverneur répondit à ces menaces par un calme dédain et par une parfaite confiance en la fidélité des masses du peuple, et on l'a souvent blâmé pour cela. Il était tellement convaincu de la futilité ridicule de tout mouvement qu'il envoya toutes les troupes régulières de la province dans le Bas-Canada, où lon semblait en avoir grand besoin, et exprima son intention de compter uniquement sur les loyaux volontaires et sur la milice de la province—confiance qui n’acertainement pas été mal placée, car les résultats semblent avoir justifié cette décision. Il croyait qu'un soulèvement quelconque était inévitable, et que jusqu'à ce qu’il se produisit et que l'échec que devaient subir les insurgés eut servi

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