‹ Histoire populaire du Canada [microforme]Chapitre 115 sur 289 · RENE · texte numérisé non relu

RENE

bieatôt à Saint-Denis, et les Français, qui étaient à cet endroit se dispersèrent sans causer d’autres embarras aux troupes anglaises.

A Saint-Eustache, au nord de Montréal, quelques rebelles se défendirent bravement et résolument sous les ordres du docteur Chénier, et ce ne fut que lorsque l’église dans laquelle ils avaient combattu, fut tombée en ruines enflammées autour de leurs têtes, que les paysans trompés essayèrent à s'échapper. Il était alors trop tard, cependant, et ils moururent presque tous—y compris leur chef auquel, de longues années après, les Canadiens-Franç .s de Montréal élevèrent une statue, Ce fut la fin de l'insurrection, bien que Nelson, Côté et quelaues autres eussent traversé la frontière américaine, lancé des proclamations annonçant une novvelle république et, en 1838, réunirent des bandes nombreuses de maraudeurs pour envahir le pays. Sur le canal Beauharnois, ils détruisirent un bateau à vapeur et, profitnt de Îa grande indulgence de lord Durham durant ses quelques mois d'administration, furent sur le point de provoquer un& autre rebellion. À Laprairie, Nelson réussit à concentrer 2,000 hommes, mais Colborn’: envoya immédiatement contre lui une troupe nombreuse, et, après une rencontre à Odeiltow.,, il s'er fuit de nouveau :ux Etats-Uris. Coiborne était alors gouverneur géné al et avait décidé qu’il ne resterait plus de doute au sujet de la granc:: différence entre la fidélité et la trahison.

De; Conseils de guerre furent établis —l’Acte de l'Æabeas Corpus étant en même temps suspendu—les principaux rebelles subirent leur procès ; 49 d’entre eux furent condamnés à l'exil, et 30 à mort. Onze seulement subirent le châtiment suprême er ceux-là furent choisis parmi le: hommes qui s'étaient efforcés, de propos délibéré, de soulever une detxième rebellion après avoir été graciés ure fois, ou qui avaient commis des crimes personnels en sus de leurs actes de trahison, Papineau, Nelson, O’Callaghan et Brown, qui s'étaient enfuis aux Etats-Unis, vers le commencement du soulèvement, furent

convaincus de haute trahison. Papineau alla demeurer en France, et en 1844, on lui permit de revenir au Canada sans attirer l'attention. Il put constater alors que son influence était disparue et que sa réputation n'était plus que l'ombre de ce qu’elle avait été.

Le but de toute l’agitation et des actes de révolte dans le Bas- Canada étaient devenus plus clairs à mesure que la rebellion approchait, et lord Gosford, écrivant au secrétaire des colonies le 2 septembre, 1837, disait: ‘Il est évident que la faction Papineau ne sera pas satisfaite avant que le gouvernement anglais l'ait mise en mesure d'exécuter ses projets, savoir : la séparation de ce pays de l’Angleterre et la proclamation d’une république.” La farce consistant à marchander à propos de constitution et à réclamer un système que les chefs ne comprenaient pas et dont ils ne voulaient se servir que pour l'employer contre l'influence de l'autorité britanniques était finie; et la vessie gonflée par une rhétorique brillante excitant les passions et les préjugés français avait été crevée par l'attitude de l'Eglise et le bruit du canon anglais. De fait la hiérarchie prit une attitude très forte dans sa condamnation. ‘Quelle misère, quelle désolation,” s'écriait l’évêque de Montréal, ‘est répandue à pleine main sur un grand 1ombre de nos champs et de nos foyers, depuis que le fléau de la guerre civile a ravagé un pays heureux où l'abondance et la joie régnaient avec l'ordre et la sécurité, avant que des brigands et des rebelles, à force de sophismes et de mensonges, eussent égaré une partie de la population.” :

La responsabilité de ces faits retombe sur les hommes ainsi caractérisés par leur propre église ; sur des hommes tels que Papineau, Côté, Nelson, O’Callaghan et Chénier. Comme le disait si bien le docteur N. E. Dionne, l’érudit bibliothécaire provincial de Québec : “Tous ceux-là sont les vrais coupables et j'oserais dire les seuls

coupa les.” * Mais les ignorants souffrirent pour les complots et les

* Voir Canada: An Encyclopædia of the Country, à vol. "

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