LE SOULEVEMENT DANS LE HAUT-CANADA
On croyait que lorsque cela aurait été fait, le reste de la province accepterait la nouvelle constitution sans autres difficultés. Jamais cervelle de traître n'avait enfanté un projet pius vain et plu insensé. Ce qui l'explique, cependant, c'est qu'on attendait de l'aide qui avait êté promise, des Etats-Unis, et qui arriva trop tard. Le 4 décembre, après s'être réunis à un endroit nommé Montgomery's Tavern en aussi grand nombre qu'ils l'avaient pu, les rebelles marchèrent sur la
ville, mais prirent peur à l'apparition d’un piquet de troupes volontaires, et se retirèrent en toute hâte. Durant les quelques jours suivants, leur nombre atteignit en, on mille hommes armés de fusils, de faulx, de fourches, de haches et de tout ce qu’il: avaient pu trouver. Le colonel Moody, un vétéran de la guerre d'Espagne, et un citoyen très respecté, tenta de passer à cheval à travers leurs lignes avec le mépris caractéristique du soldat pour une foule en armes, et il fut tué d’un coup de feu. Mais Toronto était prête à les recevoir ; chaque homme d'influence, et presque chaque citoyen épaulait son fusil, à commencer par le juge en chef; et la milice loyale, y compris les braves ‘“ Hommes de Gore” comme on appelait les volontaires de Hamilton, furent appelés sous les armes et arrivèrent de toutes les directions. Le 7 décembre, le colonel (plus tard sir) A. N. McNab sortit pour attaquer la troupe rebelle. Celle-ci était sous le commandement de Samuel Lount, un forgeron de métier, et elle avait été exercée pendant un certain temps par le colonel Van Egmond, un ancien officier de l’armée francaise sous Napoléon. Le lieutenantgouverneur offrit aux insurgés une dernière occasion de se rendre et de renoncer à leur folle tentative de rebellion. I! fut accueilli par un refus de la part de Mackenzie; les 500 miliciens commandés par McNab, habillés en tissus domestiques mais qui n'en étaient pas moins inspirés des traditions de la ‘“ mince ligne rouge britannique ” s'avancèrent pour l'attaque. Après un seul échange assez vif de coups de feu et une légère escarmouche, la bataille était finie, et les rebelles s'étaient dispersés.
Comme Papineau, Mackenzie s'enfuit au premier coup de feu et, après diverses aventures, il atteignit la frontière américaine, A Navy Island, en amont des chutes de Niagara, il établit son simulacre de gouvernement, et bientôt, des adhérents venus des deux côtés de la ligne affinèrent pour se joindre à lui. A Toronto, la milice et les volontaires csntinuaient à arriver en grand nombre, au point d'embarrasser
Sci
Fe nero PRE er AE D PE , LA Li » À
GER ARE Le.
réellement le gouverneur et de prouver bien clairement qu'il avait eu raison de croire que la province lui resterait fidèle lorsque se produirait le soulèvement inévitable. Quelques unes de ses troupes furent envoyées sous les ordres de McNab pour surveiller les rebelles à Navy Island, et, incidemment, elles saisirent un bateau à vapeur nommé la Caroline qui fournissait à Mackenzie des munitions de guerre, à portée des canons d’un fort américain, l’incendièrent et lui firent sauter les chutes &2 Niagara. Plusieurs mois après, lorsque les sympathies des villes situées sur la frontière des Etats-Unis eurent épuisé le nombre d'hommes, d'armes et de matériel de guerre, disponibles pour l'insurrection, le président des Etats-Unis lança une proclamation enjoignant aux gens de ne pas attaquer une nation amie. Dans l'intervalle, Mackenzie avait quitté Navy Island; il fut arrêté et condamné à 18 mois d'emprisonnement par un jury d'Albany, N. Y.
Mi, dans les villes américaines, les complots se continuaient. On organisa des associations connues sous le nom de Hunter’s Lodges, des groupes nombreux d’Hommes s’exercèrent et envahirent les provinces canadiennes à plusieurs reprises et à divers endroits durant les deux années qui suivirent. C'était une guerre de guérillas qui manquait d'organisation, et d’un chef intelligent, mais qui n’en causa pas moins beaucoup de tracas et de dépenses aux gouvernements du Haut et Bas-Canada, et beaucoup de souffrances et de craintes aux établissements situés le long de la frontière. Des expéditions vinrent d'Ogdensburg de Buffalo et du Détroit, l’une comptant 1500 flibustiers et rebelles, mais toutes furent mises en déroute ou repoussées par la simple nouvelle qu'un corps de r'ilice s'avançait. A Prescott, de l’autre côté du Saint-Laurent et près de Kingston, une bande de maraudeurs commandés par le réfugié polonais Von Schultz furent attaqués dans le moulin en pierre des environs où ils s'étaient réfugiés et, apres une résistance vigoureuse, furent pris par un
détachement britannique et canadien. Le procès qui s'ensuivit fut
remarquable par la défense de Von Schultz, faite par un jeune avocat nommé John A. Macdonald qui plaidait sa première cause. Le chef, cependant, et onze de ses partisans, furent condamnés et pendus.
Le plus remarquable de ces incidents fut le dernier. En décembre 1839, une bande de 450 maraudeurs marchait à travers les rues du Détroit saluée par les acclamations de la foule. Elle était en route pour s'emparer de la ville canadienne de Windsor, du côté opposé de la rivière. Elle s'en empara, brûla un navire et quelques maisons, fit prisonnière une petite garde de milice, et tua un citoyen paisible qui refusait de se joindre à elle. Puis les maraudeurs marchèrent sur Sandwich où ils furent battus par le colonel John Prince—un Loyaliste parmi les Loyalistes, un rude soldat de la vieille école, animé d’un profond mépris pour les rebelles, et un homme qui se moquait des frivoles prédilections de l'opinion publique lorsque le devoir l’appelait. Avec 200 hommes, il rencontra les envahisseurs et les mit en déroute et ayant trouvé le corps d’un chirurgien respecté nommé Hume, que les rebelles avaient traitreusement tué, il fit avancer quatre prisonniers et les fit fusiller. C'était un acte de justice sévère qui plus tard fut condamné par le grand nombre de gens qui croient que les invasions, les guerres et les rebellions peuvent être réprimées à l’eau de rose. Le colonel Prince se moquait des clameurs de ce genre, de même que sir George Arthur, le nouveau lieutenant-gouverneur qui avait remplacé sir Francis Bond Head. Lorsque les derniers procès furent terminés, ce dernier laissa résolument la loi suivre son cours, et deux des chefs rebelles, Lount et Matthews, qui n'avaient pas réussi à s'échapper aux Etats-Unis furent exécutés comme le voulaient le procès et la sentence,
RESULTAT DU SOULEVEMENT Ce fut la fin des troubles dans la province supérieure. Le
soulèvement n'avait jamais été sérieux quant au nombre, à l'influence, u aux conséquences possibles. Il avait fait sortir le bien du mal, en
LA
RSS SERRE
rs
=s CRE ee orne
Da qe rer are
ENTRE de teen mg
EE re PART
RE SEE en ie D de