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à Saint-Petersbourg, et obtint la promesse que l’article relatif à la liberté de la navigation serait abrogé l’année suivante; puis sans attendre une excuse légale, il força le navire de la compagnie anglaise à se rccirer du territoire russe sous peine de destruction immédiate. On en appela immédiatement au gouvernement britannique, on réclama 420,000 de dommages, précipitant ainsi une difficulté diplomatique. Plus tard, après qu’une conférence eut été tenue à Londres, la question fut réglée entre les deux compagnies de fourrures elles-mêmes, la compagnie anglaise obtenant le bail des privilèges et des droits de l'Alaska moyennant une rente de 2000 peaux de loutres de terre et d’un fort approvisionnement de vivres fournis à des prix modérés à la colonie russe, Cet arrangement donnait satisfaction et fut renouvelé de temps à autre jusqu’à ce que l'Alaska devint une possession des Etats-Unis. Les limites des territoires de la Baie d'Hudson, et la compensation à la compagnie pour les pertes subies durant la guerre occupèrent aussi une place importante dans les traités de Ryswick et d'Utrecht conclus avec la France, et dans la convention de Londres conclue avec les Etats-Unis en 1818.
La plus importante de ces questions internationales fut celle relative aux prétentions de la compagnie sur la région maintenant occupée par les Etats de l'Orégon et de Washington. Si cette prétention eut été soutenue, toute cette grande région serait devenue territoire britannique, la difficulté de San Juan eut été évitée, les progrès des villes provinciales du littoral telles que Vancouver n'auraient pas été arrêtés par la concurrence de Seattle et d’autres endroits : les ressources et les intérêts miniers de la Colombie auraient eu une liberté de développement plus complète.
Mais par le traité de l’'Orégon, ces prétentions importantes furent abandonnées par l’Angletirre, la région réclamée fut donnée aux
Etats-Unis, et un splendide héritage pour l'avenir fut cédé pour l'amour de la paix et la tranquillité dans le présent. (Cependant, la
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compagnie de la Baie d'Hudson pour ses droits d'occupation et de commerce, et finalement, en 1863, une commission composée d’Alexander J. Johnson, de la part des Etats-Unis, et de sir John Rose, au nom de la Grande-Bretagne, se réunit à Washington et accorda #600,000 à la compagnie. Cette somme fut payée après des représentations réitérées, en deux versements—juillet, 1870, et février, 1871. Cependant, à cette époque, le glas de la domination de la compagnie avait sonné, et elle avait cessé d’être un pouvoir gouvernant et créateur dans le développement de l'empire. L’apogée de son influence avait été atteinte vers le milieu du XIX® siècle, alors qu'elle exerçait plus ou moins d'autorité sur une région très grande mais peu définie qui appartient aujourd’hui à la Grande-Bretagne et aux Etats-Unis. Elle pouvait alors se vanter de posséder un capital actif de plus de sept millions de dollars, un monopole commercial absolu et d'exercer une influence qui était presque entière sur près de 150,000 Indiens, influence qu’elle employait en somme avec sagesse et bienveillance—principalement dans les restrictions imposées sur la vente des boissons. Mais à cette époque, la province du Canada commençait à entrevoir un avenir de commerce et de développement vers le nord et l’ouest, et à regarder d’un œil un peu jaloux le pouvoir exercé par la compagnie. L’arrangement relatif à l’île de Vancouver fut surveillé de près tant à Toronto qu'à Londres, comme le furent les progrès de la colonie de la rivière Rouge ; et l'on n'eut garde d'oublier que la concession de commerce exclusif accordée à la compagnie pour 21 ans, en 1838, serait bientôt périmée. Le résultat de ces conditions
fut qu'un comité special fut nommé par la Chambre des Communes
anglaise en 1857, ‘pour considérer l’état des possessions britanniques
dans l'Amérique du nord, qui sont régies en vertu de la licence de la compagnie de la Baie d'Hudson ou sur lesquelles cett compagnie
possède une licence de commerce.”