‹ Histoire populaire du Canada [microforme]Chapitre 149 sur 289 · L'HON. SIR ETIENNE P.TACHE · texte numérisé non relu

L'HON. SIR ETIENNE P.TACHE

Premier ministre du Canada avant la confédération

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l'avenir—celle de John A. Macdonald parmi les conservateurs, sans oublier le travail d'unification des partis que provoqua la tourmente du bill pour indemniser les pertes de 1838.

Ce dernier épisode, tout à fait extraordinaire, affecta le gouverneur-général plus que ses ministres. Aucun des partis n'avait jusque là deviné qu'un ministère responsable veut dire qu'il n'est pas seulement responsable du patronage et de la distribution des places, mais aussi de la législation toute entière—soit qu'elle vienne de lui-même ou d’une entente avec le gouverneur-général. On ne semblait pas comprendre en quoi consistait ce que l’on avait tant demandé et que l’on avait obtenu, c'est à savoir, un état de choses

. semblable à celui de l'Angleterre où ni les partis, ni les factions ne

songent à blâmer la couronne, mais veulent que le ministère soit responsable de toute la politique du gouvernement. UNE SITUATION CURIEUSE

Les gens s'attendaient donc que le gouverneur-général corrigerait les erreurs, vraies ou supposées, de son cabinet, soit par sa propre décision, soit en référant le cas à Londres; cette idée populaire fournit une meilleure excuse peut-être que tout autre fait pour expliquer l'opposition empressée et consciencieuse de tories contre le projet du gouvernement responsable, Mais si, comme M. Draper et ses collègues le croyaient en 1841, le peuple n'entendait point la chose et n'était pas préparé à la mettre en exécution, que dire de la situation de 1848 alors qu'une bonne partie des citoyens de Montréal brûlèrent le parlement et qu'une masse plus considérable, mélange de tous les partis du Haut-Canada, pétitionna pour obtenir de la couronne le rappel de lord Elgin parcequ'il avait refusé les avis de ses ministres responsables et répudié la demande d’une forte majorité parlementaire! C'était une situation curieuse dont les détails ne manquent pas d'intérêt même dans l’histoire parfois compliquée du Canada.

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Durant la précédente administration Draper le gouvernement avait soumis une mesure, que la chambre approuva, pour accorder des compensations au montant de {40,000 aux loyaux sujets qui avaient subi des pertes à cause de la rebellion du Haut-Canada. Une demande semblable fut présentée en faveur des Canadiens-français, mais les loyalistes du Haut-Canada s'y opposèrent, alléguant que le peuple du Bas-Canada en général avait participé à l’insurrection ou lui avait accordé ses sympathies. Cette impression est probablement correcte jusqu’à un certain point, surtout si l’on considère les diverses étapes du mouvement qui amena la rebellion: mais elle est inexacte en autant qu'une grande partie du peuple ne fut pas concernée dans les troubles lorsque ces derniers éclatèrent. Le gouvernement Draper arrangea l'affaire pour le moment en nommant une commission dont le rapport fit connaître que le montant des compensations dans le Bas-Canada s'élevait à £250,000, mais qu’une indemnité de {100,000 couvrirait toutes les pertes réelles. Le gouvernement accorda {10,000 et ainsi mécontenta les Canadiensfrançais, car ce montant n'était guère proportionné à celui de leurs réclamations. De plus, le gouvernement irrita son propre, parti en admettant un principe qu'il croyait dangereux.

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