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BILL POUR INDEMNISER LES PERTES DE

Durant les deux ou trois ans qui suivirent ces événements assez variés, le gouvernement flottait dans l'indécision et laissa tomber l'affaire. Cependant, on ne l’oublia pas, et dès que le ministère Lafontaine-Baldwin eut pris les rênes du gouvernement l'agitation du Bas-Canada commença à revivre. Quar:4 la législature fut assemblée à Montréal, en 1849, la question se présenta sous une telle forme qu'il fallait la régler. M. Lafontaine prépara une série de résolutions que l'assemblée législative adopta de suite, puis l'on rédigea un bill basé sur ces principes. Le préambule de cette mesure “pour indemniser certaines personnes du Bas-Canada, dont les

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propriétés ont été détruites lors de la rebellion en 1837 et 1838,” déclarait qu'une enquête minutieuse devait avoir lieu relativement aux pertes subies, et que les réclamations constatées devaient être payées équitablement. Il était prescrit que nulle personne ne jouirait du droit à une indemnité, qui aurait été trouvée coupable de trahison pendant la rebellion, ou qui après avoir été arrêtée admettrait sa culpabilité ; les hommes qui avaient été transportés aux Bermudes étaient également exclus. Cinq commissaires devaient être nommés pour mettre ce projet * exécution, et #100,000 furent alloués pour ces compensations.

La présentation de cette mesure créa une tempête qui ébranla le nouveau système de gouvernement jusque dans ses racines. Au parlement, les débats furent d’une violence sans précédent—même aux jours agités de Papineau, lorsqu'il s’agitait contre la domination et la tyrannie anglaises. Les loyalistes, les tories et même plusieurs libéraux modérés, de langue anglaise, à travers le pays aussi bien qu'à la législature, dénoncèrent ce projet comme une tentative de récompenser la rebellion, d’indemniser les rebelles, d'approuver la sédition. C'était un gouvernement rebelle flattant la rebellion. C'était un cas où des hommes ayant participé à une insurrection, ou l'ayant approuvée, s'efforçaient d'exprimer leurs sympathies en distribuant les fonds publics à leurs ennemis. C'était le prix d'achat offert par Baldwin, pour l'aide et la coopération de députés canadiens-français. Ce langage était vif, mais il n'indique que faiblement les expressions des loyalistes ayant à leur tête sir Allan McNab, M. Sherwood, le vétéran colonel Prince, et autres qui avaient manifesté dans les combats à main armée leurs sentiments contre la même rebellion que l’on exonérait par cette mesure.

Il n’est pas difficile, aujourd’hui que ces événements sont depuis longtemps passés, de sympathiser avec les tories dans leur fermeté, tout en approuvant la politique du gouvernement et regrettant ce qui fut fait par après. Rien n’excuse le soulèvement de 1837-38 Un

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