‹ Histoire populaire du Canada [microforme]Chapitre 152 sur 289 · LEA · texte numérisé non relu

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difficile. Le gouvernement avait une forte majorité dans les deux Chambres ; à l'appel fait au peuple, quinze mois auparavant, il avait obtenu cette majorité. Ayant accepté les principes d’un gonvernement responsable, et décidé de l'appuyer, il lui était impossible de désavouer cette mesure ; la référer au gouvernement impérial eut été lâche de sa part en rejetant ainsi la responsabilité qui pesait sur luimême et qu’il était de son devoir de porter; il eut aussi attiré sur la Couronne la fureur du parti battu. Dissoudre le parlement, c’eut été livrer au vote populaire une question irritante qui ne pouvait être réglée de cette manière, vu l'état excité de l'opinion publique. Supposant même qu'elle l’eut été, sans actes de violence, cette surexcitation des esprits aurait été prolongée, sans cependant changer le résultat. Imbu d'un patriotisme qui mérite l'appréciation favorable de tous les canadiens modérés de nos jours, le gouverneur général accepta la pleine responsabilité de ses actes, et sanctionna le bill. 11 écrivait au secrétaire colonial : “ Quelque soit la complication qui en résulte, au pis aller il est probable qu'on pourra la réparer en me sacrifiant comme victime.”

Le 25 avril, lord Elgin se rendit au Parlement, à Montréal, et, au nom de la Reine donna son assentiment à la mesure en question. Cette nouvelle se répandit par la ville comme une trainée de poudre ; le gouverneur, très populaire jusqu'alors, sortit de la Chambre au milieu d'un orage d'insultes et de projectiles. Après quelques heures l'excitation augmenta, la foule devint de plus en plus nombreuse et finalement incontrôlable. On y remarquait des hommes rangés et plusieures tories parmi les principaux. Il s'y trouvait aussi une bonne partie de cet élément perturbateur toujours présent en pareilles occasions ; il y avait aussi certains Canadiens-Français et Irlandais de la basse classe, ne comprenant pas de quoi il s'agissait, mais qui aimaient naturellement à voir un soulèvement. La foule envahit le

Parlement, y mit le feu, Les dommages étaient irréparables. L'édifice

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