‹ Histoire populaire du Canada [microforme]Chapitre 153 sur 289 · EE ES · texte numérisé non relu

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fut détruit. Toutes les archives du Haut-Canada, avant l'union, furent brulées. Non-seulement la réputation de Montréal en fut affectée ; mais sa position comme siège du gouvernement devenait impossible pour l'avenir. Le parti tory fut disgracié par sa participation à ces actes regrettables ; il en fut responsable, du moins dans l'esprit public, et il en souffrit en conséquence. Le fait d'avoir incendié le Parlement, plus l’'émeute qui eut lieu lors de la visite dans la ville, quelques jours plus tard, du gouverneur-général, firent disparaître du coup toutes chances de succès des tories contre lord Elgin.

| Les protestations contre la conduite de lord Elgin dans cette affaire arrivèrent en grand nombre au bureau colonial, à Londres, mais plus nombreuses encore furent les communications de toutes les parties du pays adressées au gouverneur personnellement, le félicitant de sa magncuimité envers les émeuteurs, et louant la détermination qu’il avait prise de faire respecter à tout prix les principes du gouveïnement responsable. Le bureau colonial approuva les actes de son représentant au Canada, et la politique qu’il avait adoptée. Le Parlement ne s'assembla plus à Montréal. Durant la décade qui suivit, il siégea alternativement à Toronto et à Québec, jusqu'à ce que Bytown, un village sur les rives de l'Ottawa où se concentraient les intérêts du commerce de bois, fut choisi par la reine pour être la capitale de la province canadienne. En 1860, lors de la visite du prince de Galles au Canada, il posa la première pierre des édifices parlementaires, destinés à faire honneur à la future Confédération, et à marquer le changement d’un simple petit village en une grande ville, celle d'Ottawa.

L'année 1849 apporta à Montréal plus que des émeutes. Dans tout le Canada sévissait une dépression commerciale des plus intenses. Aux yeux des tories il semblait que l'Angleterre les avaient abandonnés aux loups, par son adoption soudaine du libre-échange, en même temps qu'elle sacrifiait leur loyauté à lord Elgin et à la rebellion,

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Ce mécontentement et le déplaisir continuel des Canadiens-français donnèrent naissance à un mouvement d'annexion. Une grande assemblée eut lieu à Montréal pour aider ce projet; on publia un manifeste, lequel est d'une grande valeur historique, parcequ’on y trouve comme signataires irréfléchis, des hommes d'avenir, tels que sir À. À. Dorion, sir A.T. Galt, sir D. L. Macpherson, sir John Abbott, et les grands financiers les plus en vue de la ville. Ce n'était qu'une étincelle bientôt éteinte, mais elle fait voir, néanmoins, l'état misérable du pays à cette époque de désastre commercial et d'émeutes politiques. La formation de la ligue anglo-américaine, dont le programme embrassait l'union des provinces et la protection commerciale en matières de tarif, était de beaucoup plus importante parcequ'il devait en ressortir des résultats plus durables. John A. Macdonald contribua largement à cette œuvre par son habilité et l'intérêt qu’il porta à un certain nombre de jeunes gens dont l'ambition personnelle attirait l'attention du public. De cette date, jusqu’à sa réalisation, l'idée fédérale resta toujours en vue sur le théâtre de la politique du Canada, quoique sa marcke fut souvent entravée; pendant des années cette idée paraissait être plutôt visionnaire que pratique. LA PERIODE DES CHEMINS DE FER

À l'horizon, la période des chemins de fer commençait à poindre. Lord Durham avait suggéré l’idée d'un chemin de fer intercolonial unissant les Canadas aux provinces maritimes, et l'esprit pratique de Joseph Howe en avait constaté la nécessité. Plusieurs tentatives furent faites, de 1850 jusqu'a la Confédération, pour la construction de cette ligne. Ce projet était fortement appuyé par lord Elgin. Howe, de la Nouvelle-Ecosse, Edward Barron Chandler, au Nouveau- Brunswick, et Francis Hincks dans le Haut-Canada, n'épargnèrent rien pour la réalisation de cette entreprise. On entama des négociations avec le bureau colonial, Howe se rendit en Angleterre et

s'intéressa à la question auprès des bureaucrates; les délégués

interprovinciaux s’ assemblèrent à Toronto et ailleurs ; mais finalement le projet échoua. Alors apparut la ligne Æwropean and North American, au Nouveau-Brunswick, et le Grand-Tronc au Canada. Ce ne fut qu'après la Confédération que l'on reprit l’idée d'un chemin de fer intercolonial et qu'on put la rendre praticable.

L'histoire du Grand-Tronc est extraordinaire. C'est le produit d'une ère remarquable de chemins de fer, par des mises de fonds inco:.sidérées, une extravagance folle, des profits énormes, des pertes immenses et souvent la ruine. Des chemins de fer d'une moindre importance surgirent dans toutes les directions; les législatures accordèrent des octrois à toutes sortes de projets, on créa des fonds-de-prêts municipaux et autres corporations autorisées à aider aux chemins de fer—et l'on y versa des millions. En 1852 on commença la construction de la ligne du Grand-Tronc, qui devait s'étendre des eaux du lac Huron à celles du St. Laurent; en 1860 le pont Victoria si coûteux—dernier clou du dit chemin à cette date—était terminé et officiellement ouvert par le prince de Galles. Parmi les promoteurs de cette ligne on comptait plusieurs membres du gouvernement, entr'autres : John Ross, Francis Hincks, E. P. Taché, James Morris, Malcolm Cameron. Les débentures furent placées en Angleterre sans grande difficulté. Le mal qui résulta de la situation créé par cette entreprise et autres d’un caractère semblable est bien connu, et affecta sérieusement le crédit du Canada pendant plusieurs années. Les noms des Canadiens éminents mentionnés dans le prospectus du Grand-Tronc avait inspiré une puissante confiance dans cette œuvre et le peuple anglais étant sous l'impression que c’était plus ou moins un projet du gouvernement, y versait librement des fonds. L’arrangement conclu avec une aussi forte maison que Peto, Brassey & Betts, pour construire cette ligne, ne détruisit pas cette impression qui ne semble avoir été créée que par le fait de ces noms figurant dans la liste des directeurs. Elle survécut même aux nombreux refus

L'HON.SIR WILLIAM RALPH MEREDITH Chevalier, juge en chet de la cour des Playdoyers Communs d'Ontario

L'HON. HONORE MERCIER Conseil de la reine, premier ministre de Québec, 1887-91

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