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L'HON. JOHN ROBSON

Premier de la Colombie-Britannique, 1889-92

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et de John A. Macdonald, lequel avec de nombreuses variantes de politiques et divers changements de personnel, subsista jusqu'en 1862. Les libéraux revinrent alors au pouvoir sous John Sandfield Macdonald et L. V. Sicotte, ils y restèrent quelque deux ans, pendant lesquels il se fit des changements, entre autres la substitution de A. A. Dorion à Sicotte en qualité de chef des Canadiens-français dans le cabinet. Sir E. P. Taché et John A. Macdonald arrivèrent au pouvoir en mars 1864, et en 1865 celui-là fut remplacé au poste de premier ministre nominal par sir N. F. Belleau.

Cependant, en novembre 1864, George Brown avait formé une alliance avec le parti conservateur dans le but de rompre l'équilibre des partis qui se paralysaient mutuellement, et de préparer un avenir plus brillant pour le pays, en déterminant l'union de toutes les provinces de Amérique-Britannique par un pacte fédératif, À sa suite figuraient des libéraux tels que Oliver Mowat, William McDougall et W. P. Howland. Il était devenu impossible de gouverner la province dans les conditions existantes. II ne semblait y avoir entre les hommes politiques aucun principe commun pour guider les prétendus partis George Brown, avec ses partisans protestants et anti-français, avait profondément divisé le parti libéral du‘Bas-Canada; et d'autre part John Hillyard Cameron et les Orangistes formaient une section très peu sûre du parti conservateur haut-canadien. John A. Macdonald s'entendait admirablement à se gagner des partisans parmi ses adversaires et à effectuer des coalitions qui le fortifiaient de temps à autre; mais il n’était pas toujours facile de conserver ces nouvelles recrues, et des questions surgissant constamment, il était bien exposé à les voir se séparer de lui, aux moments critiques. Les partisans de Baldwin, ou libéraux modérés de l'ancienne école, ne suivaient pas toujours

Macdonald, et le suffrage des catholiques romains du Haut-Canada était toujours mal assuré et allait parfois à John Sandfield Macdonald, —lui-même catholique écossais et très influent auprès des anciens

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Highlanders loyalistes. Dans la province du Bas-Canada la plus grande incertitude existait; ni Morin, ni Dorion, ni Cartier n'était assez fort pour dominer la situation, bien que Cartier finit par s'affirmer à temps pour faire entrer sa province dan la confédération.

Quelques lois pratiques, et d'autres purement expérimentales, furent passées au sein de cette confusion. La milice fut organisée en 1855, comme résultat de l'impression produite par la guerre de Crimée. Le gouvernement avait d'abord été battu sur des points de détail, mais finalement un système satisfaisant fut mis en opération. En 1858 on inaugura une politique de protection restreinte. En 1848, la disposition de l’Acte d'Union prohibant l'usage de la langue française dans les Chambres avait été abrogée.

Dans les provinces maritimes, les affaires marchaient d’une manière beaucoup plus tranquille et satisfaisante. Les agitations politiques étaient dans une grande mesure choses du passé, et les habitants, avec beaucoup de raison, s’occupaient de questions plus pratiques. Sir Edmund Head, sir Arthur Hamilton Gordon, l'honorable J. H. T. Manners-Sutton, dans le Nouveau-Brunswick, et sir John Harvey, sir J. G Le Marchant, lord Mulgrave (plus tard marquis de Normanby), sir R. G. Macdonell et sir W. F. Williams, dans la Nouvelle-Ecosse, se montrèrent, dans l’ensemble, de très habiles administrateurs. Les questions de constructions de voies ferrées tinrent la première place pendant de longues années dans les deux provinces, et la politique, qui ne fut jamais bien violente dans le Nouveau-Brunswick, fut aussi relativement paisible dans la province sœur. La prohibition fut une des questions agitées dans le Nouveau- Brunswick vers 1850, et la question de l'instruction publique excita toujours un vif intérêt. La première de ces questions amena Samuel Leonard Tilley au premier rang du parti libéral et aida à le faire arriver au pouvoir en 1861-65. Albert J. Smith, John M. Johnston, Peter Mitchell, et R. D. Wilmot furent aussi des chef politiques dans

les dix années qui précédèrent la confédération. Dans la Nouvelle- Ecosse, Joseph Howe et William Young demeurèrent les chefs du parti libéral, ayant Adams G. Archibald pour collègue subséquemment. Les conservateurs de leur côté avaient pour chefs ce vétéran, James W. Johnston et son successeur, Charles Tupper. ENTREE EN SCENE DE SIR CHARLES TUPPER

L'entrée en scène du docteur Tupper est peut-être l'événement politique les plus important de l'histoire de la province à cette époque. Rencontrer sans fléchir Joseph Howe dans les assemblées publiques, et l'emporter sur lui dans une circonscription de la Nouvelle-Ecosse, peu après 1850, voilà un fait assez frappant. Mais ce fait tire une grande importance de la personnalité très forte qui en fut l’occasion, de ce chef vaillant qui ne voulut jamais se dire battu, qui ne paraissait connaître ni la fatigue, ni le découragement, mais parcourait la province comme une trombe à chaque élection, —tantôt vainqueur tantôt vaincu, mais toujours énergique et plein de ressources. Le docteur Tupper devint premier ministre en 1864, après avoir fait partie pendant quatre ans de divers cabinets. Sa principale mesure législative fut la réorganisation du système des écoles publiques sur le principe de la fréquentation libre ; et son acte public le plus mémorable durant cette période fut son adhésion à la conférence de Charlottetown, en vue de l’union des Provinces maritimes.

Entretemps, l'ile de Prince-Edouard avait commencé une agitation sérieuse au sujet de la détention de sesterres par des propriétaires absentéistes de la Grande-Bretagne. Il s'était engagé avec le gouvernement impérial une discussion très vive sur la matière; sa population très minime s'était graduellement fait concéder un système de gouvernement responsable ; et en même temps, en 1860, une com-

mission impériale avait été nommée pour régler la question des terres.

Un des commissaires représentait les autorités impériales, un autre

représentait les censitaires, et le troisième était M. Joseph Howe. La décision qui fut rendue satisfit les insulaires, mais les autorités londonniennes ne l’acceptèrent point, et la question ne fut véritablement réglée que lorsque l'ile entra dans la Confédération en 1873. La province, toutefois réussit à opérer le rachat des 62,000 acres de terres acquises par lord Selkirk, ses héritiers ayant généreusement consenti à les rétrocéder pour la somme de 6,000 livres sterling. Mais on était à la veille d'une transformation politique plus importante encore, transformation précipitée heureusement pour tout le pays, par les guerres extérieures et les changements douaniers.

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