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CHAPITRE XVI

La Réciprocité; la Guerre Civile des Etats-Unis

À question de la réciprocité du trafic, ou des tarifs, entre Îles L Etats-Unis et nous, occupe une place importante dans les annales des provinces canadiennes. On la discutait déjà au temps des lois dites de navigation et du tarif préférentiel anglais, lorsque les fluctuations du commerce laissaient entrevoir quelque chance possible d'obtenir l'accès libre du marché américain, ou encore l'abolition de l'embargo posé sur les navires de nos voisins pour les transports des produits du sol. À tout prendre, les préférences que nous avions sur le marché anglais suffisaient pour maintenir largement nos intérêts en ligne avec ceux de la Grande-Bretagne. Après l'abolition de la loi des céréales, néanmoins, et l'ouverture des ports canadiens aux bâtiments étrangers, puis la destruction soudaine des industries et du crédit par le rappel des droits préférentiels, les provinces britanniques commencèrent à chercher d'autres voies d'écoulement et à cultiver des rapports avec le pays voisin. L'ESPRIT PUBLIC SE TOURNE VERS LES ETATS-UNIS Nos provinces arrangèrent leurs tarifs de façon à traiter sur un même pied la Grande-Bretagne et les Etats-Unis et, sans être décidemment protecteurs en aux-mêmes, ces tarifs donnèrent un premier indice de leur tendance dans cette direction. À partir de 1849 et des années qui suivirent immédiatement, le grand désir de la population canadienne fut de pouvoir arriver à quelque arrangement avec Îles Etats-Unis par lequel les produits de la ferme auraient entrée libre

chez eux : et dans les provinces maritimes on demanda alors que le

poisson fut aussi reçu en franchise, Partout on regrettait et même

on s’ indignait de ‘oir que la Grande-5retagne paraissait faire le sacrifice de ses intérêts en adoptant tout à coup un principe de commerce cosmopolite ainsi que la dangereuse initiative de la politique du libre échan;e.

Peut-être que, natureliement, le peuple s'était tourné vers les Etats-Unis en éprouvant la dépression financière et commerciale qui suivit l'acte déplorablement hâtif de la mère-patrie, et en voyant arriver lord Elgin on s’aperçut que c'était un homme particulièrement qualifié pour parer aux exigences du moment. En cr i comme en d'autres occasions importantes de sa vie, ce brillant gentilhomme se montra à la hauteur des circonstances. Accompagné de M. Francis Hincks avec des délégués du Canada et des provinces maritimes, il entreprit, en 1854, n.unis des instructions du gouvernement britannique, de négocier un traité de réciprocité, ce qu'il fit avec une certaine pompe bien appropriée et qui a dû avoir sa part dans le succès final.

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