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s'étaient tellement habitués à confon':e ces derniers avec l'idée conspuée d’une prédominance de la race anglaise, qu'il était très difficile pour l’homme d'état le plus habile de les amener à changer d'allégeance politique. Le changement ne pouvait se produire que lentement, et en attendant il arriva qu'aucun des partis dans ces provinces unies nominalement n'était en état de former un gouvernement ou de se maintenir au pouvoir.
D'autres facteurs moins importants eurent aussi leur influence sur le mouvement politique vers l'union. Les politiciens des diverses provinces étaient venus à mieux se connaître le uns les autres, et leurs fréquentes délibérations au sujet de questions de chemins de fer ou autres, leur avaient fait se rendre compte de la communauté d'intérêtes qui devrait exister et qui de fait existait entre les groupes qu'ils représentaient. En même temps que la population se développait et que les chemins de fer se construisaient, les rapports de commerce et d'autre nature se firent plus fréquents, bien que ces échanges fussent entravés dans une grande mesure par les relations étroites entretenues avec les groupes de population au sud de la frontière. Un certain nombre, et parmi ex beaucoup de Canadiens-français, rêvaient un avenir de complète indépendance, et il se trouvait des hommes dans toutes les provinces qui se montraient favorables à l’idée de la confédération comme étant un pas dans cette direction. D'autres désiraient l’annexion, et pensaient que ce changement constitutionnel les rendrait assez forts, un jour, pour leur permettre de ‘rompre les liens qui les attachaient à la Grande-Bretagne,” pour se jeter ensuite dans les bras de la république des Etats-Unis. Les loyalistes de l'ancien type—et ils étaient encore nombreux—sentaient que leur seul espoir de maintenir leur indépendance vis-à-vis des Etats-Unis était la fédération des forces anglaises en vue de l'établissement d’un état britannique. De cette façon, toutes sortes de contre-courants d'opinions
vagues se formaient, se rencontraient, se croisaient et, graduellement,
prenaient la même direction qui était celle du principe de l'unité. Durant les années qui suivirent, 1865-6, la dénonciation du traité de réciprocité et les incursions des Féniens eurent pour effet de faire disparaitre ces divergences secondaires d'opinion et de faire accepter le projet de confédération comme seule sauvegarde contre une politique d'absorption de la part des Etats-Unis, soit par des mesures coercitives, soit par la persuasion. Bien qu’au début ce sentiment ne fut qu’un entre bien d'autres qui militaient en faveur de la confédération, il finit par devenir dans l'esprit ‘du peuple la raison prédominante de l'acceptation d'une mesure qui dès 1865 était virtuellement une affaire résolue.