PREPARATIFS DE GUERRE
Naturellement, rien ne pouvait plus être fait au moyen de la conciliation, bien que l'évêque Taché revint de Rome peu de temps après et exerçât sa grande influence afin de prévenir de nouveaux actes de violence. Le meurtre de Thomas Scott souleva Ontario, où Schultz venait d'arriver et tous les gouvernements intéressés — anglais, canadien et provinciaux—virent qu'il fallait prendre des mesures immédiates pour réprimer l'insurrection. Une expédition fut immédiatement organisée sous le commandement du colonel (plus tard maréchal de camp, vicomte) Wolseley, qui était alors à la tête de quelques troupes régulières dans Ontario. Elle se composait du 1er bataillon du 6oième Carabiniers, fort de 350 hommes, avec vingt hommes de l’Artillerie Royale et quatre canons de sept, vingt hommes des Ingénieurs Royaux et d'un corps convenable d’infirmiers—formant en tout 400 hommes de troupes régulières. Deux bataillons de milice d'Ontario et de Québec commandés par les lieutenantscolonels S. P. Jarvis et L. A. Casault, soit 700 hommes de plus, marchèrent en qualité de volontaires. En mai 1870, cet effectif partit de Toronto pour traverser plus de mille milles de solitudes et de nappes d’eau interrompues et pour endurer beaucoup de misères et de souffrances. Au Sault-Sainte-Marie, par suite des réglements américains et du refus de laisser passer des troupes armées sur le sol des Etats- Unis, l'expédition dut abandonner ses bateaux et porter tous ses effets et provisions en amont des rapides sur une distance de trois milles du côté canadien—où vers la fin du siècle, nous trouvons un canal supérieur à celui des Américains.
Le 24 août, à travers la pluie et l'obscurité, l'expédition remon:tait la Rivière-Rouge et se rapprochait du théâtre de la rebellion. Le
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