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cœur rempli de pensées belliqueuses et d'espoir de brillants succès, les hommes furent granderaent déçus, comme soldats en constatant que Riel, ainsi que ses prédécesseurs d'antan, Papineau et Mackenzie, s'étaient enfuis et ne leur avait rien laissé à se mettre sous la dent. A tous les autres points de vue, cependant, que celui de l'ambition du soldat ou du volontaire optimiste, le résultat fut pour le mieux, et la marche du colonel Wolseley sur le fort Garry mit fin à l'insurrection sans qu'il en restât d’autres souvenirs pénibles que la triste mort du jeune Scott. Le commandant militaire appela M. Donald A. Smith à prendre la direction des affaires civiles jusqu’à l’arrivée du nouveau lieutenant-gouverneur et l'inauguration formelle de la constitution basée sur les instructions données par M. Howe au gouverneur McDougall plusieurs mois auparavant.* Ce programme qui aurait pu prévenir l'insurrection s'il eut été convenablement exposé devant tous les gens de la colonie un peu plus tôt—contenait la déclaration que les libertés civiles et religieuses et les privilèges de toute la population seraient conservées iatactes ; que les propriétés, droits et équités dont ils avaient joui sous le régime de la Compagnie seraient maintenus en faveur des colons; qu'un système libéral de distribution des tîtres des terres alors occupées par les colons serait mis en vigueur ; que toutes les classes seraient pleinement et équitablement représentées dans le gouvernement ; que le gouvernement municipal autonome serait immédiatement établi dans le pays et que la région ‘serait gouvernée en vertu d’une constitution basée sur les lois et les précédents anglais. Le 15 juillet 1870, la province fut dûment constituée par décret royal et parlementaire avec M. (plus tard sir) Adams G. Archibald, comme premier lieutenant-vouverneur.t Un Conseil Exécutif de pas moins de cinq membres devait être nommé, avec un Conseil Législatif de sept membres, nombre qui dev: it être porté à douze après quatre ans, et une Assemblée Législative de
* Lettre du Secrétaire d’Etat à Ottawa, datée le 7 décembre 1869: mais rendue publique le 20 janvier 1870 seulement, t M. McDougall n'avait été que gouverneur de territoires non-organisés et ses fonctions n'avaient été que temporaires,
vingt-quatre membres, élus pour représenter certains districts électoraux tels que constitués par le lieutenant-gouverneur. La durée de la Législature et ses fonctions devaient être régies par les mêmes dispositions que celles appliquées par l'acte de l'Amérique Britannique du Nord aux autres provinces. On pourrait se servir des langues française ou anglaise dans les débats et les archives officielles. 11 convient d'ajouter que le Conseil Législatif a été aboli en 1876 et que le nombre des membres de l'Assemblée a été porté plus tard à quarante.
Le premier ministère organisé dans la province naissante fut constitué le 16 septembre 1870, avec l'honorable M. A. Girard comme premier ministre. Parmi ceux qui prirent part à la lutte qui précéda ce début constitutionnel, Louis Riel disparut de la scène pendant quelques années d'une vie agitée qu'il alla mener dans les Etats situés au sud; colonel Wolseley, après avoir pendant un certain temps coquetté avec le siège gubernatorial, quitta le Canada pour prendre part à un grand nombre de campagnes et devenir commandant-enchef de l'armée britannique; le docteur Schultz s’adonna à la politique, fut élu au parlement et devint plus tard lieutenant-gouverneur de la province où il avait joué un rôle si important comme pionnier ; les lieutenant-colonels Jarvis et Casault reçurent le titre de C. M. G. et le premier s’éleva à une haute position dans l’armée britannique ; tandis que William McDougall eut une carrière politique peu satisfaisante qui se termina par sa défaite comme candidat au parlement en 1882 et 1887. Dans l'intervalle, bon nombre de soldats s’établirent dans la province, d’autres colons y furent attirés grâce aux lois libérales relatives aux concessions de terres et le Manitoba commença à progresser lentement mais sûrement.
D'AUTRES PROVINCES ENTRENT DANS LA CONFEDERATION Le 20 juillet, 1871, la Colombie-Britannique entra dans la Confédération, suivant ainsi l'exemple du Manitoba—à cela près qu'elle y entra paisiblement, Son histoire, jusqu’à cette date avait été en
grande partie composée de périodes de fièvres minières et de commerce sous le gouvernement de la Compagnie de la Baie d'Hudson. En 1858 elle avait été créée colonie distincte pour les fins administratives durant les découvertes de mines d'or de l'époque. En 1866, l'ile de Vancouver et la terre ferme avaient été réunies, avec un lieutenantgouverneur et un Conseil Législatif celui-ci adoptant une résolution en faveur de la Confédération, en 1867, qui fut désapprouvée par son gouverneur, Le 29 janvier de l’année suivante, une grande assemblée fut tenue à Victoria et un mouvement fut inauguré par Amor de Cosmos, J. F. MecCreight, John Robinson, Robert Beaven, Hugh Nelson, H. P. P. Crease et autres citoyens devenus éminents depuis, dans le but d'amener l'union avec le Dominion. Le principal adversaire de ce programme était le docteur -Helmcken, qui semble avoir été fortement en faveur de l'annexion et avoir été appuyé par des colons américains qui considéraient que les principaux intérêts de la colonie étaient liés à ceux des Etats situés au sud. En mars, 1870, un grand débat eut lieu au Conseil et une résolution favorable basée sur les arrangements proposés par le nouveau gouverneur, M. Anthony Musgrave, fut adoptée. MM. Helmcken, Carrall et J. W. Trutch furent alors envoyés à Ottawa et les conditions furent finalement arrêtées—le principal sujet de discussion étant l'engagement pris par le gouvernement fédéral de construire un chemin de fer transcontinental. Comme les gens de la Colombie-Britannique le savaient très bien, ce n'était que par ce moyen que la province pouvait être unie au Dominion plus étroitement que ne le comporte une simple cession de territoire.
La mesure fut chaudement débattue à la Chambre des Communes à Ottawa à cause des graves responsabilités que comportaient la construction du chemin de fer projeté. Mais elle fut finalement adoptée et le Dominion qui avait alors atteint des proportions gigantesques, vit s'ajouter à ses possessions une province aux
montagnes veinées d'or et d'autres métaux précieux, dont les vastes gisements de houille étaient destinés à approvisionner le versant du Pacifique ; dont les pics altiers étaient couverts de forêts depuis leurs sommets jusqu'aux bords des fleuves impétueux coulant à leur pieds ; dont les cours d’eau et les eaux côtières étaient remplis de poisson et de sables aurifères; dont les terres fertiles, dans certaines parties, produisent quelques-uns des plus beaux fruits de l'univers; dont le climat fait l'orgueil des habitants et le plaisir des visiteurs.
Depuis 1864, lorsque le gouvernement de la petite île du Prince- Edouard avait précipité les divers problèmes de toutes les provinces dans un creuset commun, en proposant à la Nouvelle-Ecosse et au Nouveau-Brunswick de discuter une union maritime, il avait été en proie au trouble et à la perplexité. Ses délégués avaient participé à la Conférence à Québec, mais ils ne purent faire adopter les ‘ Soixantedouze Résolutions,” car la Législature, par un vote de vingt-trois contre cinq, déclara que le fait de joindre l'union serait ‘“ politiquement, commercialement et financièrement désastreux pour les droits et les intérêts du peuple de l’île.” Leur position était réellement singulière. Sans terres publiques, sans mines, sans forêts, ils n’avaient rien à ajouter à la faible allocation proposée par le gouvernement fédéral ; tandis que leur position d’insulaires devait, croyaient-ils, priver la province de toute part appréciable des dépenses fédérales pour chemins de fer, canaux et autres grands travaux publics pour lesquels ils seraient forcés de fournir leur juste proportion d'impôts. Ils devaient de plus être rejetés dans l'ombre, et leur position dans la Confédération devait, prétendaient-ils, être insignifiante et peu enviable.
Cependant, en 1873, l'abrogation du traité de réciprocité avait privé la province de ce qui avait été jusque là son meilleur marché, et avait presque ruiné sa grande industrie des pêcheries. L'épuisement
des forêts avait tué le commerce naguère prospère de la construction
des navires, et il avait surgi des complications de chemins de fer qui avaient endetté la province au-delà de ses moyens: d'un autre côté, l'insuccès des efforts tentés pour effectuer un changement dans le système d'affermage des terres dans l'île semblait indiquer que cette question vitale ne serait jamais réglée qu'au moyen de l'appui du gouvernement fédéral. Au commencement de l'année 1873, on fit en conséquence des ouvertures à Ottawa, et MM. KR. P. Haythorne et David Laird furent envoyés comme délégués afin d'essayer de conclure des arrangements. Après des discussions réitérées, les termes de l'union furent signés par Sir John A. Macdonald, l'honorable H. L. Langevin, l'honorable Joseph Howe et l'honorable Charles Tupper pour le Dominion, et par MM. Haythorne et Laird pour la province. Après une élection générale au cours de laauelle le peuple déclara que l'arrangement n'était pas satisfaisant il se produisit un changement de gouvernement local et MM. J. C. Pope, T. H. Haviland et G. W. Howlan furent envoyés à Ottawa pour obtenir de meilleures conditions. Ils les obtinrent enfin et le 1er juillet, 1873, la province entra dans la Confédération. La question épineuse des terres fut réglée par un Acte du parlement fédéral qui força les grands propriétaires à accepter un prix équitable fixé par des arbitres nommés par le gouvernement, les propriétaires et les tenanciers, respectivement—le prix d'achat étant payé au moyen de fonds alloués à la province en vertu des termes de la Confédération—et les terres furent revendues aux habitants au prix de revient et à des conditions faciles de paiement.
Tandis que l’expansion s’effectuait, les vastes régions non-organisées et à peine connues entre le Manitoba et les Montagnes Rocheuses, et entre les frontières des Etats-Unis et l'Océan Arctique, prenaient graduellement une forme constitutionelle et devenaient mieux connues. Le 12 avril, 1876, le Kiwatin, avec son étendue de 756,000 milles carrés, fut organisé en un district sous la juridiction
du lieutenant-gouverneur du Manitoba. Le 17 mai, 1882, l’Assiniboïa,
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LA CONFEDERATION SE COMPLETE ait
la Saskatchewan, l'Alberta et Athabasca, comprenant plus de 500,000 milles carrés en tout, furent constituées sous un lieutenant-gouverneur, avec Régina comme capitale et avec des institutions qui se dévelop. pèrent lentement jusqu'à ce que, en 1898, elles pussent être considérées comme autonomes, Un lieutenant-gouverneur avec Conseil nommé par la Couronne; un Conseil d'aviseurs de quatre membres choisis parmi une Assemblée élective de vingt-deux membres, un Con:seil Exécutif et un Assemblée Lévislative avec pouvoirs provinciaux complets, sauf la faculté d'emprunter de l'argent et de contrôler les terres de la Couronne ; le gouvernement responsable complet en 1898, telles étaient les diverses phases en voie d'évolution, M. F. W. G. Haultain fut la figure la plus en vue dans ce développement politique et est aujourd'hui (1900) le premier ministre d'une population qui augmente rapidement dans ce qui est appelé les Territoires du Nord- Ouest.
Vers le même temps, le 2 octobre 1895, une grande partie du lointain territoire du nord non encore organisé et comprenant plus d'un million de milles carrés avait été constituée en districts sous les noms de districts de Mackenzie, d'Ungava et de Franklin et placée sous le contrôle du gouvernement de Régina. En 1897, il y eut un nouveau changement et le district du Yukon fut créé et placé sous la même juridiction. A la suite des découvertes du métal précieux, la fièvre de l'or s'étant emparé des esprits, il fut jugé à propos de mettre cette région sous l'administration du gouvernement fédéral, ce qui fut fait le 13 juin 1898.
Jusque là, cette expansion constante du nouveau Dominion avait été couronnée d'un succès complet. Cette esquisse des événements réels offre l'unique moyen de juger du degré de tact politique et de. diplomatie qu'il a fallu déployer pour mener à bonne fin des négociations aussi variées et aussi continues. Mais il n’est pas difficile de lire entre les lignes et de voir combien d'inquiétudes, d’anxiétés et de
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travail la Confédération a coûté. Les troubles du Nord-Ouest, le problème des terres dans l'ile-jardin du golfe Saint-Laurent, les Sauvages, la question du chemin de fer dans l’ouest ne sont que quelques-unes des questions les plus importantes. Cependant sir John Macdonald avait des lieutenants très capables en Tupper et Tilley, Rose et Hincks, et Cartier, et bien que des erreurs aient été commises, il est bon d..-précier le travail et l'adresse de ceux qui ont édifié cette œuvre et mené à bonne fin cette expansion politique et constitutionnelle d’une importance majeure. MOUVEMENT SÉPARATISTE DANS LA NOUVELLE-ECOSSE
En 1868-60, il fallut faire face à une difficulté relative à l’une des provinces primitives de la Confédération. C'était le mouvement séparatiste dans la Nouvelle-Ecosse qui fut créé, guidé et contrôlé par Joseph Howe. Relié indirectement à cette agitation fut un événement qui se produisit le 7 avril 1868—lassassinat de D’Arcy MtcGee. Cet Irlandais éloquent qui ävait tant fait pour amener ses compatriotes à appuyer le principe fédéral et son application subséquente, et dont la carrière par la suite—à l'exception d’un seul cas— avait été toute de conciliation en politique et de courtoisie innée dans ses manières, venait de quitter la Chambre après avoir prononcé un brillant et patriotique discours touchant la nécessité de la patience et des bons procédés au sujet des affaires de la Nouvelle-Ecosse. Au moment où il entrait chez lui, un membre de la Fraternité Fénienne s'avança derrière lui et le tua d’un coup de feu. L’exception dont nous avons parlé avait été les Féniens ou’il détestait, dont il connaissait une grande partie les secrets et qui l'avaient fait assassiner. Des récompenses au montant de $20,000 furent offertes pour l’arrestation du meurtrier, et enfin, un nommé Whelan fut arrêté, condamné et pendu.
En même temps l’abrogation de l'Acte d'Union devint le mot d'ordre dans la Nouvelle-Ecosse, le cri de ralliement de Howe et