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COMMENT LE TRAITE FUT REÇU EN CANADA

Lorsque sir John arriva de Washington, il fut accueilli par une tempête de censures de la part des journaux oppositionnistes. On déclarait qu'il était à la fois un traître aux intérêts canadiens, un Judas Iscariote et un Benedict Arnold.

Le parlement ne devait pas se réunir avant le mois de février suivant, et pendant près d'un an, le premier ministre endura en silence toutes ces invectives. Naturellement, ni le peuple en général, ni l’opposition, ni ses propres partisans ne savaient ou ne surent jamais, la vérité au sujet de la Commission. La conduite de celle-ci ne fut découverte qu'après sa mort pour étre revélée à une autre génération. Un autre homme n’eut pu surmonter la situation, mais la personnalité de sir John, sa popularité, et le sens de l’inévitable firent adopter le traité par le parlement au printemps de 1872. Le discours prononcé par le premier ministre reste mémorable par une éloquence dont cet homme éminent n'était pas coutumier, et par un degré de sincérité et de vigueur qui fit adopter la deuxième délibération par un vote de 121 contre 55. Son principal argument consistait dans le fait que bien que

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le Canada fit quelque sacrifices en acceptant cet arrangement, il les faisait dans l'intérêt de l'Empire et de ses futures relations amicales avec les Etats-Unis.

Dans les élections qui eurent lieu quelque temps après, il fut beaucoup question du traité qui fournit la principale base d'attaque contre le gouvernement. ‘“ J'ai été obligé,” écrivait sir John, à lord Monk, le gouverneur-général, “ de faire une lutte très difficile et très chaude dans Ontario. Je n'ai jamais travaillé aussi fort auparavant, et je ne travaillerai jamais aussi fort, mais j'étais convaincu que c'était nécessaire pour cette fois. Je ne voulais pas que le pays rendît un verdict contre le traité.” Il gagna les élections, mais il crut toujours qu'un profond mécontentement resté chez le peuple avait largement contribué à sa defaite lors des élections de 1874. Cependant le traité était devenu un fait historique, les troubles de l’ÆA/abama avaient été

réglés, les pêcheries devaient durant un certain nombre d'années

cesser d’être une cause d'irritation internationale, la crainte d'un confit sur les frontières de la Colombie-Britannique était éliminée, et les relations du passé entre l'empire et la république et durant la guerre civile étaient soumises à l'influence calmante du temps et de

l'oubli partiel.

N pays qui prend de la consistance et qui progresse ne le fait pas toujours apercevoir à la surface des choses ni dans les discussions et réglements de ce que l’on nomme les grandes

questions publics. Ces dernières indiquent au dehors le développe ment qui s'opère à l'intérieur et sont utiles aussi comme moyen de former l'éducation du peuple, ou encore pour se rendre compte de l'influence populaire sur les politiciens. Ceci est particulièrement juste à propos des premières années du fonctionnement de la -onstitution

de 1867.

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