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au comité de sir George Cartier, à Montréal—où il livra une bataille très chaude dans un collège électoral très douteux, contre l'avis de sir John, et où il fut battu; #45,000 à sir John lui-même pour ses dépenses d'élection dans l'Ontario ; et $32,600 à M. H. L. Langevin pour dépenses d'élections dans Québec. Tels sont les détails de l'affaire dans toute leur nudité, et ils ne sont certainement pas édifiants. Entourez ces détails de l’animosité ordinaire des luttes de partis ; ajoutez-y les soupçons résultant des discussions relatives à l'octroi d'une charte et à la formation de compagnies ; mêlez à tout cela les assertions non-appuyées des capitalistes déçus et des politiciens défaits, et le résultat est encore plis désagréable.
Cependant, le temps et la justice de l'histoire rétrospective ont jeté une forte lumière sur ces ombres épaisses et débarrassé la situation d'une grande partie de ce qui paraissait d’abord inexcusable. Sir Hugh Allan était un homme qu’il eut été tout naturel devoir lié à une entreprise telle que le chemin de fer Pacifique Canadien, tant à l'égard des aptitudes qu’à cause de sa position financière. Il était et avait toujours été conservateur, et il parait qu'il avait donné presque aussi libéralemert aux fonds de son parti dans une élection précédente que dans celle de 1872. Ses vastes intérêts dans le commerce de transport dépendaient en très grande partie pour leur succès
du programme progressif du gouvernement, et cela seul l’eut porté à
souscrire au fonds électoral en dehors de la question de la charte et du C. P. R. Il contrôlait virtuellement le commerce de transport des passagers et des marchandises du Canada en Europe par l'entremise de la compagnie des vapeurs océaniques de Montréal, et il tenait à défendre ce commerce contre une ligne océanique projetée sous les auspices du chemin de fer du Grand-Tronc. En consé. quence, il avait acheté, ou désiré ou obtenu le contrôle des chemins de fer de Toronto à Québec—notamment le chemin de fer de la rive Nord, et de la Colonisation-du-Nord. S'il pouvait obtenir l’aide
politique et la coopération de sir George Cartier dans ses projets, cela influerait beaucoup sur la législature de Québec et lui permettrait probablement de résister aux efforts du Grand-Tronc pour s'emparer de ce trafic océanique au moyen d’une ligne rivale. Il s'ensuit donc
que cette souscription de #162,000 au fonds électoral, aurait pu être obtenu par Cartier sans qu'il fut question du chemin de fer Pacifique Canadien.
En même temps, l'élection se poursuivait. Sir John Macdonald ne savait rien des sommes immenses qui étaient obtenues personnellement par sir George Cartier pour ce qu'il considérait comme la “folle” lutte électorale de Montréal, et il n’est pas difficile de comprendre sa demande réitérée d'argent durant la lutte difficile qu’il livrait dans Ontario. Au milieu de cette lutte, le 30 juillet, il reçut une lettre de sir Hugh Allan, disant qu'il avait conclu un arrangement avec Cartier en vertu duquel la construction du chemin de fer avait été promise à sa compagnie si les tentatives de fusionnement échouaient. Sans un seul moment d’hésitation, sir John télégraphia pour répudier toute l'affaire et déclara explicitement que Cartier n'était pas autorisé à faire un arrangement de cette nature. D'ailleurs comme le premier ministre l’expliqua plus tard,* sir Hugh avait souscrit au fonds du parti, les montants indiqués ailleurs “bien que le gouvernement, par mon entremise, lui eut positivement donné à entendre que le chemin ne serait pas donné à sa compagnie, mais seulement à une compagnie fusionnée.”
Ceci dut être un rude coup pour le financier ambitieux, mais d'un autre côté il devait considérer le danger très réel pour tout le projet et pour ses intérêts généraux de transport si le gouvernement était battu. Evidemment comme homme d'affaires il calculait ses chances et résolut d'appuyer de tout son pouvoir ie parti conservateur.
* Lettre particulière à Lord Dufferin, expliquant la situation, écrite le 9 octobre 1873, et rendue publique seulement en 1894.
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C'était un cas de sympathie et d'intérêt tout à la fois. Il n'ya aucun doute, d’ailleurs, que Cartier avait engagé le gouvernement beaucoup plus que sir John Macdonald n’en avait eu l’idée, et la répudiation de ce dernier au sujet de la convention écrite semble n'avoir eu que peu d'effet. La raison de la conduite extraordinaire de Cartier dans toute cette affaire, n'était connue alors que de très peu de personnes, et le public ne la connut jamais. Dans la communication confidentielle à lord Dufferin déjà citée, sir John dit: ‘“ Ce ne fut qu'après sa mort (20 mai 1873) et lorsque la preuve fut produite, que ses collègues apprirent sa conduite insensée. Comme je l'ai déjà dit, cela indiquait trop clairement que son esprit était affaibli autant que son corps. Naturellement, je ne puis dire cela qu’à vous, vu que je préfèrerais subir n'importe quelle conséquence plutôt que de discréditer sa mémoire devant le public, ou dire quelque chose qui put avoir même l'apparence d’une tentative ayant pour but de rejeter sur lui le blâme qui pourrait s'attacher à ces transactions, vu qu’il n’est plus là pour se défendre.”
Il expliquait ensuite que ni lui, ni aucune membre de gouvernement, n’avait le moindre connaissance de la situation créée par Cartier à Montréal. Il parle aussi du fait qu’il fallait de l'argent pour les dépenses légitimes d’une élection; que malheureusement au Canada, il n'y a pas de club Carlton, pour conduire la partie financière d’une campagne ; qu’il faut collecter de l'argent pour ces fins, et que dans les circonstances existantes cet argent doit passer plus ou moins par les mains des ministres. Il aurait pu ajouter que personne, même en ces jours d'accusation féroces, ne l'avait jamais accusé, ni lui, ni ses collègues, d’avoir bénéficié personnellement des deniers ainsi reçus, et l’on peut ajouter ici, à son grand honneur, que jusqu’à sa mort, sir John Macdonald ne prononça pas un seul mot de reproche ni d’insinuation touchant la conduite de sir George Cartier. La longue amitié de ce dernier et sa coopération avec sir John, dans son désir sincère
de travailler pour le Canada, méritaient cela. Mais cet incident n’en est pas moins une preuve durable de la fidélité personnelle et de l'honneur d’un chef canadien dans des circonstances très difficiles.
Si regrettable que fut tout cet épisode, si nuisible qu'il fut à la position et aux perspectives de tous ceux qui y furent concernés, et à la bonne renommée de la politique canadienne, il n’en est pas moins raisonnable de dire que la condamnation nationale qui s'ensuivit, fut un châtiment suffisant pour les chefs conservateurs et que sir John est sorti de cette épreuve beaucoup plus net politiquement et beaucoup mieux personnellement que ses partisans les plus enthousiastes du temps ne l'avaient espéré. On a écrit beaucoup de non-sens à ce sujet. On a besoin d'argent dans les élections, et il faut en obtenir. Il n'y avait pas de conservateur aussi riche et aussi disponible que sir Hugh Allan et, à moins qu’il n'eut l'intention d’acheter la charte par ce moyen, sa souscription ne constituait pas une œuvre de corruption dans la politique fédérale. On ne saurait, cependant, en dire autant de ce qu'il attendait de sir George Cartier dans la province de Québec. La malheureuse maladie mentale et physique de Cartier à cette époque, est peut-être une excuse suffisante pour lui et il est également visible que sir John Macdonald n'était pas réellement responsable des bévues de son collègue, bien qu'il en ait assumé toute la responsabilité. D'un autre côté, sa répudiation immédiate de la promesse de Cartier et le refus de la part du gouvernement de soutenir les prétentions d’Allan à la présidence de la compagnie fusionnée après les élections, le mettent à l'abri de tout soupçon personnel.
Dans l'intervalle, une commission royale avait été nommée le 13 août pour remplacer le comité spécial devenu inutile. Elle était composée de trois juges biens connus—l’hon. Charles Dewey Day, l’hon. Antoine Polette, et l’hon. James Robert Gowan. Ils présentèrent un rapport au gouverneur-général, le 17 octobre, contenant. un
sommaire de la preuve entendue sous serment, et Son Excellence
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