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CHANGEMENT DE TARIF

Le tarif fut placé d'abord au taux uniforme de 15 par 100 sur toutes les marchandises entrant dans la confédération, autrement dit réduction de 5 par 100 sur le tarif des Canadas-Unis, d’après le système de M. Galt; ce taux suffit, durant un certain temps, pour empêcher l’envahissement de notre marché par les manufactures américaines, sans toutefois nous donner assez de protection pour encourager nos propres industries. Cela nous permettait de conserver simplement notre position, de 1867 à 1873, sous le premier gouvernement de sir John Macdonald.

Le pourquoi de cette situation, de même que des changements qui se produisirent vers 1872, c'est que toutes les forces naturelles et les moyens de rénovations que possédaient les Etats-Unis au cours des six ou sept années qui suivirent leur guerre civile, se trouvèrent absorbés par les besoins de la population, nord et sud, tant dans

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l'agriculture que l’industrie. Notre modeste tarif pouvait alors couper court à la concurrence, de concert avec notre mince fabrication encore à l’état d'enfance, Aux élections de 1872 on ne faisait pas mystère de la nécessité d'élever les droits, et bien que l'orage du “scandale du Pacifique Canadien éclatât et fracassât le ministère — qui avait réussi aux polls—la nécessité fut acceptée par son successeur libéral, et le tarif fut augmenté à 17% pro centum. Le gouvernement en resta là, cependant, et ni la persuasion, ni le nuage de mécontentement qui se levait à l'horizon à mesure que les années s'écoulaient ne purent amener le gouvernement à accepter la protection pure et simple. Les fabricants américains avaient repris vigueur dans l'intervalle. Ce fut d'abord pour eux la prospérité puis la surproduction. Ils avaient fourni leurs propres marchés, et il leur fallait d'autres mondes à conquérir ; le champ le plus près et le plus exposé était le Canada.

Entre 1873 et 1878, leurs marchandises affluèrent à travers la frontière et réduisirent les prix au-dessous de ce que les petites compagnies canadiennes avec leurs capitaux, leur production et leurs marchés limités, devaient exiger. Puis, après la chute de l’industrie locale, les prix furent augmentés de nouveau et les maisons américaines maintenaient le marché qu'’eiles avaient conquis et sur lequel elles s'étaient étabiies en toute sécurité. Cela se produisait dans tout le pays, et le cultivateur lui-même commença à souffrir de l'affluence des blés et autres produits alimentaires américains. De tous côtés venaient des demanc2:s d'un changement de politique, mais M. Mackenzie et sir Richard Cartwright son ministre des finances, restaient fermes dans leur opinion que, alors qu'un tarif devait dans les circonstances être imposé pour le revenu et à des taux uniformes sur toutes les sortes de marchandises importées dans le pays,

il était imprudent, rétrograde et nuisible de choisir certaines industries

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pour leur accorder un protection spéciale. Et le gouvernement ne devait à leurs avis nourrir aucune industrie particulière dans le pays.

Cependant, sir John Macdonald ne tarda pas à voir non seulement le sentiment naissant chez le peuple et l'occasion que cela lui offrait, mais aussi, on peut certainement le croire, la possibilité de rendre service au public. Chez lui la pratique était toujours supérieure à la théorie, et les besoins virtuels du moment plus importants que les divagations des économistes. Et il n'était pas inconséquent comme ses adversaires l'ont souvent prétendu. Il avait appuyé le programme protecteur de Galt dans l’ancienne Assemblée du Canada de 1858-59 et s'était prononcé en faveur de l’aide accordée aux industries locales, à Hamilton en 1861, et ailleurs plus tard. En 1876, la question était mûre, Une commission chargée de s’enquérir de l’état existant des affaires avait été nommée et, sous la présidence de M. David Mills, présenta un rapport académique admettant la rigueur du marché financier et la dépression industrielle mais condamnant l'adoption de la procection comme remède en prétendant que ce système diminuerait la consommation des produits étrangers, diminuerait le revenu de $9,000,000, augmenterait le prix des produits fabriqués dans le pays, imposerait une forte taxe au consommateur, et qu'en somme cela équivalait à proposer de soulager la détresse au moyen d’une nouvelle répartition de la pauvreté.

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