SIR JOHN MACDONALD ABORDE LA QUESTION
Sir John Macdonald et les conservateurs relevèrent le gant qui venait de leur être jeté; de fait, ils avaient prévenu ce défi par la motion suivante présentée à la Chambre le 10 mars par le chef tory :
“Que cette Chambre regrette que l’on n'ait pas avisé Son Excellence le Gouverneur-Général de recommander au parlement une mesure pour le réajustement du tarif qui non-seulement serait d'un
grand secours pour diminuer la stagnation des affaires, mais offrirait
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de plus aux industries et aux manufactures qui luttent pour l'existence, ainsi qu'aux produits agricoles du pays, un encouragement et une protection raisonnable.”
Naturellement, la proposition fut rejetée par la majorité du gouvernement, mais la question était clairement présentée, et elie le fut encore davantage, si c’est possible, par des résolutions subséquentes dont la plus importante est celle du 7 mars, 1877. Il fut proposé par sir Johnet déclaré que ‘le bien-être du Canada exige l'adoption
d'une politique nationale, laquelle, par un judicieux réajustement du :
tarif favorisera et protégera les intérêts agricoles, miniers, manufacturiers et autres du Canada.” ù
Cette motion fut rejetée par une majorité de quarante-neuf, puis le docteur George Orton proposa une résolution déclarant que l’adoption d’un pareil programme retiendrait le peuple au Canada et diminuerait |’ émigration croissante vers les Etats-Unis ; qu’elle rendrait la prospérité aux industries qui en Canada, luttaient alors pour leur propre conservation, empêcherait le Canada de continuer à être plus longtemps le marché à sacrifices pour les produits américains, encouragerait le commerce entre les provinces, et en s’acheminant vers la réciprocité de tarif avec les Etats-Unis, contribuerait à nous procurer plus tard la réciprocité de commerce. Cette motion, qui fut rejetée par 114 voix contre 77, servit de base principale à la lutte des élections suivantes.
En attendant, les affaires allaient de mal en pis au point de vue commercial et financier. Quelle que fut la valeur du marché américain, il était absolument fermé aux produits canadiens en ce qui concerne la plupart des productions les plus importantes tandis que les manufacturiers et producteurs américains avaient leurs coudées franches dans tout le Dominion. Le blé, le seigle, l'orge, le maïs, la farine de blé, la farine d'avoine, la houille, le sel, la laine, le fer en gueuse, les rails de fer et d'acier, les briques et la filasse venant des