ACTIONS PERSONNELLES ET CONFIANCE PUBLIQUE
Deux faits se détachent nettement de la confusion des dires au sujet de la politique fiscale : on pouvait se les passer dans les deux camps où l’on parlait de la restauration de la confiance publique et privée dans les enterprises financières, ainsi que de l'implantation du sentiment national—ce qui a rendu possiblela construction du cheminde fer du Pacifique Canadien. En l'absence de ces deux facteurs, l'action personnelle et la confiance publique, jamais les revenus, le crédit, l'opinion du pays n'auraient pu rendre exécutable une aussi gigan-
tesque entreprise.
Sir John Macdonald avait tenté en 1873 d'agir à l'aide de compagnies privées de capit: listes et il était tombé du pouvoir au milieu d’un tourbillon obscur de scandales et de calomnies. Le gouvernement
de M. Mackenzie s'était efforcé de faire honneur au pacte intervenu
TP
avec la Colombie Britannique lorsque cette province était entrée dans la confédération en 1872 sur la promesse que l'on construirait une voie ferrée à travers les grandes prairies et la mer de montagnes qui la séparait du reste du Canada. Il avait adopté un plan d'ouvrage gradué et économique, en vertu duquel le gouvernement accorda d°s contrats pour des tronçons de routes entre les nappes d'eau et sur les parcours terrestres les plus faciles. Il n'y avait pas de continuité dans l'œuvre et le système n'offrait rien de complet. Les portions difficiles de l'entreprise, telles que le chemin sur le côté nord du lac Supérieur et dans les Montagnes-Rocheuses, furent aisément remises à plus tard avec l'entente que les lacs intervenants seraient utilisés comme sections navigables de toute la ligne, au lieu de placer celle-ci le long de ces espaces aquatiques. Lorsque sir John Macdonald reprit le pouvoir, en 1878, il trouva ces fragments solitaires de voies ferrées, dispersées ici et là, en partie terminés, mais sans lien entre eux ni connexion d'aucune utilité pratique.