CHAPITRE XXIII
Le Nord-Ouest et la Rebellion de 1885
L est intéressart de voir combien souvent dans l’histoire le bien | semble sortir du mal. Cette vérité n’est nulle part plus souvent démontrée que dans le résultat des guerres —que celles-ci soient plus ou moins importantes en elles-mêmes. Assurément, on ne pouvait distinguer que du mal, en 1885, dans la prise d'armes des métis et des sauvages des vastes prairies du Nord-Ouest en songeant aux occasions de piliage et de massacre que facilite une pareille situation. Néanmoins, il sortit de là un sentiment d'unité parmi les habitants des provinces canadiennes, encore séparées par la distance et que l'on n'avait guères conçu jusque là. Du même coup, le spectacle des volontaires marchant depuis Halifax jusqu'au Grand Ouest, combattant les uns à côté des autres pour la confédération, donna du corps et de la permanence à l’idée Canadienne qui aurait pu passer autrement pour un enthousiasme temporaire.