‹ Histoire populaire du Canada [microforme]Chapitre 217 sur 289 · CHARLES G. D. ROBERTS · texte numérisé non relu

CHARLES G. D. ROBERTS

ARCHIBALD LAMPMAN

semblable à celle qu'il avait eue au milieu des paysans du fort Garry— à présent la capitale d'un monde nouveau.

En 1884, son bannissement étant fini, il reparut dans les limites des territoires et sembla se résigner à vivre paisiblement, Les soupçons des autorités à Ottawa furent endormis pour la plupart, bien qu'il existât encore une sorte de controverse entre elles et les métis. Ces derniers avaient plusieurs motifs de mécontentement dont le principal était probablement la marche envahissante des blancs au centre des régions sauvages jusque là réservées aux seuls amateurs de la grand chasse, aux ruses du coureur de bois et du trappeur, à la vie libre du métis chasseur. Le sifflet des locomotives avait retenti dans les profondeurs du désert et le buffle, décimé par une poursuite insensée, disparaissait du pays où il avait été la source réelle de la vie pour les sauvages et les métis.

COLONS BLANCS DESAPPOINTES

En sus, il y avait le désappointment des colons blancs, éparpillés jusqu'au nord où l’on s'attendait à voir passer le chemin de fer du Pacifique et qui comptaient là dessus pour s'enrichir facilement : et aussi l'irritation des métis des territoires au sujet de certains réglements concernant les terres de l'administration fédérale. Ils demandaient à être mis sur le même pied que les métis de Manitoba qui recevaient chacun 240 acres de terres et un titre de propriété. Ils ne voulaient pas de la méthode officielle d'arpentage et d'octroi de terre et réclamaient le droit de suivre la coutume immémoriale des habrtants français qui est de placer la tête de leurs fermes sur le bord de la rivière en étendant la propriété sur une étroite lisière dans la profondeur.

En septembre 1884 une assemblée de métis eut lieu à Saint- Laurent, colonie de la Saskatchewan : un bill de Droits ou pétition concernant les griefs, fut dressé demandant la subdivision des territoires

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du Nord-Ouest en provinces avec égalité de traitement avec les Métis du Manitoba ; des patentes devant être accordées aux colons en possession réelle des terres; la vente de 500,000 acres de terres fédérales et la dépense du produit pour les écoles métisses, les hôpitaux et autres institutions semblables et pour grains de semence et instruments agricoles destinés aux gens les plus pauvres; la réserve de cent cantons de terres de savanes pour être distribuées parmi les enfants des Métis durant les 120 ans à venir; le maintien des institutions locales et un traitement plus généreux de leurs amis, voisins et parents indiens.

Dans l'intervalle le gouvernement avait nommé une commission pour s’enquérir des réclinations des Métis, et cette mesure semble démontrer que, quelque lenteur que l’on ait mis à s'occuper du sujet, il n’y avait pas indifférence sérieuse envers les besoins de cette grande partie de la population du Nord-Ouest et qu'un peu de patience aurait pu arranger toute l'affaire. Les autorités fédérales déclaraient de plus, relativement aux deux griefs dont on se plaignait, qu'il était réellement au pouvoir de n'importe quel Métis y ayant droit d'obtenir une patente de sa terre au moyen de la procédure légale ordinaire et que les réclamations présentées pour un réglement semblable à celui du Manitoba provenaient des hommes mêmes avec lesquels on avait réglé en 1870. Mais Riel voulait un soulèvement et tout prétexte lui était bon. On prend qu'il avait les conseils et l’aide morale —mais non l’aide armée--de divers individus qui n'étaient ni Métis ni Indiens et qui, sans aucun doute, ont contribué à ce procédé d'aveuglement de soi-même dont il s'était déjà montré un adepte. Des entrepreneurs blancs, deçus dans leurs espérances, des accapareurs de terres du même acabit, eurent, dans certains cas, quelque chose à faire avec le mouvement. Ils n'avaient rien à perdre dans les troubles qui devaient en résulter et que des pessimistes avaient prédits longtemps d'avance,

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Le 22 mars 1885, le gouvernement fut informé que les murmures séditieux presque imperceptibles dégénéraient en violence ouverte et que Riel, avec quarante hommes, avait saisi les sacs de malles et les chevaux du postillon à un endroit nommé le lac au Canard. Cet endroit n'était pas éloigné de Prince Albert et du Fort Carlton, où se trouvaient de petits détachements de la gendarmerie à cheval du Nord-Ouest et était à mi-chemin entre deux fortes Réserves indiennes —-avec plusieurs villages métis peu éloignés. C'était à environ 300 milles de la ligne du Pacifique Canadien. Ce fut un moment d'anxiété. Disséminés sur des fermes ou des ranches isolés, ou dans de faibles colonies par toute la vaste étendue des Territoires se trouvaient un grand nombre de blancs. Autour d’eux et parmi eux se trouvaient non-seulement des chasseurs métis errants et quelques villages métis, mais des milliers de tribus indiennes. Si celles-ci se levaient en armesil y aurait des boucheries et des souffrances horribles parmi la population blanche. Les 500 gendarmes à cheval cantonnés dans de petits détachements à des endroits éloignés les uns des autres, n'auraient pu

être que de peu d'utilité pour protéger la vie des citoyens advenant un soulèvement général.

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