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MESURES PRISES POUR REPRIMER LA REBELLION

L'action du gouvernement fut prompte. Le lendemain du jour où il avait reçu la nouvelle de la mesure prise par Riel, le commandant de la milice se rendait à Winnipeg après une longue entrevue avec M. À. P. Caron, le ministre de la Milice et de la Défense; et quelques jours après 3,300 officiers et soldats avaient été appelés en service actif et étaient en route pour le Nord-Ouest. Avec environ 1,600 officiers et soldats qui vinrent du Manitoba et du Nord-Ouest, y com. pris la gendarmerie à cheval, l'effectif total sous le commandement du général Middleton dépassa bientôt 5,400 hommes.* Plusieurs autres

* Les chiffres officiels sont de 5,450.

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milliers voulaient y aller et la nouvelle qui arriva bientôt que le 28 mars, le major Crozier, avec 100 hommes de la gendarmerie à cheval était venu en collision avec Riel au lac au Canard et avait été forcé de se retirer laissant ses morts sur le champ de bataille électrisa tout le Dominion.

Les meilleurs régiments de la milice et la majeure partie du petit effectif régulier ou permanent du Canada étaient en même temps envoyés en rvant. L’artillerie permanente du Canada, avec ses batteries de Québec et de Kingston : les Queen's Own et les Grenadiers Royaux de Toronto sous le commandement du lieutenant-colonel W. D. Otter; le bataillon du Midland, un superbe régiment mixte sous les ordres du lieutenant-colonel A. T. H. Williams, M. P. ;: le bataillon d’York et de Simcoe, sous le lieutenant-colonel W. E. O’Brien, M. P.; la garde-du-corps du gouverneur-général de Toronto sous le lieutenant-colonel G. T. Denison ; les 65ième et gième bataillons de Montréal (Canadiens-français) sous les lieutenants-colonels Ouimet et Amyot repectivement ; le bataillon provisoire de Halifax, sous le lieutenant-colonel Bremner ; l'artillerie de garnison de Montréal, sous le lieutenant-colonel W. R. Oswald ; le corps de l’école d'infanterie de Toronto, la garde à pied du gouverneur-général à Ottawa, le 7ième battaillon de London et le corps de l’école de cavalerie de Québec furent les principaux régiments ou, dans quelques cas, les parties de régiments qui furent envoyés en toute hâte au siège de la révolte.

Au Manitoba et dans les Territoires, des troupes très utiles furent acceptées pour le service immédiat: Winnipeg fournit une batterie de campagne, un escadron de cavalerie, un bataillon d'infaiterie légère sous le lieutenant-colonel Osborne Smith, le goième carabiniers, sous le lieutenant-colonel McKeand et le batallion d'infanterie de Winnipeg sous le lieutenant-colonel Thomas Scott, M. P. Les Territoires fournirent les Eclaireurs de Boulton, un brave petit corps de cavaliers de cent hommes sous les ordres du major (plus tard

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sénateur) C. A. Boulton, les Eclaireurs des A. T. F. de Qu'Appelle, les Eclaireurs de la Montagne à l’Orignal, les Rocky Mountain Rangers de Calgary, les Eclaireurs de French, des Territoires, et la compaynie des Carabiniers de Battleford.

Les troupes d'Ontario, de Québec et de la Nouvelle-Ecosse durent faire un trajet fatigant et ennuyeux pour traverser les grandes brêches qui existaient encore dans le Pacifique Canadien à l’est de Port-Arthur. Le gouvernement des Etats-Unis ne voulant pas permettre à une troupe armée de passer sur son territoire, il fallut, comme lors du soulèvement précédent de 1870, endurer beaucoup de misères et même de souffrances. Nous empruntons le tableau suivant des cruelles épreuves de cette période au rapport officiel du lieutenantcolonel C. E. Montizambert, de l'artillerie, rapport dont voici un extrait :

“ Environ 400 miles * * * * durent être traversés en ayant recours au procédé constamment varié qui consistait à embarquer et à débarquer les canons et le matériel dans les wagons plats ou dans les traîneaux de campagne et vice versa. Il y a eu seize opérations de cette nature au froid et dans la neige profonde. En partant de l'extrémité occidentale de la voie, la nuit du 30 mars, on trouva des chemins si mauvais qu'il fallut dix-sept heures pour transporter les canons au camp Magpie (distance de 30 milles). De là nous avons marché et parcouru en attelages de traîneaux une distance de 23 milles : sur des wagons plats, découverts et ouverts, avec le thermomètre à cigante degrés au-dessous de zéro. Huron Bay, Port Munro, McKellar's Bay, Jackfish, Isbister, McKay's Harbour furent dépassés en wagons plats alternatifs de construction ; et en faisant en voitures le tour de la rive nord du lac Supérieur, nous atteignimes Nipegon le soir du 3 avril Les hommes n'avaient pas dormi depuis quatre jours et quatre nuits,”

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500 Li NORD-OUEST ET LA REBELLION DE 1885

Mais ces misères de la campagne et bien d’autres furent endurées gaiement par les hommes qui, dans bien des cas, n'avaient jamais su ce que le mot privations voulait dire, qui avaient vécu dans des foyers somptueux ou du moins entourés de beaucoup de confort. Toutes les classes étaient représentées parmi les solüats. Des gradués des collèges, des commis à l'apparence délicate, de robustes fils de cultivateurs, des hommes indépendants de fortune et de position-—tous animés du même désir de réprimer l'insurrection sur le sol canadien et de protéger les foyers des citoyens canadiens. Ainsi qu'on a pu le voir par le rapport du colonel Montizambert, la saison de l’année était très défavorable à une campagne active. Autcur des rives septentrionales du lac Supérieur, le froid était intense et plus loin vers l’ouest la froide hunridité des premiers jours du printemps pénétrait tout, même lorsque le froid réel n'était pas considérable. Les moyens de transport étaient nécessairement insuffisants pour un effectif qui avait été appelé sous les armes, équippé et transporté à 1,000 milles en quelques jours. Heureusement, la compagnie de la Baie d'Hudson, avec ses vastes ressources et sa connaissance du pays, rendit des services signalés sous la direction du major Bedson, le principal officier de transport du général.

On n'aurait pu trouver un meilleur commandant pour cette brave petite armée de volontaires que le major-général F. D. Middleton. Avec des états de service attestant sa bravoure en Australie, dans la Nouvelle-Zélande, et aux Indes durant la mutinerie—alors qu'il avait été recommandé pour la croix de Victoria, mais en avait été privé par le fait technique qu'il avait fait partie de l'état-major personnel du général—et ayant fait des travaux d'organisation à Malte, à Gibraltar et à Sandhurst, il était d'un caractère trop noble pour désirer la victoire au prix du sacrifice de ses hommes, ou pour s’efforcer témérairement de se créer une réputation en précipitant ses opérations, C'était un officier hardi, bienveillant, prudent et orave qui

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