‹ Histoire populaire du Canada [microforme]Chapitre 265 sur 289 · SR SE ER · texte numérisé non relu

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conformément aux sentiments héréditaires de la majorité, n'était pas en soi injuste en pratique ni despotique en principe. La résistance de cette caste aux innovations et à la démocratie était naturelle et probablement sage à une époque où ces choses signifiaient les idées

américaines et les dangers de la propagande américaine chez une popu-

lation faible et peu nombreuse. La domination de quelques familles

notables possédant l'expérience et le savoir aux temps des colons disséminés, des foyers isolés et de la pauvreté générale, était en soi un avantage. Dans le Bas-Canada, les colons anglais étaient la seule classe rompue au gouvernement autonome qui avait été accordé dans une mesure aussi large que l'on avait cru pouvoir l’accorder sans s'écarter des règles de la prudence et de la sagesse et qui était réellement trop large pour les conditions où l'on se trouvait. Ils formaient le seul élément, en dehors de quelques seigneurs, qui fut réellement apte à l’administration de la justice et à la confection de lois impartiales—comme le prouvent clairement les aventures subséquentes de l'Assemblée francaise.

De plus, si ce gouvernement de caste de 1800 était égoïste sous certains rapports, il ne l’était pas plus qu'un gouvernement de parti le serait en 1900. S'il choisissait ses associés parmi ses parents et ses amis, et s’il faisait les nominations à leur profit, ce crime n'était pas plus grave que celui de tout gouvernement canadien existant cent ans plus tard. S'il combattait avec vigueur et sincérité, dans toutes les provinces, pour les institutions britanniques telles qu’on les comprenait alors et pour le lien colonial qu'il regardait du même œil que l'enfant regarde sa mère, quel est celui qui, en 1900, peut lui jeter la pierre? Le torysme de 1800 avait ses fautes et il a commis des bévues, mais si nous le jugeons en tenant compte de son entourage primitif et de ses ressources limitées, nous devons en conclure que ces résultats

n'étaient pas plus sérieux dans leur gravité ou leurs conséquences

que les fautes et les bévues de la démocratie de 1900. Et entre les deux il y a cent ans de luttes et d'évolution, de richesse croissante et d'augmentation de l'intelligence populaire.

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