BATAILLE DE PAARDEBERG, SUD-AFRICAIN
ouvernement Canadien pour cet exploit
La reine adressa ses remerciements au 8
Les troupes canadiennes traversent la rivière Modder, à gauche.
ou française, avec un fort élément national indépendant—à mesure que les années avançaient vers la seconde moitié du siècle—de quelque chose qui était purement américain de type et de manière. En 1900, la question de savoir lequel de ces éléments prédomine dans l'ordre de choses compris dans le nom canadien est presque douteuse. Il y a un sentiment canadien très fortement prononcé chez le peuple, et ce sentiment a presque surmonté et détruit chez les politiciens et les chefs les tendances étrangères d'opinion qualifiées de françaises, anglaises ou américaines. En même temps, le gros de la population est britannique dans sa loyauté et devient de plus en plus impérialiste dans ses opinions—un sentiment dont les nuances s’accusent depuis la passiveté de Québec jusqu'à l'enthousiasme de Toronto, de Victoria et de Halifax. L’instruction de la population est devenue nominalement une instruction locale. Elle émane surtout des universités locales et, en politique, elle s'adapte aux sentiments locaux. Mais la tendance générale a été de rendre cette instruction américaine de style et caractère. Les universités canadiennes sont fortement affectées par les influences américaines, comme du reste, tout le système d'éducation du pays. Le type de la presse est américain et sous le rapport de l'administration, tout-à-fait contraire au type anglais. La politique fédérale tient le milieu entre les systèmes opposés de la Grande-Bretagne et des Etats-Unis. L'éloquence, le style et les manières de nos hommes publics sont essentiellement américains et le caractère social de notre peuple se rapproche plus de ce type que de tout autre.
Les chefs canadiens de la dernière moitié du siècle ont été d’un type très différent de celui de leurs congénères au cœur de l'empire. Peu d’entre eux ont eu l'instruction même des gentlemen de l’ancien temps tels que Robinson ou Sewell. Nul d’entre eux n’a fait preuve des talents variés si communs parmi les hommes d'Etat de la Grande- Bretagne où un Salisbury se consacre à la science, où un Rosebery a
écrit l’un des petits livres les plus éloquents du siècle, où un Balfour s'est rendu célèbre comme écrivain philosophique et où un Gladstone s'est distingué par des succès remportés dans des champs d'action presque innombrables. La manque de temps et le fait d’être obligé de gagner leur vie lorsqu'ils ne sont pas en fonctions, outre le fait qu'ils ne reçoivent que des traitements modiques lorsqu'ils sont en fonctions, sont les vraies raisons de cet état de choses. En Angleterre, c’est une affaire d’occurrence journalière que de voir un des principaux hommes publics traiter à fond, et avec une érudition évidente, les questions de littérature, d'art, de sociologie, de philosophie et des progrès, ou autrement, de tous les éléments variés d'une civilisation complexe. Le Canada n’a pas encore atteint ce niveau, bien qu'il ne manque pas d'indices, à la fin de ce siècle, que le Dominion grandit à l'égard de l'instruction comme sous les autres rapports. Et même aujourd'hui le genre de ses hommes publics est de beaucoup supérieur à la position occupée par les chefs australasiens.
Sous d’autres rapports, les chefs canadiens diffèrent de ceux d'autrefois. Malgré leurs horizons pius larges et la question impéri que le Dominion a récemment abordée, leurs conceptio! encore quelque peu étroites, tandis que la nécessité de c« ei races et les religions rivales a développé un opportunisme extrên Cette dernière qualité leur est venue en partie des Etats-Unis; en partie de la nature singulière de la démocratie mixte canadienne; en partie du brillant exemple dans les détails et la méthode, quoique pas réellement dans les principes, donné par sir John Macdonald. La pratique britannique consistant à avoir certaines convictions politiques, au pouvoir et hors du pouvoir, et à renoncer volontairement au pouvoir s’il arrive quelque chose de nature à changer ces convictions, n’a pas encore prévalu au Canada dans une mesure un tant soit peu générale depuis les jours du gouvernement responsable, Ilest vrai
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que sir John Macdonald avait certains principes bien définis--le lien britannique, la protection, l'opposition à une union américaine de quelque nature qu'elle fut—mais en dehors de cela, il consentait volontiers à modifier ses opinions afin de favoriser les intérêts de son parti. Il n'en était pas ainsi dans les premiers jours du Canada; il n'en est pas ainsi dans les derniers jours de l'Angleterre où un Hartington, ou un Bright, ou un Chamberlain ont sacrifié leurs sentiments et leurs associations de parti et leur avenir apparent afin de s'opposer aux nouvelles et dangereuses propositions d'un chef populaire aussi grand que Gladstone
Cependant, la politique du Canada, avec tous ses éléments avoués de faiblesse, n’est pas de nature, à la fin du siècle, à inspirer des idées pessimistes. Sir John Macdonald a pu être un opportuniste en matière secondaire, mais il est plus que probable que le Canada ne serait pas une unité nationale et une puissance dans l'empire aujourd’hui s’il n'eut pas allié l'opportunisme aux méthodes plus élevées de l’art de gouverner, Sir John Thompson, durant ses neuf années de vie publique fédérale, a donné au pays une carrière d'intégrité et s'est acquis une réputation d'honnêteté politique qui mérite l'appréciation de la postérité comme elle a fait honneur au Dominion durant la vie trop courte de cet homme d'Etat. Sir Leonard Tilley joignait à l’honorabilité incontestable de son caractère de rares qualités d'éloquence, d'affabilité et de générosité.
Sir Oliver Mowat, durant près d’un quart de siècle a été premier ministre d'Ontario, et il a fait preuve de qualités, de tact et de conciliation qui l'ont élevé au niveau de l’homme d'Etat. Sir Adolphe Chapleau, durant sa longue carrière dans la politique de Québec et du Canada, a fait preuve d’un caractère qui était un curieux mélange d'égoïsme politique et d’indifférence envers quelques-uns des principes les plus élevés de la vie publique, et d'une éloquence assez forte pour faire de lui un chef né pour diriger ses semblables. Sir Charles Tupper a
fourni à l’histoire du Canada un élément de force, un caractère de détermination, une carrière de tre.suux politiques marqués au coin de la logique, qui le signalent comnie un homme digne d'occuper une haute position dans le temple de mémoire de n'importe quel pays. L'hororable George Eulas Foster a donne aux années récentes de la politique fédérale une éloquence, une puissance d’argumentation dont il serait difficile de trouver l'égale en ce pays—à moins que ce ne soit dans le cas de Joseph Howe. Sir Wilfrid Laurier, le premier chef d'un cabinet libéral depuis les jours de Mackenzie, est sans aucun doute un opportuniste en politique, mais il est l’une des plus belles figures de la vie publique de l'empire. Beau, éloquent en anglais et en français, gracieux de port et de manières, distingué de langage et de maintien, c'est un homme dont le pays a raison d’être fier. Sir Richard Cartwright est un type tout-à-fait différent, et l’un des rares chefs politiques canadiens dont le genre oratoire s'inspire du génie anglais et dont les citations et les rapprochements indiquent une profonde érudition.
En somme, il est évident que, bien que la politique canadienne soit àun niveau moins élevé que celle de l'Angleterre, elle est beaucoup plus élevée que celle des Etats-Unis et de l'Australie. Il est également clair que, bien que les chefs politiques aient beaucoup changé depuis que nous avions le type de gouvernants qui vivaient au commencement du siècle et que nous n’ayons pas encore atteint le degré de culture des pays plus anciens et mieux partagés, nos hommes politiques ont fait plus que conserver leur rang sur ce continent, et que, maintenant, à la fin du siècle, ils entrent rapidement dans la voie qui devra les mettre de plus en plus à l’unisson avec la politique, la domination et les intérêts universels de la mère-patrie. Cela produira probablement une classe plus élevée dans la politique et la culture individuelle à l'avenir, bien que ce résultat doive être précédé par la création d’une oresse plus véritablement canadienne, et l’établissement d'un système de nouvelles qui ne laisserait pas ia nourriture
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utellectuelle quotidienne du peuple canadien entre les mains des Américains, et qui ne traiterait pas les affaires publiques britanniques et impériales à un point de vue naturellement étranger et antipathique.