‹ Histoire populaire du Canada [microforme]Chapitre 268 sur 289 · PROGRES DE L'EDUCATION · texte numérisé non relu

PROGRES DE L'EDUCATION

Durant le siècle qui constitue la période de progrès de l’histoire canadienne, par opposition à ses périodes militaires et romanesques, l'éducation a subi plusieurs phases de développement. Dans Québec, ce fut d'abord un système essentiellement religieux et ecclésiastique, dirigé par des prêtres, des religieuses et des institutions sous la conduite de l’église. Une partie considérable de l'éducation était du type supérieur ou collégial, et donnée dans le but de former des instituteurs religieux. Les essais pour établir un système général d'écoles avant la rebellion de 1837, n'étaient que de faibles tentatives, même parmi la petite population anglaise ; et les écoles qui existaient ont subi un désastre daus les temps de troubles qui ont précédé et qui ont suivi immédiatement l'insurrection. Les instituteurs du jour étaient nécessiteux et illettrés, leur surveillance était insouciante et malhonnête et les maisons d'école étaient sales et très froides en hiver, les enfants étaient dépourvus de livres et les parents, singulièrement indifférents.*

Après l'Union avec le Haut-Canada, une législation de divers genres et de divers degrés de valeur s'ensuivit et, entre 1853 et 1861, les élèves des institutions enseignantes de toutes sortes dans le Bas- Canada avaient augmenté de 108,000 à 180,000 et les cotisations et les contributions pour leur entretien s'était élevées de $165,000 à $526,000.

En même temps, les corps religieux catholiques romains de la province avaient auzmenté considérablement en compétence et en efficacité—surtout dans les institutions de haute éducation. Ils possédaient au moins deux millions d’acres de terres, dont une certaine

* Arthur Buller: Xeport upon Education in the Province of Quebec, 1838.

partie au cœur de Montréal et d’autres grands centres, La valeur de ces terres augmentait chaque année en même temps que le pays progressait. Des -ollèges pour ce genre d'enseignement furent fondés à Québec, Montréal, l’Assomption, Joliette, Lévis, Nicolet, Rigaud, Rimouski, Sainte-Anne, Saint-Hyacinthe, Saint-Laurent, Rouville, Terrebonne et autres endroits. En 1854, l'Université Laval fut inaugurée à Québec, et plus tard elle fut aussi établie à Montréal. Elle a fourni depuis lors la plupart des gouvernants et des chefs du Canada-Français. Trois ans plus tard, des Ecoles Normales furent établies pour l'entrainement des instituteurs et, en 1854, un Conseil d'Instruction Publique fut organisé avec onze catholiques et quatre protestants. Ce développement donna lieu à un système d'écoles communes ou publiques qui progressa lentment jusqu’à ce que, en 1875, huit ans après la Confédération, alors que l'éducation avait été mise entre les mains des gouvernements provinciaux—une legislation inaugurée par M. de Boucherville, selon le système qui avait été lentement préparé par le docteur Jean-Baptiste Meilleur et l'honorable P. J. O. Chauveau, depuis vingt ans auparavant, établit le système existant aujourd'hui.

A la fin du siècle, ce système est remarquable comme ayant été créé dans une province dominée par une race et une religion, et cependant conçu et pratiqué avec une équité presque parfaite envers la minorité. Le surintendant de l’Instruction Publique est ordinairement resté en fonction pendant de nombreuses années consécutives et s'est montré assez indépendant des partis politiques. Les éléments catholiques et protestants de la population ont des sections séparées du Conseil de l’Instruction Publique, et ils administrent les fonds

prélevés de façon à satisfaire les diverses idées et exigeances de leurs

commettants. La province a dix-sept collèges fondés et maintenus par le clergé catholique romain. Elle a l'Université McGill comme centre de son education anglophone depuis cinquante ans—une grande partie

valeur de e le pays ent fondés , Rigaud, Rouville, al fut in- Montréal.

s chefs du iles furent in Conseil et quatre le d'écoles - que, en avait été legislation tété lente- ‘honorable

Je système

ayant été eligion, et ite envers

ordinaireécutives et s éléments s séparées

les fonds 2s de leurs ntenus par ime centre inde partie

RO

de ce temps sous l'administration et la direction de feu sir William Dawson—cette institution est devenue l'une des grandes universités de l'empire britannique. Le niveau de l'éducation supérieure dans la province est élevé; le niveau de l’education dans sa forme plus rudimentaire est à la hausse ; les ordres enseignants de femme qui instruisent des élèves dont le nombre, en 1896, dépassait 37,000, l'économie domestique ainsi que les arts ordinaires, font une œuvre très utile ; le nombre des enfants assistant aux écoles et couvents a augmenté de 212,000 en 1867, à 307,000 en 1897.

Dans les autres provinces, il n'y a pas eu de divisions de race parmi le peuple, mais il y a eu d'abord les difficultés inséparables de la vie de pionnier, la pauvreté des ressources, les distances et l'éloignement. L'isolement et le manque d'argent ont produit la rareté des écoles partout, et la médiocrité de l’enseignement partout où il y avait des écoles. Le dccteur John Strachan, évêque, politicien et polémiste, fut virtuellement le pionnier de l'education dans le Haut- Canada. De son école de Cornwall sont sortis les hommes marquants des premiers jours de la colonie, et de sa conception de l'éducation confessionnelle ou de l'église d'Angleterre ont surgi de plus grandes institutions d'enseignement à Toronto—le collège du Haut- Canada, le King's Collège, qui fut plus tard sécularisé sous le nom d'Université de Toronto et de Collège de la Trinité, qu'il établit alors, comme centre d'éducation pour son Eglise bien-aimée.

Un homme qui fut un peu son contemporain, et qui vécut et travailla après lui fut le Dr. Egerton Ryerson, l'organisateur moderne du système des écoles publiques d'Ontario, le vigoureux et dévoué champion de l'éducation populaire et des écoles communes. Dans le principe, au Haut-Canada et sur les bords de l'Atlantique, comme dans Québec, l'instruction élémentaire fut très négligée. Longtemps après que les gens furent sortis de leur position de pionnier, et

après qu'eut disparu l'excuse des mauvais chemins ou de l'absence de

chemins, de la pauvreté, ou du défaut d'organisation publique, ils semblaient rester indifférents, dans toutes les provinces anglaises, à l'éducation des enfants et être beaucoup plus enclins à prodiguer leur argent et leur attention aux collèges et aux branches d’education supérieure. L'école en bois rond des jours primitifs, l'insuffisance pénible d'installation pour les élèves, l'ignorance, et parfois l'ivrognerie des instituteurs, continuèrent d’être des maux publics surtout en ce qui concerne ces deux derniers faits, jusqu’à la fin de la première moitié du siècle. Graduellement, il se produisit enfin un changement pour le mieux. Le docteur Ryerson fit des merveilles dans le Haut-Canada. Son Acte concernant les écoles de 1850, suivi de l'établissement d'écoles catholiques séparées en 1862, posa la base du système actuel que la législation enveloppante de 1871 modifia considérablement dans les détails, sans l’affecter sérieusement dans les principes.

En 1876, on a effectué un changement important en plaçant le département de l'Education sous la direction d'un membre responsable du gouvernement provincial et, entre cette année et 1883, elle a été sous le contrôle de l'honorable Adam Crooks. Son successeur a été l'honorable George W. Ross ‘ui a exercé cette fonction jusqu’à sa nomination au poste de premier ministre de la province en 1890. Les progrès depuis le milieu du siècle ont éte très marqués. Entre 1850 et 1871, !- .umbre des instituteurs des écoles publiques a augmenté de 2,000 et l'assistance des élèves, de 100,000. Entre cette dernière date et 1896 le nombre des instituteurs a augmenté de 5,306 à 8,988 et l'assistance moyenne des élèves, de 188,000 à 271,000. Ce qui est peut-être plus important encore, c'est que le niveau de l’éducation s’est amélioré de plus en plus jusqu’ à ce que les écoics publiques fussent établies sur un pied d'égalité avec les autres institutions

enseignantes, comme partie de la grande chaîne d'enseignement dont

blique, ils ivlaises, à guer leur education suffisance is l'ivrogsurtout en première 1 changees dans le de l'étab- | base du

1 modifia

ent dans

plaçant le E respon- 883, elle a ccesseur à n jusqu’à > en 1899.

s. Entre bliques a ntre cette 5 de 5,306 ,000. Ce le l’'éducapubliques stitutions nent dont

VMVLLO.QG LN4WA4T4Vd 47

Es n } # + .

mn rate momie

Rp to tilttontitt

RS RE VERRE TPE PO De M UE

les anneaux sont les écoles publiques élémentairies, les high schools, les écoles normales pour les instituteurs, les collèges et les universités.

En méme temps, l'éducation supérieure confessionelle avaient considérablement augmenté en influence et en popularité dans Ontario. Outre l'Université de Toronto, qui était séculière dans sa régie et son instruction, bien que primitivement confessionnelle, et le Collège Trinity, qui était Anglican dans ses ressources et son programme, les Presbytériens avaient fondé le: Collège Knox à Toronto et l’Université Queen à Kingston—celle-çi est devenue une institution remarquable dans le dernier quart du siècle sous la direction du Principal George Monro Grant; les Méthodistes avaient fondé le Collège Albert à Belleville, lequel s’adjoignit plus tard au Collège Victoria de Cobourg, comme institution fédérée et devint plus tard l’Université Victoria de Toronto ; les Baptistes établirent l'Université McMaster à Toronto; les Catholiques Romains fondèrent successivement le Collège Regiopolis à Kingston et l'Université d'Ottawa, à Ottawa.

Dans les provinces maritimes, les débuts furent sembiables à ceux du Haut-Canada ou d'Ontario. Il y avait la même pauvreté dans l'installation des écoles et la même médiocrité de talent pédagogique. La même indifférence était manifestée parmi la masse du peuple envers l'éducation élémentaire, et la même tendance parmi les gouvernants et les classes élevées à favoriser l'éducation supérieure et les institutions collégiales. Le King's Collège à Windsor, Nouvelle- Ecosse, fut organisé dès 1788; l'Université du Nouveau-Brunswick fut fondée à Fredericton dans la première année du siècle; l'Université Dalhousie fut établie à Halifax en 1821, sous les auspices de lord Dalhousie; le Collège Acadia, de Wolfville, fut fondé en 1838, comme maison d'éducation des Baptistes et comme protestation contre l'affiliation de tous les autres collèges à l'Eglise d'Angleterre. Le

collège Mount Allison, de Sackville, N. B., fut fondé par les Méthodistes en 1843 et le collège Presbytérien à Halifax en 1820. Dans la Nouvelle-Ecosse, le Rev. Dr. Thomas McCulloch, et au Nouveau- Brunswick, le Rev. Dr. Edwin Jacob rendirent des services constants et signalés à la cause de la haute éducation. Le système élementaire se développa plus lentement. La Nouvelle-Ecosse n'avait que 217 écoles et 5,514 élèves en 1824; elle dépensait pour ces écoles moins de $50,000 et rejeta par son vote plus d’une mesure ayant pour but de taxer le peuple pour les maintenir. En 1850, cependant, M. (plus tard sir) J. W. Dawson fut nommé le premier surintendent de l’'Education dans la province. Le progrès devint alors plus rapide et des méthodes améliorées d'enseignement et des plans de constructions plus modernes furent adoptés. Il fut remplacé en 1855 par le Rev. Dr. Alexander Forester, et en 1864, l'honorable docteur Tupper introduisit dans la Législature de la Nouvelle-Ecosse sa fameuse mesure établissant des écoles gratuites et une cotisation publique générale pour leur entretien. Il réussit à faire adopter le bill mais l’impopularité de la taxe directe qu'il impliquait entraîna sa défaite aux élections suivantes.

Cependant, le système était établi et, sous la direction successive du Rev. A.S. Hunt et des docteurs Théodore H. Rand, David Allison et Alexander H. MacKay, il réussit admirablement. Le nombre des instituteurs s'éleva de 916 en 1865, à 2,438 en 1896, la moyenne de l'assistance quotidienne des élèves, de 23,572 à 53,023, la cotisation populaire pour les dépenses, de $124,000 à #450,000, la subvention provinciale, de #87,000 à #242,000. Le Conseil de l'Instruction Publique est composé de cinq membres du gouvernement et le surintendant de l'Education est un administrateur non-politique du département sous leur direction générale. Les écoles séparées n'ont jamais été organisées sous les auspices provinciaux dans la Nouvelle-Ecosse,

bien que les catholiques y aient un système efficace d'éducation

s Métho- Dans la

Nouveau-

constants ementaire que 217 les moins pour but , M. (plus de l'Eduide et des istructions ar le Rev.

pper intro-

se mesure > générale s l'impopue aux élec-

successive nd, David

Le noma moyenne cotisation subvention iction Pubirintendant épartement jamais été ]le-Ecosse, d'éducation

me on

TRE DT Pneus

D er CR Sr DIRE

EM RENEE

supérieure, y compris le Collège Saint-François-Xavier à Antigonish et le Collège de Sainte-Anne à Church Point. Au Nouveau-Brunswick, pendant de longues années après le commencement du siècle, les salaires des instituteurs sont restés si modiques et la position d'instituteur si peu digne, en conséquence de la coutume universelle suivie chez les colons du Canada que voulait que l'instituteur fut nourri et hébergé à tour de rôle aux maisons des contribuables afin de pouvoir accepter une rémunération dérisoire, que les hommes ayant quelque valeur ne voulaient avoir rien à faire avec l’enseignement. Jusqu’ en 1845, les salaires des instituteurs étaient en moyenne de $125 par année en cette province et une grande partie de cette misérable pitance n'était pas payée en argent. En cette année, cependant, un comité de la Législature fut nommé pour s'enquérir de l'état de l’éducation dans la province et deux ans après l’on fit un effort pour établir un système organisé. En 1852, un surintendant fut nommé et en 1858, il y eut une nouvelle législation. Mais il semblait impossible de changer l’apathie du peuple. Bien qu'on se livrât à des luttes confessionnelles très acerbes au sujet d'Universités, de Test Acts, et d'éducation supérieure, on refusait de payer des impôts et de s'intéresser à l’enseignement élémentaire.

En 1871, il fut donc décidé d'établir des écoles gratuites et obligatoires et d’abolir en même temps tout enseignement religieux. Ce dernier acte était un coup direct porté aux écoles catholiques séparées qui s'étaient virtu-llement établies et froissa beaucoup les gens appartenent à cette religion. La mesure fut adoptée, cependant, et fait beaucoup d'honneur à l'honorable George E. King, alors premier ministre de la province et plus tard juge de la Cour Suprême à Ottawa, comme l'établissement préalable des écoles gratuites dans la Nouvelle-Ecosse fait honneur à sir Charles Tupper. Le système est en grande partie semblable à celui de cette dernière province et il a été mis en pratique sous la direction, depuis 1871, du Dr. Théodore

H. Rand, de William Crocket et du Dr. James R. Inch. De 1872 à 1897, le nombre des écoles a augmenté de 884 à 1737, celui des instituteurs, de 918 à 1820, et celui des élèves, de 39,000 à 61,000.

Dans la petite Isle du Prince-Edouard, les conditions des débuts n'ont pas différé de celles des provinces plus grandes et ce n’est qu'en 1825 que la première loi sur l'Education fut passée. L'année 1852 vit l'établissement d’un système d'écoles gratuites et, en 1860, le collège du Prince de Galles fut ouvert à Charlottetown. Il y avait 121 écoles en 1841 et 531 en 1801; 4,356 élèves durant cette première année et 22,138 durant la dernière. Pour resumer la situation dans ces provinces on peut dire que partout, avant la Confédération, des conditions semblables existaient etque partout les mêmes resultats avantageux ont suivi l'etablissement des écoles gratuites, d'écoles normales pour l'entrainement des instituteurs, les taxes imposées au peuple pour les fins de l'éducation, l'obligation de s'intéresser au succès des écoles et l'élévation et la dignité plus grande donnée au corps enseignant.

Naturellement, les progrès en ce sens au Nord-Ouest et dans la Colombie Britannique sont de date plus récente.

L'instruction, que répandue dans les premiers temps, est due au travail incessant des premiers missionnaires de la Rivière-Rouge, tels que les pères Taché et Provencher, les révérends John West, John Black et autres assez nombreux, qui avaient à parcourir une vaste étendue de territoire, s'étendant jusqu’à l'océan Pacifique. Le Manitoba possède depuis 1890 un système d'écoles gratuites non-confessionnelles. Il y avait seize écoles protestantes en 1877, et dix-sept catho-

liques; en 1890 le nombre en était réspectivement, de 628 et 91. Il s'est produit un progrès considérable depuis l'introduction du nouveau système et, en 1897 il y avait 1018 écoles publiques dont l'entretien se montait à $810,000. Le système en force dans les Territoires comprend un conseil de l'instruction publique d’un caractère

De 1872 à des insti- LU, es débuts est qu'en née 1852 1860, le Il y avait première tion dans ation, des resultats s, d'écoles posées au sresser au

le donnée et dans la

est due au ouge, tels Vest, John une vaste Le Manionfessionept catho- 28 et 9I.

uction du ques dont dans les 1 caractère

app 2

ST AE En ee RS ELLES

LE

Page 1