‹ Histoire populaire du Canada [microforme]Chapitre 281 sur 289 · PI · texte numérisé non relu

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d’Aix-la-Chapelle en 1748, eurent tous affaire aux intérêts ou aux territoires de la population parsemée sur des régions qui forment aujourd'hui le Dominion. Le traité de Paris de 1763, eut pour résultat de créer de nouvelles complications, en écartant de la scène américaine tout pouvoir étranger—excepté dans le sud lointain—et en créant une commune allégeance entre les anciens colons d’origine française et ceux d'origine anglaise.

Vingt ans suffirent pour changer de nouveau la face des choses, et reconnaître les Treize Colonies comme une puissance indépendante et étrangère et faire de la population française, par une singulière ironie du sort, les gardiens du territoire britannique et de l'influence continentale diminuée. Cetraité fit plus. Se fiant à l'amitié anticipée, au libre échange et à l'alliance des Etats-Unis, l'Angleterre céda aux Américains l’immense richesse naturelle des vallées du Mississipi et de l'Ohio et conserva à peine Québec. En effet, il donna aux Etats-Unis ‘ des frontières gigantesques au sud, à l’ouest et au nord, lesquelles déterminèrent son influence et sa puissance future.” * D'autres traités concernant les frontières, furent signés en 1794 et en 1803 par les représentants des deux pays, mais ils n’eurent d'autre effet que d’augmenter la tendance des Américains à réclamer d’avantage et à montrer l'esprit de conciliation des Anglais.

Donc, au point de vue territorial, la Puissance du Canada naquit d'une condition d’indifférence absolue de la part de la Grande-Bretagne, et jusqu’à la législation de 1791, elle fut bercée dans un état de béate ignorance. La guerre de 1812 effectua des changements de grande importance. Elle régla, pour plus de quarante ans, le cours de le destinée, à l’avantage de l'Angleterre ; elle établit un lien nouveau et fort entre la Grande-Bretagne et l'immense territoire inconnu qui avait été ainsi conservé à la Couronne par la bravoure de ses fils; elle établit une ligne d’un caractère ondoyant mais

*America, par Justin Winsor, V. 17,p. 150.

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distinct contre l'expansion américaine au nord. Le traité de Gand qui termina la lutte, ne contenait ni assertions ni principes nouveaux, quoiqu'il produisit certains arrangements importants. Une entente diplomatique informe entre sir Charles Bagot, ministre plénipoten. tiaire anglais à Washington et M. Richard Rush, secrétaire d'Etat suppléant, en avril 1817, décida que tous les navires de guerre sur les Grands Lacs seraient désarmés et en défendit la construction ou l'armement à l'avenir. Cependant, la Grand-Bretagne et les Etats- Unis pourraient conserver chacun un vaisseau, n'excédant pas cent tonneaux en contenance, armé d’un canon du dix-huit sur les lacs Ontario et Champlain et deux vaisseaux semblables sur les lacs d'en haut. Cet arrangement ne devait prendre fin qu'après un avis de six mois de l’une ou de l’autre puissance, et quoiqu'il n'ait jamais été formellement ratifié par le Congrès ni approuvé par le Parlement, il a toujours été considéré depuis comme ayant force de loi. PREMIERES NEGOCIATIONS ET TRAITES La convention de Londres, en 1818, fut négociée et signée dans le but de règler la question des pêcheries et les prétentions des Etats- Unis de pêcher librement dans les eaux britanniques. Nous avons déjà traité en partie, ce sujet dans cet ouvrage, mais il est d’une telle importance pour l'intelligence des relations internationales en général que l’on peut dire ici, que la convention donna aux pêcheries americains le droit de pêche en dehors de la limite de trois milles des côtes de l'Amérique-Britannique ainsi que le droit d'entrer dans les baies et havres, soit pour y chercer un refuge, de la nourriture et de l'eau ou pour y faire des réparations. En même temps le gouvernement des Etats-Unis renonçait définitivement au privilège de ses pêcheurs de prendre, sécher ou saler du poisson sur les côtes ou en dedans de trois milles des côtes de l'Amérique-Britannique du Nord. Jusque-là l'entente était satisfaisante pour les colons et leur pays. Mais les clauses suivantes de la convention avaient trait à la question des

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frontières et l'indifférence de l'Angleterre quant au territoire, ajoutée à une ignorance absolue du caractère des américains, de leur esprit d'agression et de leur ambition, marque chaque phase des négotiations, comme cela s’est vu depuis durant un demi-siècle. Il fut décidé que la frontière internationale serait le 4oième parallèle de latitude nord depuis le Lac-des-Bois jusqu'aux Montagnes-Rocheuses et que le pays à l’ouest de cette grande chaîne, que les deux parties réclamaient, serait libre et ouvert au peuple des deux pays durant l’espace de dix ans.

Nul traité n'avait probablement jamais contenu de clause aussi extraordinaire que cette dernière. Les prétentions émises par les Américains sur la région maintenant incluse dans les états d'Orégon et de Washington étaient pour le moins faibles: un simple ballon d'essai. Il n’est pas probable qu'ils eussent alors poussé la résistance jusqu'un point de déclarer la guerre et, si on en devait venir là, le fait de retarder de dix ans le réglement de la question ne pouvait servir qu’ à donner plus de force aux sentiments des Américains, à leur droit d'occupation et à leur puissance. Cet arrangement ne faisait que retarder la prise en considération du sujet jusqu’à ce que les citoyens américains eussent eu le temps d’envahir le pays afin de pouvoir le réclamer en vertu du droit de colonisation sinon par droit de découverte ou d'occupation antérieure et teinporaire. Les souffrances cruelles et la pauvreté croissante des classes pauvres de la Grande-Bretagne, qui suivirent le dénouement de la lutte gigantesque contre Napoléon ; l'influence croissante de George Canning et de sa politique de tentative d'alliance avec les Etats-Unis contre les puissances despotiques de l’Europe telle que formulée par la création de la vraie doctrine Monroe; l’absence complète dans l'esprit public en Angleterre de connaissances ou d'appréciation de la valeur possible de ces régions— état d'esprit dont les Canadiens ont pu juger par eux-mêmes plus d’un siècle après, par la description faite par M. Blake, de la Colombie-Anglaise, qui selon lui, n'était

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