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LES COLONS ANGLAIS ET LES SAUVAGES

Le conflit se déroulait de la sorte, avec ses complications sur presque tous les points du continent. Jusqu'à la guerre de 1312, les Sauvages continuent de prendre une part importante, mais très variée, dans l’histoire du Canada. Depuis le temps de Frontenac, ils se sont battus tantôt d'un côté, tantôt de l’autre, avec les Anglais ou les Français. À vrai dire, les Iroquois furent pour la cause des Anglais, tandis que la masse des autres nations inclinaient vers les autorités de Québec. Dans l'expédition de Washington contre le fort Duquesne, lors de la défaite de Braddock, et à l'attaque du fort de la Chevelure par Johnson, dans le siège du fort William Henry par Montcalm, ils jouèrent à la fois un rôle important et caractéristique. En Acadie, où les Français et les Añglais avaient tour à tour le dessus, les aborigènes n'étaient pas assez nombreux pour compter comme combattants sérieux, mais ils parvenaient à frapper coup sur des habitations isolées et, par là, tenaient encore une place dans la guerre. Vers le milieu du XVIII siècle, lorsque Halifax venait d’être fondé et que les Anglais essayaient de se concilier les habitants français, et les Micmacs de la Nouvelle-Ecosse—ainsi qu’on appellait l’Acadie—ils n'y réussirent point, en grande partie par suite de l'influence funeste d’un prêtre nommé Le Loutre. C'était un impitoyable et infatigable supporteur du régime français de Québec, honnête homme, enflammé d'un patriotisme féroce et cruel, mais dépourvu de tout esprit chrétien et d'honneur. Sous sa direction, les Micmacs devinrent une véritable plaie au flanc des Anglais, une source constante de surprises et de meurtres, D'autres tribus n'abandonnaient pas les Anglais; il s’en

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suivait, naturellement des représailles, de sorte que, dans les années qui précédèrent la chute de Québec, on assista au spectacle honteux des Sauvages levant des chevelures pour obtenir des récompenses des Français ou des Anglais.

La victoire de Wolfe mit fin à ces animosités séculaires entre les deux rivaux européens, mais aussitôt se produisit le dernier effort désespéré des aborigènes pour échapper au pouvoir et à l’ascendant manifestes des Anglais. Pontiac, chef des Ottawas avait commencé, dès avant le traité de Paris (1763) à consolider et à augmenter les forces de sa nation ; il avait sans cesse étendu son influence autour de lui, sur les Ottigamies, Îles debris de la race huronne qui, dans le dernier demi siècle, s'étaient accrus en nombre, les Sacs, les Pottawatamies, Ojibbiways, W yandottes et autres bandes indiennes des régions appartenant au Canada. Le charme personnel qu'il exerçait avait fini par pénétrer tout le centre dni continent jusqu'aux frontières de la Virginie et dans la contrée des fiers Delawares et des Shawanees. Il était :ême parvenu à détacher les Senecas de leur alliance étroite et traditionnelle avec les autres Iroquois. Son esprit subtil et clairvoyant lui faisait comprendre que la domination anglaise rendrait impossible l'indépendance des Sauvages. Par son éloquence, sa force de caractère, il unit toutes les tribus de manière à livrer un assaut général contre les empiétements de la race blanche.

Les circonstances le favorisaient. Il sut faire remarquer à propos que l’assistance des guerriers indigènes n'était plus requise et que l'on ne faisait aucun appel à leur fierté nationale ; que le régime des présents et autres politesses avait cessé ; que la situation nouvelle n'avait pas besoin de l'alliance des Sauvages, tandis que cinquante ans auparavant, au milieu des dangers d’une série de guerres barbares, les colons n'inspiraient que du mépris et une averson naturelle aux enfants des bois. De là naquit son plan formidable pour balayer les Anglais dans la mer, avant que ces derniers n'eussent refoulé son

peuple dans les profondeurs de l’ouest. Il fut encouragé, en secret par les Français qui faisaient la traite et qui lui promettaient des secours de France: de même aussi les marchands de la Nouvelle- Orléans, qui redoutaient la concurrence du commerce anglais. Pontiac fit ses calculs ; en mai 1763, toute la frontière de l’ouest retentit du cri de guerre de l’extermination. Le Détroit fut assiégé en règle après une première attaque pour s'en emparer; un détachment de troupes de Niagara fut taillé en pièces; Sandusky, Michillimakinac et autres postes furent emportés et détruits; les frontières de la Pennsylvanie, du Maryland, de la Virginie n'étaient plus qu’une longue ligne de flammes et, du milieu des villages qui brûlaient, on entendait les gémissements des colon: frappès par la hache des barbares. Quatre ou cinq campagnes, sous les colonels Bousquet et Bradstreet, entremêlées de succès et de revers, se poursuivirent jusqu'à 1766 où sir William Johnson porta le coup final à Pontiac, le forçant à se soumettre. Cet événement termina les conflits de l'ancien temps. Un an plus tard, le grand capitaine des Ottawas périssait assassiné dans une vulgaire bagarre. THEYENDANEGEA ET TECUMSEH

Au cours des années qui suivirent, sir William Johnson, surintendent des affaires des Sauvages pour les colonies anglaises, gagna une forte influence sur ces peuples, principalement les Iroquois de New-York. Lorsque la révolution éclata, il resta fidèle à la cause royale et ces Sauvages firent de même sous la conduite de Theyendanegea—la capitaine Josepk Brant. Ce chef de guerre était un meneur d'hommes a la façon de Pontiac, mais plus humain et avec certaines qualités de la civilisation. Adroit, honorable, courageux, il servit avec avantage contre les insurgés américains. Lorsqu'il fallut céder le terrain, il induisit la plupart des Iroquois à abandonner leur patrie historique pour se fixer sur les bords de la rivière Thames, dans le Haut-Canada où le roi leur donna des terres et ils y vécurent

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MADELEINE DE LA PELTRIE MGR. FRANÇOIS DE LAVAL Premier évêque de Québec

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