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voile de sang et de désolation. Par un beau jour d'été, le petit fort de Verchères n'était occupé que par Mademoiselle Madeleine, la fille du seigneur, âgée de quatorze ans, deux soldats, deux garçons et quelques femmes ; on était censé n'avoir rien à craindre et les honimes travaillaient aux champs. Tout à coup, une forte bande de Sauvages se présente à la vue du fort. La petite demoiselle fait fermer les portes et calme les terreurs de son entourage. Elle prend le commandement, ordonne de charger les canons et tirer sans retard sur les assaillants. Chacun avait son poste et se multipliait. L'héroïne de Verchères—ainsi que l’histoire l'a nommée—tint la place durant une semaine contre les attaques des Iroquois, jusqu'au moment où il arriva un détachement de soldats pour la délivrer.
L'année suivante, Frontenac conduisit contre les Agniers (Mohawks) une expédition, qui n'eut guères de succès ; en 1696, quoique affaibli par l’âge, il se fit porter, assis sur une chaise, à travers les solitudes qu'il lui fallait parcourir, à la tête de 2,200 hommes pour réduire cette tribu redoutable. Les Iroquois mirent le feu à leurs villages, tout périt, provisions, etc., et la famine devint inévitable. Ce fut à peu près tout le résultat de la campagne, si l'on y ajoute la capture de quelques chefs amenés comme otages. Depuis près de vingt ans, les Iroquois avaient eu ouvertement pour alliés les Anglais de l'Etat de New-York et se trouvaient sous la protection du gouvernement anglais. En tout temps, l’ardeur belliqueuse des cinq tribus a t'été activée par les deux groupes d'Européens rivaux, de manière
oduire, d'une part le massacre de Lachine, et celui de Schenectady « me représailles. Ils étaient assez rusés pour ne pas permettre la d struction entière de la colonie française, et assez clairvoyants pour comprendre que, si les Anglais triomphaient complétement, avec ou sans leur aide, le péril serait le même pour eux. En 1685, durant l'administration de l'incapable La Barre, et par suite des folles mesures de ce dernier, ils avaient un moment tenu les colons français à la
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merci d'une attaque concent:ée ; cependant on croit qu'ils s’abstinrent délibérémment d'agir. Ensuite, au cours de la guerre de la succession d'Espagne, les Anglais, avec leurs alliés Sauvages, paraissent une fois de plus, avoir eu la partie dans leur main, mais les Iroquois reculérent au moment suprême et l’occasion fut manquée.