PIONNIERS D'UN EMPIRE DANS LA NOUVELLE-FRANCE
Quelque soit, plus tard, la parfaite connaissance, favorable ou non, du passé de ces religieux, il n’y a rien que d’honorable dans l’œuvre qu'ils ont accomplie au milieu des solitudes de l'Amérique anglaise. Arimés du seul crucifix, enveloppés du manteau de la Foi et de l’enthousiasme chrétien qui les faisait braver sans crainte la torture, les privations, la mort, ils parcouraient les corridors solitaires de nos vastes forêts, traversant les marécages et les lieux hantés par les bêtes féroces, vivaient dans les cabanes enfumées, dégoûtantes et sordides, soignant les victimes ignorantes et sans secours qu'ils rencontraient aux prises avec les maladies contagieuses, et priant pour ces malheureux ; de plus prêchant à des tribus hostiles qui subissaient l'influence de leurs sorciers, car ceux-çi voyaient leur puissance en danger devant la nouvelle doctrine de paix, de charité et de mansuétude.
Durant le XVII siècle, alors que d’autres membres de la même société, parvenaient, dans une mesure plus ou moins étendue, par
l'apostolat ou les moyens séculiers, à répandre l'autorité de Rome aux
Indes, aux Moluques, en Chine, au Japon, Brésil et Paraguay, des missionnaires dévoués de cette remarquable organisation gagnaient au christianisme les Sauvages Hurons,dans le territoire qui est maintenant la province d'Ontario. En 1626, Jean de Brébeuf fondait une mis-
sion dans la forêt, au bord de la baie Georgienne. En 1641 les Pères
Jogues et Raymbault prêchaient de grandes assemblées de Sauvages au Sault Sainte-Marie, devant les rapides où les eaux du lac Supérieur se précipitent pour atteindre le lac Huron. Partout, à travers les plus impénétrables régions de forêts ou de déserts, pionniers de |’ idée religieuse ils allaient, enseignant les nations, souffrant et combattant contre les forces de la nature, ainsi que la barbarie des indigènes, ou mourant pour la foi qui les animait