‹ Histoire populaire du Canada [microforme]Chapitre 50 sur 289 · IMAGE EVALUATION TEST TARGET (MT · texte numérisé non relu

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go LE PAYS D'EVANGELINE

joyeux, clairvoyant et lettré Lescarbot, qui nous a laissé de si intéressantes narrations sur les hommes et les choses de ces établissements. Un autre personnage éminent qui nous apparait dans la colonisation de l'Acadie, fut Pontgravé riche marchand de Saint-Malo qui avait fait partie de l'expédition de Champlain sur le Saint-Laurent.

Les années qui suivirent immédiatement cette époque sont pleines d'animation et d’un intérêt toujours changeant. Port-Royal devint le centre vers lequel se portait la tempête; les nuages se dessinaient de Paris à Londres et prenaient la direction du petit établissement situ£ sur les confins d'un vaste continent. Champlain, durant ce temps, explora, fit des arpentages et mûrit des projets. Lescarbot s'occupa des plantations, ‘es semaïlles et des moissons. À Paris, de Monts continua à lutter pour déjouer les complots de ses ennemis et retenir les privilèges qui lui avaient été conférés. Durant l'hiver de 1606-07, Champlain trouva l'occasion favorable de tenir des réunions joyeuses alors que quinze hommes les plus en vue de la colonie se trouvaient assemblés à la salle à manger de Poutrincourt, quelques heures chaque jour. La camaraderie ne cessait de régner à ces rendez-vous, où l’on goûtait d’un bon menu et où se manifestait l'esprit vivace du parisien qui a tant de caractère et d'adresse. Dans ce groupe de gentilshommes aventuriers on remarauait le Sagamore Membertou portant sur ses épauls le poids de cent années, la responsabilité de chef de tribu et la réputation d’une sincère amitié pour les blancs.

Cette saison joyeuse et prospère n'était après tout que le caime avant l'orage. Au printemps arriva un vaisseau de Saint-Malo apportant non pes de Monts avec des ressources nouvelles et des colons, mais bien l'avis que ses ennemis avaient triomphé et que sa charte était révoquée. Il ne restait à Poutrincourt qu'à s'occuper

hâtivement des semences et s’en retourner à la mère-patrie avec peine mais aussi avec l'intention déterminée de revenir. Il s’intéressa

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au bien-être de l’œuvre que de Monts abandonnait; tandis que

Champlain s’occupait à donner à son nom une première place dans

l'histoire de la Nouvelle-France qu'il rêvait de fonder sur les rives

du Saint-Laurent. Poutrincourt, fidèle à Port-Royal, y revint en 1610

avec des colons et un prêtre zélé—le père Fléché—qui réussit

bientôt à s’attirer l'amitié de Membertou et de sa tribu toute entière. L'année suivante, survint une autre crise; la mort de Henri IV.

sous le couteau de Ravaïllac, amena sur la scène d'Europe l’impérieuse

et impitoyable Marie de Médicis ; en Acadie apparut aussi la robe-

noire, ce personnage à la figure troublante : le Jésuite. A ce moment

la société de Jésus dominait à Paris et elle visait à prendre possession

ou tenter de prendre la possession des âmes dans l'Acadie. Si les

zélés représentants de cette société eussent seulement montré le même

courage religieux et la constance que leurs collègues déployèrent plus

tard dans la région des grands lacs, bearsoup de difficultés auraient

été épargnées aux pauvres colons, bien des luttes auraient été évitées,

ce qui fit dire, parait-il, à Poutrincourt : “ Montrez-moi le chemin du

ciel et je vous montrerai le vôtre sur la terre.” Le fondateur de la

nouvelle colonie put à peine conserver son petit territoire environnant

Port-Royal, alors que madame de Guercheville, renommée à la cour

de France par ses vertus et sa beauté, obtint les droits des marchands

huguenots de Saint-Malo et les transféra aux Jésuites. Elle reçut

aussi de Louis XIIT. un octroi le tout de nord de l'Amérique, depuis

le Saint-Laurent jusqu'à la Floride.

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