‹ Histoire populaire du Canada [microforme]Chapitre 65 sur 289 · WOLFE ET MONTCALM · texte numérisé non relu

WOLFE ET MONTCALM

En attendant, Wolfe et Montcalm se préparaient pour leur suprême lutte corps-à-corps. Le premier avait devant Québec une armée composée de 9000 hommes choisis avec soin, avec Moncton, Townshend et Murray comme généraux de brigade, et avec la coopération d’une flotte puissante sous les ordres de l'amiral Saunders. Montcalm avait environ 15,000 réguliers et mille Indiens. C'était une terrible entreprise pour le commandant anglais. Les remparts sourcilleux et apparemment imprenables de Québec se hérissant sur les grandes falaises du Saint-Laurent et encombrés des brave soldats de la France sous l'habile commandement d’un grand général, tout semblait indiquer que cette entreprise était impossible, Le plan de Wolfe consistait d'abord, à tenter d'attirer son adversaire en dehors

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pour lui livrer bataille, et pour cela il divisa ses forces et construisit diverses redoutes et retranchements d'où il pouvait harceler ses adversaires à coup de canon et battre graduellement en brèche les murs de la ville. Et, bien qu'il ne réussit pas à faire sortir Montcalm de sa forteresse, il parvint à affaiblir sérieusement sa ligne de défense extérieure. L'été s’'écoulait cependant et Wolfe connaissait quelque chose des expériences d'hivernement faites par d'autres qui avaient entrepris la même tâche et avaient échoué.

Stimulé par cette considération et par d’autres du même genre, il dirigea une attaque désespérée contre les lignes de Beauport, derrière les retranchements desquelles se trouvaient les masses serrées de Montcalm. Mais cet effort fut inutile et il se retira après avoir perdu 500 hommes. L'automne arrivait et l'espoir renaissait plus vivace dans les cœurs des assiégés. Wolfe était malade, la nourriture devenait rare, ses hommes se décourageaient, l'esprit de succès semblait abandonner l’entreprise. Puis vint le faible espoir d’une marche secrète sur les hauteurs d'Abraham. La découverte du mouvement aurait été le signal de l’anéantissement de l’armée anglaise ; la réussite entrainait la rencontre d’une armée deux fois supérieure en nombre en pleine santé et dans les meilleures dispositions d’esprit. Mais le projet réissit et, au point du jour, le 13 septembre, 1759, les troupes anglaises étaient sur les plaines d'Abraham et rencontraient enfin l’armée française, Chargeant à la tête de ses grenadiers, Wolfe fut mortellement blessé et put entendre en mourant les cris de victoire de ses soldats. Pendant la déroute qui s’ensuivit, Montcalm fut aussi blessé à mort et s’éteignit le lendemain. Le 17 septembre, les lys de France furent abaissés et l’étendard de l'Angleterre et de son Empire fut hissé à leur place.

C'était virtuellement la fin. De Lévis pris le commandement et fit un héroïque effort pour reconquérir le terrain perdu. Sur le champ de bataille de Sainte-Foye, il défit Murray qui avait remplacé Wolfe,

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