FIN DE LA LUTTE HISTORIQUE
Cependant, la fin de toute cette lutte historique approchait. Des événements qui se sont produits tant à l'extérieur qu’à l'intérieur, ont influencé le résultat et peut-être que le principal entre les premiers a été l'accession de William Pitt au pouvoir en Angleterre à ce moment du plus grand triomphe des Français en Amerique. La scène changea presque instantanément. Pitt, comme tous les grands hommes d'Etat ou gouvernants, admettait que le succès d’une guerre, d'une campagne ou d'une bataille dépend souvent plutôt des hommes qui commandent que des soldats eux-mêmes, si importantes que doivent toujours être la bravoure et la solidité de ces derniers. Le. général Jeffrey (plus tard lord maréchal de camp) Ambherst, officier habile, prudent et très expérimenté, le major-général James Wolfe, un soldat enthousiaste et intrépide qui avait déjà mérité la haute appéciation du grand homme d'Etat, et l'amiral Boscawen, un marin brave et expérimenté, furent envoyés en 1758 avec une flotte et une armée afin de réduire
Louisbourg et de s'emparer de Québec.
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A l'arbri des murs de la grande forteresse du Cap-Breton, se trouvait alurs réunie une partie considérable de la puissance et du prestige de la France dans le Nouveau-Monde. Quatre mille citoyens vivaient sous la protection de ses puissants remparts et 3000 hommes de troupes régulières gardaient ce que l’on supposait alors être une position imprenable. Ans les efforts que l’on fit pour s’en emparer, les assiégeants firent preuve d'une vaillance et d’une habileté militaire et maritime qui prouvèrent que le choix fait par Pitt était l'acte d’un véritable homme de génie. Le plan d'attaque primitivement adopté par Pepperell fut suivi dans une certaine mesure par Amherst et, après un dur siège, au cours duquel il y eut échange constante de politesses entre les chefs, en même temps que l’on échangeait des coups de canons, le brave chevalier de Drucour, fut erfin forcé de capituler avec les survivants de sa garnison réduite de moitié et de céder les nurs encore menaçants de sa forteresse. Cete capitulation assurait aux Anglais la possession de tout le Cap-Breton et de l’île du Prince Edouard. La grande forteresse fut rasée après des mois de travail. L'œuvre de destruction fut si bien accomplie qu'aujourd'hui l'herbe pousse en abondance sur une ligne de terrassements presque complétement disparus, et ce qui fut jadis le théâtre des scènes tumultueuses de la guerre et des bruyantes canonnsdes, offre aujourd’hui l'aspect paisible d’une scène pastorale de toute beauté.
Ce qui restait de la garnison fut envoyé en Angleterre comme prisonniers de guerre et Amherst, vu la longue durée du siège fut obligé de retarder jusqu'à la saison suivante l'attaque qu'il méditait contre Québec. Durant ce temps, dans l’ouest, ie général Abercrombie avait lancé 15,000 hommes contre Montcalm à Ticonderoga, mais les remparts de pieux et de palissades furent invulnérables même contre les claymores des montagnards écossais et la ténacité obstinée des charges anglaises. Après avoir laissé 2,000 morts en face de l'ennemi, le général anglais se retira de nouveau au fort William Henry.
Ailleurs, Bradstreet était plus heureux. Avec un détachement de milice coloniale, il traversa le lac Ontario, surprit le fort Frontenac et s'en empara ainsi que des riches magasins qu'il contenait et d’un certain nombre de navires français sur le lac. Un peu plus tard, en novembre, 1758, le général Forbes força le fort Duquesne à capituler et construisit à sa place le fort Pitt—le fameux Pittsburg que des scènes modernes, bien différentes de celles d'autrefois, ont rendu célèbre. Au printemps, trois expéditions anglaises furent organisées. Le général Prideaux et sir William Johnson s’avancèrent sur le fort Niagara dont ils s'emparèrent et défirent le parti de renforts envoyé par les Français. Le général Amherst marcha vers le lac George, força les Français à faire sauter le fort de Ticonderoga et à se replier sur la Pointe-à-la-Chevelure d’où, grâce à leurs navires, ils maintenaient encure leur suprématie sur le lac Champlain. Le commandant anglais passa l'été à construire des navires avec lesquels il put rencontrer l’ennemi—une manière sûre mais lente de forcer la victoire, qui amusa beaucoup le bouillant Montcalm lequel s'était vu assiégé peu de temps auparavant.