BATAILLE DE QUEENSTON HEIGHTS
La première partie de l'exécution de ce programme commença le
13 octobre par une tentative faite par 1,500 des réguliers des E. U. et 2,500 miliciens pour traverser la rivière Niagara. Environ 1,100 soldats, suivis à distance par d’autres détachements, réussirent à traverser et à gravir les hauteurs de Queenston en face de la faible résistance qui pouvait leur être faite par une avant-poste britannique. Si les Américains eussent pu conserver cette position, le résultat était certain, et aurait probablement été à peu près tel qu’ils l’espéraient. En même temps, sir Isaac Brock—à son insu, il avait été gazetté chevalier supplémentaire du Bain une semaine auparavant, en récompense de sa victoire du Détroit—était arrivé de son poste près du fort George où il avait surveillé le service, mais avant qu'il put faire autre chose que se montrer à ses troupes, juger la situation, hâter l'arrivée de ses renforts, et crier l’ordre de ‘ pousser en avant les volontaires d'York”’ pour resister à un contingent américain qui à cet endroit se dirigeait vers les hauteurs, il tomba frappé d'une balle à la poitrine, et il n’eut que le temps de demander que sa mort fut cachée à ses soldats. Les renforts, sous les ordres du major-général Sheaffe, arrivèrent bientôt après et 800 hommes firent contre l'ennemi une charge à la baïonnette qui le fit dégringoler en bas des hauteurs vers la rive, un grand nombre, dans leur retraite précipitée, allant se briser sur les rochers, ou se noyant en s'efforçant de traverser les eaux impétueuses de ia rivière Niagara. Les survivants se rendirent au nombre de 960
hommes, y compris le major-général Wadsworth, six colonels et 56
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officiers parmi lesquels se trouvait celui qui devait devenir plus tard le fameux général Winfeld Scott. Les pertes des Anglais furent peu nombreuses, mais ils eurent à regretter la mort du jeune et brave lieutenant-colonel John McDonell, procureur-général de la province.
Si considérable que fut la victoire et si important qu'en devint le résultat pour le Haut-Canada,rien ne pouvait contre-balancer la mort du héros de la guerre. Ilest vrai que sa mémoire laissa une impression qui produisit un effet durable, mais son intelligence fertile, sa faculté d'action rapide, ses talents comme organisateur militaire étaient perdus pour toujours. S'il eut vécu, son nom eut probablement brillé dans les annales de l’armée anglaise et de l'univers. Quoi qu'il en soit, bien qu'il ait sa place marquée dans la contexture de l’histoire canadienne et dans les cœurs de ses compatriotes, dans un trop grand noinbre de récits britanniques et américains, son nom a été relégué narmi la myriade de braves officiers qui ont tout simplement fait leur devoir et qui ont été tués obscurément dans quelque petite escarmouche d’avantposte. La vaste importance des influences et des questions résultant des premiers événements de la lutte est en pareil cas mise en oubli, ou passe inaperçue.
L'hiver approchait et après une invasion futile venue de Buffalo sous les ordres du général Smyth, laquelle fut repoussée par quelques troupes sous le commandement du colonel Cecil Bisshopp, la scène de la lutte fut transportée au Bas-Canada durant un court laps de temps. Prévost avait là ses difficultés, de même que Brock dans l’autre province, mais il lui manquait la vigueur et la résolution de ce dernier. Il avait hérité des embarras de l'administration de sir James Craig, et il trouva une population qui avait été remuée par des agitations échevelées et par des influences résultant des antipathies de race dans “le pays. La discorde apparente était telle qu'elle avait sans aucun doute aidé le parti de la guerre aux Etats-Unis à répandre la croyance que les Canadiens-Français, si passifs en 1776,
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