‹ Histoire populaire du Canada [microforme]Chapitre 94 sur 289 · HEAR · texte numérisé non relu

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L'HONORAELE SIR JOHN BEVERLY ROBINSON, BARONNET, CHARLES POULETT THOMSON, C.B , D.C.L Lorp SYDENHAM

Juge en chef du Haut-Canada, 1829-(62

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de la province. Sous le commandement immédiat du général de brigade Pike, les Américains débarquèrent le 27 avril, mais furent tenus en échec par la résistance résolue de deux compagnies du 8° régiment royal et environ 200 miliciens. Le fort, situé à quelque distance de la petite ville, fut finalement pris après une explosion accidentelle qui tua Pike et 260 de ses hommes. L’ennemi continua sa marche en avant, le général Sheaffe fit retraiter sa petite armée de réguliers et se transporta de York à Kingston. La ville se rendit alors avec environ 250 miliciens, et en dépit des termes de la capitulation, fut livrée au pillage, et ses édifices publics furent incendiés. On vola même les vases sacrés de l'église et la bibliothèque législative fut pillée. À ce dernier sujet, Chauncey se montra très indigné et fit des efforts personnels pour restituer quelques-uns des livres volés.

Des incidents d’une grande importance se succédèrent ensuite avec rapidité. Le 27 mai, le fort George, du côté britannique de la rivière Niagara, fut pris par les Américains, et, deux jours plus tard, sir George Prévost fut repoussé dans une attaque contre Sackett's Harbor. Au commencement de juin, deux canonnières américaines furent prises sur le lac Champlain, et le 5 du même mois, le colonel Harvey—un soldat possédant quelques-unes des brillantes qualités de Brock et qui fut plus tard successivement lieutenant-gouverneur de toutes les provinces maritimes:—attaqua durant la nuit une armée américaine composée d’au moins 3,500 hommes qui était campée sur les hauteurs de Burlington (près de ce qui est appelé aujourd’hui Hamilton) et s'empara d’un certain nombre de canons, de deux officiers généraux, et de plus une centaine d’autres officiers et soldats. Le 24 juin, le lieutenant Fitzgibbon, du 49ième régiment, en dissimulant habilement le nombre de ses hommes, amena la capitulation de 544 soldats américains, sous les ordres du colonel Boerstler, non loin du fort George et de Queenston.

Il n'avait qu'environ 66 soldats et 250 Indiens sous son commandement.

Durant les deux mois suivants, les Anglais prirent Black Rock, où ils perdirent le brave colonel Bisshopp et le fort Schlosser— tous deux sur la frontière du Niagara. Plattsburg, sur le lac Champlain fut pris et les édifices public incendiés en mémoire d’York. Ce dernier endroit fut repris par les Américains.

Puis vint la désastreuse défaite des Anglais sur le lac Erié, où le capitaine Barclay, avec six navires et trois cents marins, fut battu par le commodore Perry, avec neuf vaisseaux et le double de ce nombre d'hommes. Non seulement désastreuse, mais honteuse fut la défaite suivante du général Proctor, près de Moraviantown par le général Harrison qui l'avait chassé du Détroit et d’Amherstburg. Proctor retraitait en bon ordre avec environ 400 soldats et 800 Indiens sous les ordres de Tecumseh, poursuivis par l'armée américaine forte de 4,000 hommes. Le combat eut lieu le 5 octobre, et le résultat naturel s'ensuivit, avec, en plus, la mort de Tecumseh. Le déshonneur de Proctor, qui se sauva au commencement de la journée, subit plus tard un conseil de guerre, fut censuré et privé de tout commandement pendant six mois, ne provenait pas de la défaite en pareilles circonstances, mais de son manque absolu de précaution militaire, soit durant le combat, soit durant sa retraite préalable, La mort du grand chef Indien fut l’un des coups les plus terribles portés à la cause britannique pendant toute la campagne. Elle était même plus importante que le fait que cette victoire mit toute la partie occidentale de la province aux mains des Américains. Le territoire pouvait être reconquis, le chef, jamais. Tecumseh était réellement un Sauvage d’une trempe héroïque, un homme qui inspirait la victoire, et qui, lorsqu'il agissait de concert avec des hommes tels que Brock et Harvey, était presque invincible. Ses Indiens auraient tout fait pour lui—même s’il se fut agi de renoncer au massacre ou à la cruauté—et la crainte qu’il inspirait aux Américains se manifesta par les mutilations barbares qu'ils firent subir à son cadavre.

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