‹ Histoire populaire du Canada [microforme]Chapitre 95 sur 289 · VE · texte numérisé non relu

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LA GUERRE DE 1IS812-r$ 217

Durant les quelques mois qui suivirent, il se produisit peu d’événements d’une grande importance, et l'attention du lecteur doit être maintenant dirigée vers le Bas-Canada. Les Canadiens-Français montrèrent avec sincérité et enthousiasme leur amour pour leur sol natal et pour leurs foyers en s'enrôlant en grand nombre et en combattant vaillamment partout où leurs services furent requis—notamment sur le mémorable champ de bataille de Chateauguav. ATTAQUES CONTRE MONTREAL

En octobre, une armée de huit mille hommes avait été concentrée à Sackett's Harbor, N, Y., sous les ordres des généraux Wilkinson et Boyd pour une descente à Montréal par la voie du Saint- Laurent. À mesure que ces troupes descendaient le fleuve elles furent suivis par un petit corps compacte de troupes britanniques sous les ordres des colonels Pearson, Harvey, Morrison et Plenderleath, accompagnés de huit canonnières et trois pièces de campagne qui causèrent beaucop de tort à l'ennemi. Le 2 novembre, Wilkinson et le gros de son armée étaient avec la flotille près de Prescott en route pour effectuer une jonction avec une armée sous les ordres du général Hampton qui devait les rencontrer à l'embouchure de la Chateauguay. Le général Boyd, avec 2500 hommes marchait le long de la rive suivi par 800 soldats britanniques sous les ordres du colonel Morrison qui avait résolu d'attaquer l ennemi à un endroit nommé Chryslers Farm. Le résultat de cette bataille fut l’une des victoires les plus complètes de la guerre. Les Américains ayant perdu un grand nombre de prisonniers outre 339 officiers et soldats tués ou blessés. La perte des Anglais fut de 181. Boyd s’en retourna immédiatement à ses bateaux, et réjoignit Wilkinson. Ils se rendirent ensuite à l'endroit où la jonction devait s'opérer avec Hampton, et d'où ils devaient s’avancer sur Montréal.

En même temps, Hampton avait marché avec 7000 hommes en partant du lac Champlain vers l'embouchure de la rivière Chateauguay.

A cet endroit, et parmi les difficultés naturelles des forêts environnantes, il fut rencontré durant la nuit du 25 octobre par le colonel de Salaberry, qui commandait trois cents miliciens franco-canadiens et quelques Sauvages, et qui était appuyé par le colonel McDonell avec un autre contingent français de six cents hommes, lessuels avaient accompli la marche forcée la plus rapide dont l’histoire canadienne fasse mention, et étaient arrivés à Chateauguay la veilis de la bataille, Les Américains s'avancèrent sur la première ligne cachée avec 4000 hommes, mais en repoussant cette ligne, ils rencontrèrent la seconde ligne sous les ordres du colonel McDonell. A cet endroit, les Canadiens eurent recours au stratagème suivant: des clairons avaient été placés à des distances considérables les uns des autres, et faisaient entendre leurs sonneries de façon à créer l'impression qu’il y avait là une armée nombreuse; en même temps, les cris de guerre assourdissants d'une cinquantaine d’Indiens dispersés çà et là augmentaient le bruit et le tumulte. Le résultat immédiat fut la défaite des troupes américaines, leur retraite le jour suivant, et par conséquent leur absence au rendez-vous fixé par Wilkinson à l’'embouchure de la rivière Chateauguay.

Cet échec entraîna l’insuccès d’une plan de campagne élaboré. en vertu duquel 15,000 hommes devaient s'emparer de Montréal, et ce succès anglais était dû à la vaillance des soldats et à l’habileté des chefs de deux petites armées comprenant en tout environ deux mille hommes. L'un des curieux incidents de la bataille de Chateauguay, fut celui-ci: Le colonel de Salaberry—sa première ligne de troupe ayant été forcée de se retirer devant l’écrasante supériorité numérique

de ses adversaires—resta de pied ferme dans l'obscurité, avec un jeune clairon auquel il ordonna de sonner l'ordre d'avancer, ordre destiné aux troupes de McDonell—donnant à ce dernier l'occasion de mettre à exécution le stratagème qui fit croire au général américain que des milliers d'hommes lui barraient le passage. Un incident moins

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agréable fut la façon mesquine et fausse dont Prévost s'efforça dans ses dépêches de s’attribuer à lui-même tout le mérite de cette victoire.* Malgré cela, les faits furent connus—en grande partie grâce à l’intervention de S. A. KR. le duc de Kent, qui s'était souvent montré l'ami de de Salaberry—et à la fin de la guerre, McDonell et de Salaberry reçurent chacun la décoration de C. B.

Dans le Haut-Canada, durant cette période, il y avait eu une autre preuve frappante de l'incapacité de Prévost. Effrayé par les résultats apparents de la défaite de Proctor, près de Moraviantown, il avait ordonné au commandant anglais à Burlington et à York (le général Vincent) d'abandonner tous ses postes et de se retirer sur Kingston. Si cela eut été fait, la province supérieure aurait été virtuellement entre les mains des Américains. Au lieu de cela cependant, Vincent tint ferme et le colonel Murray, avec environ 378 réguliers et quelques volontaires et Indiens reçut quelques semaines plus tard la permission de s’avancer contre l'ennemi qui, avec 2,700 hommes sous les ordres du général McClure, défendait le fort George. Le 10 décembre, ce dernier évacua le fort, mais avant de partir, il eut la barbarie d’incendier et de détruire complètement le village voisin (autrefois la capitale) de Newark. C'était par une froide nuit d'hiver, et le joli petit viliage était surtout habité par des femmes et des enfants—les hommes étant ou dans l’armée, ou prisonniers de l’autre côté de la rivière. Les malheureux habitants furent chassés dans la neige sans abri, et, dans un très grand nombre de cas, très légèrement vêtus. Les représailles britanniques ne se firent pas attendre. Le fort américain de Niagara, tout vis-à-vis, de l’autre côté de la rivière fut bientôt emporté d'assaut et gardé jusqu’à la fin de la guerre, et les villages avoisinants de Lewistown, Youngstown, Manchester et Tuscarora furent brûlés. Ces événements mirent fin à la campagne de 1813, après laquelle les Américains n'étaient plus en

* Notamment celle du 31 octobre 1813

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