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EFFETS DE LA LUTTE

Les effets immédiats de la lutte ressortent clairement des pages

de l'histoire. Les Américains ne purent gagner un seul pied du

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territoire britannique, ni rapporter le moindre avantage moral. Leurs côtes maritimes furent violées et dévastées, leur capitale fut partiellement détruite, et trois mille de leurs navires furent pris. Les progrès immenses de leur commerce de transport qui avaient été précédemment le résultat de la guerre de l'Angleterre avec Napoléon furent neutralisés, tandis que leurs exportations annuelles furent réduites à p-esque rien, et leurs classes commerciales presque ruinées. Un lourd impot de guerre dut être prélevé, ce qui produisit dans la Nouvelle-Angleterre un mécontentement qui devait durer des années. Les questions jumelles du droit de recherche et de l'attitude des neutres en temps de guerre, qui avaient été les causes nominales du conflit, ne furent mêmes pas mentionnées dans le traité de Gand. On recueillit un peu de gloire navale et militaire, mais les chances étaient en faveur des Etats-Unis durant toute la lutte, et lorsque les mains de l'Angleterre furent enfin rendues libres par la marche de Wellington sur Paris, la guerre cessa. Cependant, dans plusieurs de ces combats, tant sur mer que sur terre—notamment dans le fameux duel de la Chesapeake et la Shannon, alors que sir Provo-Wailis, un Néo-Ecossais de naissance, commença à jeter les bases de sa renommée et de sa fortune—les soldats et les marins des Etats-Unis montrèrent tout le courage et l’habileté de la race dont ils étaient issus.

Pour la Grande-Bretagne, la guerre n'avait été qu'un fardeau militaire et naval de plus. Elle augmenta les difficultés qu'elle éprouvait à combattre la France, à subventionner l’Europe, et à défendre les mers contre l'ambition insatiable de Napoléon. Mais sa lutte pour la vie ou la mort avait été si prolongée et le danger qui l'avait menacée avait été si terrible, que le conflit au Canada n'attirait pas alors, et n’a pas attiré depuis, toute l'attention qu'il méritait. Bien que cela fut assez naturel à cette époque, lé temps est maintenant

arrivé où cette position devrait être changée et où les noms de Brock et de de Salaberry, de Morrison et de McDonell, de Harvey et de

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les autorités de l'Eglise Catholique Romaine, dans cette même partie

Drummond devraient avoir leur place dans le panthéon historique de l'empire. Les difficultés canadiennes de la lutte devraient être comprises, le courage de notre peuple devrait être apprécié, de même que les résultats du conflit. La lutte signifiait plus que les simples détails d'escarmouches, de batailles et de déroutes des armées envahissantes ne sauraient le dire. Elle entrainait des considérations plus élevées que celles que l'on peut voir dans ie compte-rendu ordinaire des campagnes où la milice canadienne et les régüliers br'tanniques se sont montrés capables de défendre leur position dans une lutte prolongée.

Qu'une population de 500,000 âmes, disséminée sur des régions très éloignées les unes des autres ait pu, presque sans aide, s'opposer avec autant de succès à l’action agressive d'une république organisée comptant huit millions d'hommes, c'est là un fait militaire extraordinaire, et il n’est pas étonnant que, lorsqu'on considère le compte-rendu et le résultat, on le fasse surtout au point de vue militaire. En ce qui concerne le développement du Canada, cependant, cette guerre occupe une position dont l'importance nationale ne le cède en rien à celle de la Révolution dans l'Histoire des Etats-Unis.

Elle consolida le sentiment britannique de toute la population depuis les rives du lac Huron jusqu'aux côtes de l'Atlantique. Elle élimina beaucoup de l'élément déloyal qui commençait à menacer l'avenir provincial dans le Haut-Canada et modifia dans une certaine mesure la force de l'esprit américain qui restait dans les cœurs d’une partie de ses colons. Elle enraya les progrès du républicanisme parmi les Français du Bas-Canada, et contribua à empêcher : :évolte de 1837 dans cette province de devenir le soulèvement de tout une peuple uni dans ses sympathies politiques comme l'étaient ses chefs —avec la grande et croissante population du sud. Elle fut cause que

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du pays éprouvèrent un sentiment semblable à celui qu'elles avaient éprouvé lorsque le Congrès Continental de 1775 avait attaqué l'Acte de Québec, sentiment qui équivalait à la conviction que le seul danger visible menaçant ce qu’elles considéraient comme les droits et les priviléges sacrés de leur foi, venait de l’autre côté de la ligne internationale. Elle réunit pour un certain temps les Canadiens d'origine française et anglaise, pour la défense de leurs foyers, et par ce fait, posa la fondation presque invisible de cette vision apparemment vaine—l’union fédérale permanente de l'Amérique-Britannique, dans un but de défense, d'intérêts et de gouvernement communs, Elle affecta de puissantes organisations religieuses, comme les méthodistes, par exemple qui tiraient leur inspiration, leur programme, &c., des chaires américaines. Elle affecta la vie et les coutumes sociales, en élevant encore plus solidement la barrière loyaliste contre les innovations provenant de l'autre côté de la frontière Enfin elle affecta considérablement le développement politique et assura le succès definitif de ceux qui s'efforçaient honnêtement, tout en commettant parfois des erreurs de détail, de préserver et de favoriser l'acceptation permanente des principes de gouvernement britannique

par opposition aux principes américains sur la moitié nord du continent.

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