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La lecture faite, dit Champlain, nous conclûmes que s’il avait envie de nous voir de plus près, il devait se rapprocher de nous, et ne pas menacer de si loin. Sur cela, nous lui fimes la réponse
suivante :
“ Monsieur, nous ne doutons point des commissions que vous avez obtenues du roi de la Grande- Bretagne. Les grands princes font toujours choix de braves et généreux couragés ; et c'est en cette qualité, sans doute, qu'il a fait choix de votre personne pour exécuter ses commandements en cette circonstance. ... Je vous remercie de la faveur que vous me faites, en m'apprenant que plus il y a de vivres dans une place de guerre, mieux elle se défend. ... Toutefois, ayant encore des grains, du blé-d’Inde, des pois, des fêves, sans compter ce que le pays peut fournir, toutes choses dont les soldats de ce pays se passent aussi bien que s'ils avaient les meilleures farines du monde, et de plus, convaincus que si nous rendions un fort et une habitation en l’état où ils sont maintenant, nous ne serions pas dignes de paraître hommes devant notre roi, et que nous mériterions un châtiment rigoureux devant Dieu et les hommes ; en conséquence, je présume que vous aurez une meilleure opinion de notre courage si nous attendons de pied ferrne votre personnage avec vos forces, que
si nous abandonnons un pays qui nous est si cher, sans voir d'abord l'effet de vos canons. ... Nous attendons d'heure en heure le plaisir de vous recevoir, et nous tâcherons d'empêcher, si nous le pouvons, les prétentions que vous avez sur ces lieux hors desquels je demeurerai, Monsieur, votre affectionné serviteur,