MES
accompagné de sa jeune femme et des gens de sa maison. Le nouveau lieutenant-général ayant pris possession du pays et de l'habitation, tous se rendirent à la chapelle où un 7e Deum solennel fut chanté. ...
“Champlain s'empressa d'aller visiter l'habitation et ses jardins. Arrivant avec sa femme, il
eût souhaité lui offrir un logement convenable ; mais le jardin, l'habitation et les dépendances étaient dans un triste état. Les bâtiments avaient été négligés, la pluie et le vent y pénétraient de toutes parts ; le magasin menaçait de tomber, les cours étaient remplies d'ordures. PRE
Madame de Champlain, âgée de vingt-deux ans, avait, attachées à son service, une couple de femmes seulement. Durant son séjour au pays, elle sut gagner le respect et l'affection des Français et des Sauvages. Ces derniers, surtout, furent frappés de sa beauté. Ce qui étonnait grandement les sauvages, dit Ferland, c’est qu'elle les renfermait tous dans son cœur ; chacun d'eux, en effet, se reconnaissait dans le miroir qu’elle suspendait à sa ceinture, comme c'était alors la coutume parmi les dames. Pour leur témoigner encore plus son affection, madame de Champlain apprit la langue algonquine et s’occupa à faire le catéchisme aux
enfants. Après la mort de son mari, elle se fit religieuse ursuline, dans un couvent qu'elle avait fondé à Meaux, en France.
Enfin, mes chers enfants, je vais terminer ce que J'ai à vous dire des événements remarquables
arrivés sous l'administration de Champlain, par
le récit des deux premières attaques qui ont été dirigées contre Québec par les Anglais.
La guerre venait d'être déclarée entre la France et l'Angleterre, et une expédition, conduite par les frères Kertk, français d'or'sine, maïs appartenant à la religion protestante, fut envoyée contre le Canada.
La première nouvelle de cette expédition fut apportée à Québec par deux hommes venus exprès du Cap-Tourmente. Ils rapportèrent que des soldats anglais, débarqués d’un vaisseau de guerre, avaient tué, en cet endroit, une partie du bétail, brûlé deux petites maisons, fait prisonniers cinq des employés, enlevé les objets de quelque valeur, entre autres, un calice et des ornements sacrés dont les récollets se servaient pour dire la messe,
En apprenant cette nouvelle, Champlain se prépara à la défense. Il fit réparer à la hâte les fortificati. ns de la ville, barricada le fort, et distribua à chacun le poste qu'il devait occuper.
is VE
Le lendemain, sur les trois heures de l'aprèsmidi, une chaloupe faisait son apparition au bout de l’Ile-d'Orléans. D'après les manœuvres un peu singulières de cette embarcation, Champlain jugea qu'elle était dirigée par des étrangers ; en effet, cette chaloupe était montée par des Basques. faits prisonniers par les Anglais, et qui étaient porteurs d'une dépêche de David Kertk à Champlain.
La sommation de l’amiral anglais était conçue, à peu près, dans les termes suivants :
“,... Je vous informe que j'ai obtenu commission du roi de la Grande - Bretagne, mon trèshonoré seigneur et maître, de prendre possession de ces pays du Canada et de l'Acadie, et pour cet effet, nous avons à nos ordres dix-huit navires... J'avais d’abord songé à aller vous trouver moimême, mais j'ai cru qu'il valait mieux détruire et se saisir du bétail qui est au Cap-Tourmente, sachant que quand vous serez privés de vivres, j'obtiendrai plus facilement ce que je désire, qui est d’avoir l'habitation (c'est-à-dire la ville). Conséquemment, voyez ce que vous vez à faire, et si vous désirez me rendre l'habitation ou non; mais j'aimerais mieux que ce fût de bon gré que de force. ”
Champlain réunit les principaux citoyens de
Québec, et leur donna lecture de ce document.