‹ Histoire populaire du Canada, ou, Entretiens de madame Genest à ses petits-enfants [microforme]Chapitre 19 sur 22 · LA LANGUE FRANÇAISE AU CANADA · texte numérisé non relu

LA LANGUE FRANÇAISE AU CANADA

rs ennemis des Canadiens triomphaient donc.

Toute résistance “‘ait écrasée, le peuple terrorisé. Le momert était venu, eroyait-on, de nous soumettre au joug de la population anglaise en unissant les deux Canada: n un seul gouvernement et en adoptant des mesures sévères pour anoliciser la province française. « L'Acte d'union, dit Laverdière, mit fin à la constitution de 1791 passée d'abord pour soustraire la petite population du Taut-Canada à la domination des Canadiens français, et révoquée plus tard

pour meitre ces Cuadiens français sous la domination

de la population anglaise, devenue plus nombreuse ».

A tous les points de vue, la situation de nos nationaux semblait désespérée. On leur avait imposé le nouveau régime sans les consulter. Quoique beaucoup plus nombreux, ils avaient au parlement le même nombre de députés que les Anglais. Le Bas-Canada contribuait à payer la dette du Haut-Canada sans en tirer le moindre profit. Pour comble d'’injustice, l'usage du français était interdit dans les débats de la Leislature.

«Mais, dit très bien l'historien Rameau, on ne détruit pas une nation tant qu'elle veut vivre; le maintien des populations en masses compactes et unies, leur croissance et leur expansion, leur développement moral et intellectuel dans un esprit patriotique et indépendant, voilà ce qui constitue les nations et les grandit. Tout peuple qui s'élèvera ainsi ayant conscience de lui-même, de son accroissement et de sa moralité, comp: "a toujours dans le monde, et avec lui le monde devra compter. La vive solicitude de chacun pour ses mœurs, sa langue, sa race et son pays, c'est l'essence d'une naticn ».

Le sentiment national de nos pères avait été en effet profondément avivé par les événements des vingt dernières années et, dans le Haut-Canada comme en Angleterre, il s'était trouvé des esprits larges et vraiment libéraux qui avaient compris et admiré la justesse des revendications de ce petit peuple du Saint-Laurent, qui ne demandait pas de privilèges, mais seulem nt le droit de vivre et de se développer suivant ses traditions et ses aptitudes particulières. Soutenus par leur patriotisme éclairé et toujours confiants dans l'avenir, nos pères organisérent la lutte, unirent leurs forces, el par une politique aussi habile que clairvoyante, ils tirèrent de la constitution accordée par la métropole tous les avantages qu'elle contenait en principe. C'est ainsi que naquirent dès les premières années de l'Union des libertés chères aux Canadiens: gouvernement responsable au peuple, liberté scolaire, liberté municipale, liberté de l'Église, liberté de la presse, ete. C'était donc une ère nouvelle qui commençait.

. Aussi les ennemis de notre nationalité s’aperçurent vite que l'arme forgée par eux pour anéantir notre action devenait, entre nos mains, un instrument de conquête

pour nos libertés les plus précieuses. Parmi ce’les-ci, mentionnons le droit légal de faire usage de la langue française dans les délibérations du parlement c:.sadien. Cette liberté coûta cher à nos ancêtres ; elle est l’une des parties les plus essentielles de notre patrimoine national. Pourtant, cette conquête, toute canadienne-française, ne fut achevée qu’en 188.

Il faut en dire quelques mots, ne fût-ce que pour démontrer que l’on gagne toujours à se tenir debout quand même devant un pouvoir oppresseur, si puissant qu'il soit. Abandonner la défense des droits naturels constitue pour les chefs des peuples une lâcheté inqualifiable,

La belle langue que vous parlez est, après la religicn, la part la plus inestimable de notre héritage commun. C'est celle des héros de notre histoire, de Jacques-Cartier, de Champlain, de Maisonneuve, de Lasalle, de la Vérendrye, de Jogues et de Marquette. Les découvreurs, les explorateurs, les missionnaires, les coureurs de bois l'ont fait entendre dès le XVII® siècle dans les contrées les plus reculées de ce continent, depuis les rivages du Labrador jusqu'aux montagnes Rocheuses, des glaces du pôle aux rives parfumées du golfe du Mexique. Elle a exprimé les prières des Robes-Noires ainsi que les joyeux refrains des voyageurs. L’Iroquois sangrinaire l'a balbutite sous sa tente de peaux ; le paisible Algonquin est venu l'écouter sur les rives du Saint-Laurent.

Le jour où nous avors renoué avec la France les relations interrompues pendant tout le siècle qui suivit la Cession, l'hstoire de la langue française nous est apparue ‘ans un rayon de gloire incomparable. Louis XVI

l'av: sociée à la cause de l’indt ‘endance américaine ; Nap Ï l'avait portée dans toutes les capitales de

l'Euro, , depuis Madrid, la ville des héros castillans, jusqu'à Moscou, la cité sainte de la Russie.

De nos jours, elle est encore la langue de la plupart des missionnaires catholiques qui enseignent la loi divine et les vertus chrétiennes aux nègres de l'Afrique, aux infidèles de l'Asie, aux sauvages des régions boréales. Langue dont le vocabulaire religieux est si riche ; langue de l'esprit par sa merveilleuse clarté, langue du cœur par ses nuances délicates et ses inflexions si douces. De grands écrivains, des hommes de génie l'ont parlée et écrite.

des De RER TE cet APE RH fers Der PSM ETS 4 GE Te gt 2382 rer passe Fu

rs Ë Hi Ë U :

Page 1