Histoire posthume de Christophe Colomb
A la très sainte mémoire du grand PIE IX, premier Pape qui ait traversé l'Atlantique et abordé le Nouveau Continent, serait dédié le présent ouvrage, si le sentiment de notre insuffisance ne nous eût imposé une respectueuse abstention.
Toutefois notre cœur s'est soulagé en montrant , dans ces pages, les sympathies de Tauguste Pontife pour le Révélateur de l'intégralité du Globe. Qu'on ne s'étonne donc pas d'y voir reparaître , itérativeraent, les indices de l'intérêt que le chef de l'Église portait à l'immortel Tiertiaire de Saint-François, dont la Foi nous valut la seconde moitié de la Terre. Par quelle cause occulte, quelle étrange singularité, la renommée de Christophe Colomb a-t-elle subi une éclipse presque totlsile durant plus de trois siècles? Cette question surgît quotidiennement chez nombre
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d'esprits, depuis le récent réveil de l'opinion publique. Du jour où disparut de ce Monde Thomme qui l'avait doublé, en descendant] usqu'à l'époque actuelle, quels événements ont écarté de lui la reconnaissance des peuples? Pourquoi, après l'iniquité d'un silence trois fois séculaire et une indifférence non moins ingrate, son nom excite-t-il maintenant l'attention de tout pays civilisé, et suscite-t-il plus spécialement l'admiration des races latines?
A cette interrogation, qui journellement se renouvelle chez les catholiques, va répondre ce livre.
Nous y avons esquissé , à grands traits, des faits chronologiquement de beaucoup postérieurs à Colomb, mais tous se rattachant à sa personnalité par leur origine ou leur incidence, et dérivés directement de son rôle historique. Dans ce succinct exposé, les menus détails sont omis nécessairement . Nous devions nous borner aux principaux linéaments de Faction posthume que n'a cessé d'exercer parmi les vivants l'Amplificateur de l'espace terrestre.
Dans sa superbe estime d'elle-même, l'École positiviste exclut honteusement de notre raison la notion d'un DIEU, créateur des choses et des êtres, Père des
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Mondes, maître suprême de l'Univers. La science EXPÉRIMENTALE compose sa seule doctrine, suffit aux exigences de sa logique ainsi qu'à ses aspirations d'éternité. Ses adeptes, aujourd'hui triomphants, obstruant toutes les avenues du Pouvoir, possédant presque le monopole de l'enseignement, ne pourront manquer de prendre en pitié nos considérations chrétiennes, notre admission du Surnaturel, et de railler la candeur de notre récit. Peu nous importe leur dédain. Ne relevant que de notre conscience, nous continuerons à servir la cause de la Vérité, sans le moindre souci de l'opinion ambiante, des systèmes en vogue et des contradictions humaines.
DB
4 ERREURS RÉPANDUES SUR LA PERSOrWALlTÉ DE COLOMB.
cet homme souvent contesté, dont le lieu de naissance et la priorité d'invention étaient également débattus, que maints ouvrages d'éducation , au temps de notre enfance , traitaient d'aventurier, et qu'assurément jusqu'à nos jours, personne n'avait comparé à un Saint.
Nous devons donc expliquer les causes dç l'obscurité qui, pendant une période de trois siècles, a retenu dans une douteuse pénombre le nom de Christophe Colomb, et par suite engendré contre lui des préventions diverses.
Tout d'abord, mettons hors du débat le Hasard qu'on a voulu absolument y introduire, bien qu'il n'ait rien à prétendre ici. Ne craignons pas d'appliquer au Serviteur de Dieu ces paroles profondément instructives de l'Écriture : Error et tenebrâs peccaloribus concreatœ sunt. Car véritablement les ombres , lés erreurs et les accusations qu'elles ont engendrées furent artificieusement combinées par la cupidité, l'envie et l'astuce qu'assurait de l'impunité leur premier auteur, le roi Ferdinand , dit le Catholique.
Quand on étudie les circonstances qui ont entouré de suspicion et d'obscurité le Révélateur du Globe, après sa mort, on les reconnaît de beaucoup antérieures à la tombe. Elles avaient leur origine dès son vivant. Elles apparaissent comme l'inévitable conséquence d'un principe établi et rigoureusement suivi à son égard. Ce principe était le silence , l'inique silence , destiné à couvrir la spoliation longuement préméditée par un souverain, dont les calculs sagaces autant que pervers avaient préparé l'anéantissement de la renommée de Colomb, et la ruine de ses pieuses espérances.
Pour justifier cette assertion , il nous faut remonter