HOSTILITÉ DU CONSEIL DES INDES
vrir, et par lequel Ferdinand espérait la dérober à la postérité. Comme le vieux Catholique avait le premier créé le Souverain Conseil des Indes, le composant des affidés de sa politique , initiés à son système de gouvernement dans les nouveaux pays, ces hauts titulaires ne pouvaient assez exalter la sagesse du Roi Ferdinand et publier ses grandeurs. Us n'avaient pas à craindre de susciter l'envie chez l'Empereur. On était libre de vanter devant lui son aïeul, dont le renom ne faisait qu'ajouter à sa propre gloire.
La pensée du Catholique se perpétua donc naturellement, avec ses traditions administratives, dans le Souverain Conseil des Indes. Chaque jour, involontairement, on évoquait son Souvenir , en invoquant ses décisions, ou en rappelant ses préférences. Chaque fois qu'il s'agissait du commencement des choses d'outremer, ou du meilleur mode d'expédier les Affaires du Nouveau Monde, les décisions de la Reine Isabelle étaient complètement oubliées, et l'on parlait uniquement du Roi, par qui avait été composé ce Souverain Conseil des Indes , source inépuisable de fonctions , de dignités et d'opulence dans laquelle plusieurs Membres de la Grandesse avaient su raviver l'éclat de leur blason, et les cadets d'illustre maison puiser les moyens de rivaliser de splendeur avec les aînés de leur souche.
La Couronne d'Espagne était alors la seule au monde qui étendit son règne à travers un si long espace de mer, et sur une si large surface de terres. Le soleil ne