‹ Histoire posthume de Christophe ColombChapitre 108 sur 250 · IMPORTANCE ATTRIBUÉE AU ROI FERDINAND · texte numérisé non relu

IMPORTANCE ATTRIBUÉE AU ROI FERDINAND

tribuent à Vespuce celle du Nouveau-Monde. De ce nombre était Fauteur du Theatrum orbis terrarwniy imprimé à Amsterdam en 1555. Il dit fort nettement que r Amérique est ainsi nommée d'Améric Vespuce, Florentin, qui étant parti de Cadix en 1497, sous les auspices du roi Emmanuel, de Portugal, fut le premier Européen qui y aborda, quoique avant lui le Génois Christophe Colomb eût trouvé les lies Hispaniola, Cuba et la Jamaïque (1).

Plusieurs auteurs ne prononcent pas même le nom de l'immortel Génois. Ainsi, dans sa célèbre « Chronique contenant tous les faits remarquables du monde dans tous les temps et tous les pays jusqu'en Tannée 1500 » (et continuée ensuite jusqu'à Tan 1544), Johannes Nauclerus ne daigne pas nommer Christophe Colomb. Parmi les événements remarquables de Tan 1492, il ne fait pas entrer la Découverte. Sans doute, il la trouvait de trop peu d'importance . Dans son livre , Hispania^ sive de régis Hispaniœ regnisj Jean de Laët, qui se plaît à décrire minutieusement les possessions de l'Espagne dans le Nouveau-Monde , oublie de nommer Christophe Colomb. Le cosmographe suisse Vadianus , adressant à Agricola sa dissertation sur les Antipodes , qui fait suite au célèbre ouvrage de Pom-

(1) « Quanquam prior Christophonis Colombus Genuensis , anno 1491 {sic) insulas Americœ Hispaniolam, Cubam et Jamaïcain adierit. » — Theatrum Orbis terrarum Sive Atlas worw5;pars seconda, America, cap. I, in-fol, . .

ponius Hda De situ orhis terrarum , parle d'une façon assez éqtdvoque d'Améric Vespuce, mais le nom de Colomb ne sort pas de sa plume.

Pareillement, l'ouvrage prétentieusement intitulé « Particulière Description de l'Inde occidentale par le prestre Pedro Ordonnez de Ce vallos qui les a recherchés fort curieusement » n'a que faire de Christophe Colomb.

Le Dauphinois Fine Oronce, « lecteur Mathématicien du Très Chrétien Roi de France, en l'université de Paris , » dédiait à Henri II un livre de cosmographie, sans paraître soupçonner l'existence de Christophe Colomb.

Dans le premier volume de « l'Histoire des choses faictes et advenues en son temps dans tous les pays du monde, » Paul Jove attribue la Découverte au seul Ferdinand. « Ayant donc , dit-il , par longue et difficile guerre chéhacé les Maures hors de toute l'Espagne, pris par force tant de villes en Aphrique , depuis les Syrtes jusqu'aux coulomnes d'Hercules, et ajouté à tant de royaumes de ses ayeuls , après avoir dompté l'Océan immesurable et insurmontable, par félicité merveilleuse, un Monde nouvel et duquel on n'avait point ouy parler par avant , pourroit être veu le plus grand des Roys, etc. (1). »

Robert Regnauld , ojffrant au Roi Henri IV sa traduc-

(I) Paul Jove, Évêque de Nocera, Histoire des choses faictes et advenues en son temps dans toutes les parties du monde ;^i. I, p. 36 1;

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