‹ Histoire posthume de Christophe ColombChapitre 12 sur 250 · PRÉJUDICE PORTÉ PAR OVANDO · texte numérisé non relu

PRÉJUDICE PORTÉ PAR OVANDO

mille onces d'or, montant de ses droits, et qu'Ovando avait dû mettre en réserve. Cette somme avait disparu. Plus tard il fut impossible d'obtenir aucim compte ou à-compte. On n'avait plus à s'inquiéter des instructions de la reine, et l'on suivait strictement celles des bureaux. Enlever toute ressource à Colomb, le mettre dans le plus extrême dénùment, l'obliger ainsi par famine à résilier ses traités avec la Castille, à y renoncer en bonne forme, au moyen d'une indemnité, parait être le but que se proposait d'atteindre Ferdinand, d'accord en ceci avec l'évêque Ordonnateur. Pour que le gouverneur d'Hispaniola ait osé violer si formellement les instructions données et rappelées itérativement par la Reine, il fallait évidemment qu'il en eût reçu de contraires dun autre côté; car non seulement aucun blâme ne lui est infligé lorsque Colomb , son frère, dom Barthélémy et son fils, réclament contre sa conduite,

mais son crédit s'affermit à la cour, au Conseil des Indes, et il reçoit même du roi des faveurs particulières. La fermeté de Colomb déjoua les odieux calculs de Ferdinand. Inébranlable dans l'infortuné comme il avait été modeste dans la prospérité, le Révélateur du Globe repoussa dédaigneusement le leurre offert à sa misère. Sans proférer aucune plainte contre son bourreau, il s'en remit à la justice de Dieu ; et peu après, succombant à ses maux, il exhala sa belle àme, au milieu de l'abandon et de la gêne, dans une auberge de Valladolid, le 20 mai 1506.

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