‹ Histoire posthume de Christophe ColombChapitre 132 sur 250 · RÉPÉTITION DE SES ERREURS · texte numérisé non relu

RÉPÉTITION DE SES ERREURS

sible au genre humain, s'il faut le féliciter de cette découverte ou la déplorer? Il se borne à voir dans Colomb <( un grand homme infortuné (1) ». Déjà, l'auteur anonyme d'une histoire de File de Saint- Domingue ose écrire qu'au retour de son troisième voyage « Christophe Colomb languissant dans l'inaction, sollicitait en vain l'attention publique (2) ».

Un autre historien de Saint-Domingue, Charles Malo, ajoutant aux erreurs de ses devanciers, va jusqu'à rendre Colomb responsable des cruautés des Espagnols envers les indigènes. Il ne rougit pas d'écrire : (( Les sentiments de Christophe Colomb lui-même, qui ne cherchait qu'à satisfaire la cupidité de la Cour, le mettent peu à l'abri de cette horreur dont tout homme éclairé doit se sentir rempli au récit de forfaits aussi exécrables (3). » Dans son Histoire générale des Antilles, Adrien de Salles fait la part des compagnons de Colomb presque égale à la sienne. Il parle de la Découverte au pluriel , et remet sous nos yeux la vieille fable du pilote mort dans la maison de Colomb, à Madère, (4).

De son côté , l'Italie acceptait très respectueusement chaque erreur de l'École protestante, relativement à l'homme et à l'histoire de la Découverte. L'Académi-

(1) E. Masse, Vile de Cuba et la Havane, p. 38 et 39; Paris, 1825.

(2) Histoire de Saint-Domingue; Paris, 1819.

(3) Charles Malo, Histoire d'Haïti; Paris, 1824.

(4) Adrien Dessales, Histoire générale des Antilles^ t, I, ch. xix, p. 248.

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