‹ Histoire posthume de Christophe ColombChapitre 135 sur 250 · LE CHANOINE GÉNOIS SANGUINETI · texte numérisé non relu

LE CHANOINE GÉNOIS SANGUINETI

naturel , les positivistes et les négateurs de la Providence. Ceci se conçoit. On ne s'en étonnera point. Mais ce qui dépasse toute vraisemblance , c'est que l'opposition à la glorification religieuse de Colomb soit imiquement venue de sa ville natale , et que le clergé de Gènes en ait été l'instigateur ! Aurait-on jamais pensé qu'il y eût sur cette terre cité assez aveugle, patrie assez ingrate pour accuser d'indignité ce sublime chrétien , et faire précéder par la calomnie la présentation de sa Cause au Saint-Siège?

Ce fait non moins odieux qu'étrange nous oblige à quelques détails.

En 1846, un petit abbé du district de Savone , nommé Angelo Sanguineti, venu à Gènes chercher un emploi, avait résumé, dans un piètre volume, la vie de Christophe Colomb, par le protestant Washington Irving. C'était la première biographie un peu étendue du grand Navigateur qu'on eût publiée en Ligurie. Ses compatriotes, ne sachant pas où il avait puisé , le crurent historien , et il se donna sérieusement pour tel.

Dix ans plus tard, lorsque, sous les auspices du grand pape Pie IX , parut la véritable histoire de Christophe Colomb, l'abbé, furieux du peu de cas que nous faisions de son abrégé protestant, fabriqua contre nous un grossier pamphlet, qu'il envoya partout en Italie. Dans son abrégé, l'orgueilleux abbé assurait que Colomb avait eu,'à Cordoue, ime liaison coupable avec une pauvre fille du peuple, Béatrix Enriquez, dont naquit son

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